‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 13 sur 248 · PARTIE II, LIV. VII, CHAP. XXXIV · texte numérisé non relu

PARTIE II, LIV. VII, CHAP. XXXIV

les roues épaisses faisaient un certain son enroue de la même façon que cjuand on reut donner la chasse aux ours et à d^auttes bétes farouches ; à ce tintamarre s'en joignit un autre , qui le rendit encore plu» horrible : il sembla à tout le monde, qu'en dijEférens endroits du bois on donnait en même temps autant de*batailles ; d'un autre côté on entendait le son épduyantable de FartiUerie ; d'un autre , un tiomln^ infini de mousquetades : il semblait , à la voix des combattans , qu'ils fussent tout proches , et plu» loin tt n'ëtait qu'instrumens à la maùière des Mores , qui ne cessaient de jouei^y edmme pour les animer au combat ; e» vyft mot ^ le bruit confus de fous ces différens instrumens de guerre ^ les cris des Combattans et le tintamarre des charriots , donnaient de la frayeur aux plus assurés i et don Quichotte lui^ même eut besoin 4e toute soïi intrépidité pour n'être pas épootantëi Sancho il'eut paS le loisir d'à voit- de la résolution , car ]a peur le fit tomber éranoui aux pieds de la duchesse , et quelque chose qu'on lui fit , il fut asse^ long-temps à r<ivenir ; iL commençait à ouvrir les yeux quand . ' il arriva un de ces charriots qui faisaient tant de bruit ^ tiré p« quatre* |)oeu£$' , tout eou'terts de drap noir ^ et portant k chaque corpé tfne toi^ che allumée ; au haut du char on voyait une espèce de trône , sur lequel était assis un vieillard

vénérable, avec une barbe blanche comme neige, et $1 longue qu'elle Jui passait au-delà de la ceinture , et son habillement ét^dt d'une longue robe de boûcassin noir, qui le couvrait entièrement. Le char était conduit par deux démons extreme-r ment noirs, et qui avaient des visages si effroyables , que Sancho fut su? le point de retomber en défaillance , et il ferma les yeux pour ne les pas voir davantage* Ce noir équipage étant arrivé devant le duc , le vieillard se levant de dessus son siège, dit tout haut : vJe suis le sage Lirgande ;' et aussitôt le char passa outre. Il fut suivi *d*un autre char tout semblable , avec un vieillard vêtu comme le premier, qui, ayant fait arrêter te charriot,^ dit d'une voix gçave :

Je suis le sage Alquif, le grand ami d'Urgande la déconnue ; et passa comme l'autre. «On vit ensuite arriver un troisième char de même parure, avec le même- attelage et de semblables. guides; mais celui qu'on voyait sur le trône était un hopime robuste , et d'un àir désagréable, et sauvage, qui , se levant debout comme les autres , cria d'une voix; enrouée : ^/ . :

Je suis l'enchanteur Arcalaiis, ennemi mortel d'Amadis4e.Çraule, et de toute sa race; et cela dit , il suivit les autres. A quelque» pas de là les trois chars s'arrêtèrent, et lé bruit importun des roues ayant cessé , on entendit une agréable

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