‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 173 sur 248 · PARTIE II, LIV- YIII, CHAP. LX · texte numérisé non relu

PARTIE II, LIV- YIII, CHAP. LX

galant homme que de corsaire. Un des bando* liers, qui ne s!accommodait pas de l'humeur obligeante de son capitaine , ne put s'empêcher d'en dire son sentiment : Pardi , dit-il en son catalan, notre capitaine serait meilleur pour être moine que bandolier; mais si dorénavant il a envie de se montrer libéral , que ce soit de son argent, non pas du nôtre. Le malheureux ne parla pas si bas , que Roque ne l'entendît ; il tira son épée et lui fendit presque la tête , en disant : C'est ainsi que je châtie les insolens et les parleurs. Pas un n'osa remuer, tant il savait se faire craindre et obéir. Ensuite de cela. Roque se retira un peu à l'écart pour écrire à uji de ses sgmi^ à Barcelonne , et lui donner avis qu'il avait avec lui le fameux don Quichotte de la Manche , cet illustre chevalier errant , dont on parlait tant en Espagne, l'assurant que c'était un homme fort plaisant , et qui avait beaucoup d'esprit ; et que , dans quatre jours, à la fête de Saint- Jean-Baptiste, il le mènerait sur la place de Barcelonne, armé de pied en cap , et monté sûr le superbe Rossinante, avec Sancho, son écuyer, monté sur son grison; qu'il le priait d'en avertir les Niaros , sçs amis , à qui il en voulait donner le plaisir, et qu'il eût bieh souhaité que ses ennemis , les Ça4eils , n'en eussent point leur part , jnais qu'il voyait bien que cela était impossible ,

parce que les extravagances du maître et les bouffonneries du valet étaient trop grandes pour ne pas attirer et divertir tout le monde. La lettre fut portée par un des baridoliers, déguisé en paysan , qui la rendit à son adresse.

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