PARTIE I, LIV. m, CHAP. XX
Enfin rinfante reviendra de son évanouissement , et donnera , au travers de la grille , ses mains blanches au chevalier, qui les baisera . mille et mille fois , et les Jrempera de ses larmes. Ils conviendront ensuite de la manière dont ils se feront savoir des nouvelles Fun de l'autre , et la princesse priera le chevalier de revenir le plus tôt qu'il pourra ; ce qu'il ne manquera pas de lui promettre avec de grands sermens.
Il lui baisera encore une fois les mains , et s'attendrira de telle sorte en lui disant adieu , qu'il s'en faudrait peu qu'il n'en meure. De là il se retirera dans sa chambre , et se jettera sur son lit , où il ne lui sera pas possible de fermer l'œil. Ainsi il sera debout dès la pointe du jour , pour aller prendre congé du roi et de la reine ; après quoi il voudra aussi saluer l'infante , qui lui fera dire qu'elle est indisposée , et qu'on ne la peut voir; et lui, qui ne doute pas que ce ne soit à cause de son départ , en est si touché / cpie peu s'en faut qu'il ne fasse connaître ce qu'il a dans le cœur^.
Cependant la demoiselle confidente remarque bien tout cela, >t va sur l'heure en rendre compte à sa maîtresse , qu'elle trouve toute en larmes , et qui lui dit que sa plus grande peine est de ne pas savoir qui est son chevalier, et s'il est fils de, roi ou non. Mais la confidente
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rassure qa'on nesaurait aToir tant de comtoisie , d'honnêteté et de iraleur, à moins que d'être d'une naissance illustre. Cela console un peu cette pauvre princesse , qui fait ce qu'elle peut pour se remettre , tant elle craint que le roi et la reine ne se doutent de quelque chose ; et au bout de quelques jours elle se laisse voir , et se promène à l'ordinaire. Cependant il y a d^p quelque temps que le chevalier est parti ; il combat , il défait les ennemis du roi y il prend je ne sais combien de villes, et gagne autant de bar tailles. Il retourne à la cour, et paraît devant sa maîtresse , tout couvert de gloire ; il la revoit à la fenêtre que tu sai^ ^ et enfin ils arrêtent ensemble qu^il la demandera en mariage pour la récompense de ses services. Le roi ne veut point entendre à ce mariage, parce qu'il ne sait pas la naissance du chevalier: mais avec tout cela, soit qu'il enlève l'infante , ou autrement , ils $e marient ensemble ^ et le roi même en a de la joie , et le tient à honneur , ps^ce qu'on décou^nre que son gendre est fils d'un grand roi, de je ne sais quel royaume : car je crois lïiéme qu'ail ne doit pas être dans la carte. Le père meurt peu après ; l'infan^te demeure héritière^ voilà le chevalier roi. C'est alors qu'il pense à récompenser son écuyer et tous ceux qui peuyent avoir ' contribue à sa bonne fortune; et