‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 162 sur 248 · PARTIE II, MV, VIII, CHAP. LIX. 3a · texte numérisé non relu

PARTIE II, MV, VIII, CHAP. LIX. 3a

ma Thérèse , Marie Guttîerres : oh ! relisez encore un peu ce liTré,. monsieur; je vous en*prie, que je Voie' s'il est parlé de mpi et s'i\ n^a point aussi changé mon nom. A ce qpe je voiis» , mon ami y rcj^rtit don Gclï^onimp; vous êtes Sancho Pança;^ récuyerdu seigneur don Quichotte ? Oui, c'est m^oi^ monsieur, et je serais biôn fâché que ce fût un autre. En vérité, dit le cavalier, cet auteur nouveau ne vous traite pas comme ilme paraît que vous le méritez ; il vous fait gour-^ kiand et simple , et nullement plaisant, et, en un mot, tout autre que le Sancho de la première partie de l'histoire de votre maître* Dieu lui pardonne , repartit Sancho ; mais il eût mieux fait de ne pas se souvenir de moi ; c'est k celui qui le sait à en jouer, et Saint-Pierre est bien à Rome. Les cavaliers prièrent dcti Quichotte d'aller dans leur chambre, et de vouloir souper avec eux, parce qu'Us savaient bien qu'il n'y avait rien qui fût digne" de sa personne daûs cette hôtellerie^ Don Quichotte qui était complaisant et honnête, ne se fit pas prier ^avantagé, et alla souper avec les cavaliers. Pour Sancho,. se Voyant msatre du ragoût, il «e mit au haixt bout de la table ;. et l'hôte s'^tànt.assis^- ils mangèrent avec appétit leurs pieds de bœuf, qu'ils trouvaient admira*^ blés , buvant et riant comme s'ils eussent fait la plus grande chère dû monde.

Pendant qu^ilâ soupaient , de l'autre côté don Juan demanda à dcn Quichotte quelles nouvelles il avait de madame Dulcinée du Toboso ; si elle était mariée , si elle avait des enfans , ou si elle n'était point grosse ; et enfin , si elle pensait à récompenser un jour la constance du seigneur don Quichotte. Dulcinée, répondit don Quichotte , est encore fille , mes desseins sont plus fermes que jamais, et sa rigueur est toujours la même ; mais sa beauté a été transformée en laideur d'une paysanne difforme. Et tout de suite il leur conta l'enchantement de Dulcinée, ce qui lui était arrivé* dans la caverne de Montesinos, et le remède que lui avait enseigné Merlin pour désenchanter sa dame, qui consistait dans les coups de fouet que se clevait donner Sancho. Les cavaliers -furent ravis d'apprendre de don Quichotte lui-même les étranges aventures de sa vie ; et également étonnés de tant d'extravagances , et de la manière élégante dont il les racontait, tantôt ils le prenaient pour un fou, et tantôt pour ttn homme de bon sens, et ne savaient précisément qu'en dire.

Sancho acheva de soupçr, et laissant l'hôte en assez bon état, il passa dans la chambre des cavaliers, à qui il dit en entrant : Ma foi , messieurs,' celui qui a fait ce livre, n^a pas envie que nous soyons long-temps cousins ; mais je vou-

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