PARTIE m y LIV. VU, CHAP. L
rudement la porte , et traitèrent dqn Quichotte et Rodrigue de la manière que nous avons vu. La duchesse s'en alla e^i même temps faire l'histoire au 4uc y et après avoir bi«n ri ^ ils pensèrent encore à de nouveaux moyens de se divertir de leur hôte. On dépécha aussi dans le même temps un exprès à Thérèse Pança, femme de Sancho , avec- une lettre de lui, une autre de la duchesse , et une chaîne âe corail dont elle lui faisait présent. On choisit pcmr*<9iela un laquais qui avait de l'esprit ; et c'était le même qui avait fait le personnaige de Dulcinée *dans le temps qu'on songeait aux moyens de *la désenchanter. Il s'en alla après avoir été bien instruit par le duc de ce qu'il avai^ à faire ; et comme il fut à l'entrée du village , il demanda à des femmes qui lavaient du linge , si elles ne pouvaient lui dire s'il y avait dans le village une femme appelée Thérèse Pança, femme d'un certain Sancbo Pança , qui servait d'écuyer à un chevalier appelé don Quichotte de la Manche.
A cette demande se leva une Jeune créature qui lavait avec les ailtres , et elle dit au page : Cette Thérèse Pança est ma mère, monsieur; CQ Sancho , c'est mon père ; et ce chevalier est notre msdtre. Bon , dit le page, venez donc avec moi, la belle fille , et me faites parler à votre mère , car j'ai une tettre et ui|^ présent à lui don-
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ner de la part de votre père. Je le veux de bon cœur, monsieur, répondit la jeune fille ; et laissant le linge qu'elle lavait , à sa voisine , sans.se chausser, tant elle avait hâte , elle marcha gajillardement devant le page , en lui disant : Venez, monsieur, venez , notre maison est à l'entrée du village , et ma mère y est; elle est bien en peiné, parce qu'il y a long-temps qu'elle n'a eu de nouvelles de mon père. ÏEh biçn , bien , repartit le page , je lui e|i apporte de si bonnes qu'elles la consoleront bientôt. Enfin la petite Sancha fit tant par ses «auts, tantôt dansant, tantôt courant , qu'elle arriva à la maison ; et de si loin qu'elle crut pouvoir être entendue : Sortez ! ma mère, sortez! s'écria-t-elle , voici un monsieur qui apporte une lettre de mon père , et d'autres choses qui vous réjouiront.
Au cri de la fille , Thérèse sortit avec sa quenouille, vêtue d'une cotte brune si courte, qu'elle n'allait pas à la moitié de ses jambes ; c'était une femme qui avait quelque quarante ans , mais robuste et agissante , et d'une humeur gaillarde. Qu'est-ce donc que cela,' Sancha? dit-elle à sa fille; qui est ce monsieur- là? C'est le très-humble serviteur de madame Thérèse Pança , répondit le page. En disant cela il se jeta à bas, et mettant un genou en terre devant madame Thérèse , il lui di|.: Que j'aife l'honneur de vous