PARTIE II, LIV. Vni, €HAP. hX
lui dit que c'était la senora dona Guyomar de Quinonez, femme du rëgent de la yicairie de !Naples, avec mademoiselle sa fille, une autre demoiselle et une gouvernante; qu'ils étaient six qui la suivaient, trois à cheval et trois à pied, et que leur argent allait à six cents écus. Be sorte donc , dit Roque , que nous avons déjà ici neuf cents%cus et soixante réaies : Et moi j'ai soixante soldats ; comptez , messieurs , ce qui vou^ peut revenir à chacun , car pour inoi je ne sais pas trop bien compter. A ces 'mots, les bandoliers s'écrièrent : Vive le grand Roque Cuinard , en dépit de tous les ladres qui songent à le perdre! Les capitaines tenaient la tête baissée, et faisaient bien voir à leur contenance qu'ils déploraient leur argent. Madame la régente et sa compagnie n'avaient guère plus de joie , et les pauvres pèlerins n'avaient nulle envie de rire. Roque les laissa un monient dans cette affliction ; et se tournant ensuite vers les capitaines :
Seigneurs capitaines , leur ^^il , de courtoisie , prétez^moi soixante écus ; et madame la régente m'en donnera, s'il lui plaît, quatre-vingts : c'est afin de contenter mes soldats , car chacun vit de son métier; après cela, je vous laisse aller librement où il vous plaira, avec un sauf-conduit que je vous ^donnerai , pour empêcher que les troupes que j'ai ici autour ne vous fassent
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d'insulte; car mon intention n'est pas qu'on maltraite , ni les gens de guerre ^ ùi lesf emems , et partijGulièrement celles qui sont de qualité. Les capitaines firent à Roque des lemerdmens infinis de sa courtoisie et de sa libéralité , élevant jusqu'au ciel lagénéix)sité qu'il avait de leur rendre leur bien. Madame Guyomar se voulait jeter en bas du coche y pour lui embrasser les genomx, mais il ne le voulut pas souffrir; au contraire , il lui demanda cent, fois pardon du tort que son métier et la nécessité de s'entrete-, nir bien avec ses soldats^, l'obligeaient de lui faire. La régente et les capitaines donnèrent ce qu'on leur demandait, et les pauvres pèlerins allaieijit donner tout leur argent ^ voyant qu'on ne parlait point de modération pour eux. Mais Roque, leur dit. d'attendre , et s^adressant à ses gens : De ces centi quarante écus, leur dit^il, il vous en revient deux ï chacun ; des vingt qui restent , donnez-en dix à ces pèlerins^, et les autres à ce bon âiuyer , . afin qu'il ait sujet de se louer de cette aventure. Puis se faisant en même temps donner du papier et de l'encre , il écrivît un sauf- conduit par lequel il ordonnait à ses lieutenans de laisser passer librement toute la compagnie, qui s'en alla bien contente, admirant tous le. procédé du grand Roque , sa cour* toisie. et sa bonne mine , et le traitant plutôt de