‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 219 sur 248 · PARTIE n, LIV. Vin, CHAP. LXVIII · texte numérisé non relu

PARTIE n, LIV. Vin, CHAP. LXVIII

fermez les yeux et la bouche, Scythes, Pùlyphèmes meartmrs , lions enragés , tigres dévorant, et d'autres noms semblables , doiit on leur étourdissait les oreilles. Aie, disait Sancho en lui-même , et encore avec grand'peur qu'on ne l'entendît, que tous ces nomsrlà ne sonnent guère rien de bon ! mardi, le mauvais vent qui souffle! tous les maux nous viennent d'un coup , comme les coups de bâton sur les diiens, et plût à Dieu que cette aventure finît par des coups de bâton ! mais elle commence trop mal pour finir si doucement. Don Quichotte était tout troublé de l'état où il se trouvait ; il ne pouvait comprendre pourquoi on les accablait d'injures et de reproches; et quelque raisonnement qu'il fît pour trouver un jour dans une aventure si extraordinaire , il voyait seulement qu'il y avait beaucoup à craindre , et rien à espérer. Après avoir marché p^os d'une heure en ce triste équipage, ils arrivèrent environ à une heure de nuit à la porte d'un château que don Quichotte reconnut pour celui du duc , où il avait demeuré quelques jours auparavant. Hé, qu'est-ce que tout ceci? dit-il alors : n'est-ce pas ici le lieu où j'ai trouvé tant d'honnêteté et de courtoisie ? mais pour les malheureux et les vaincus tout se tourne en mal, et la fortune prend plaisir à accabler des misérables. Ils entrèrent dans la principale cour du

château , et tout ce qu'ils y Tirent augmenta leur ctonnement, et redoubla leurs frayeurs, comme on le verra dans le chapitre suivant.

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