‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 4 sur 248 · PARTIE II , LIV. VII , CHAP. XXXIII · texte numérisé non relu

PARTIE II , LIV. VII , CHAP. XXXIII

logé comme un priace , et couvert de velours et de brocard ; tout ce que je vous recommande ^ c'est de bien prendre garde comment vous gour y ernere^B tos vassaux , qui sont tous gens de bien.

Oh , pour ce qui est de les bien gouverner, répondit Sancbo , je n'ai pas besoin qu'on me le, recommande , car je «uis naturellement charita- Ue , et j'ai toujours eu^tié des pauvres, et je ne sais point prendre un tourteau à celui qui pétrit ; mais SLutmf par ma foi, il ne faut pas se jouer k m'en faire avaler : je suis un vieux drille. qui entmà le j^on , et je sais un petit plus que mon pain manger ; quoi qu'on en dise , il ne faut point me chasi»er les mouches devant les ymm , je les chiisse bi^n moi-même ; ce n'est pas moi à qui il faut apprendre où le soulier me ble$se: je veux dire que le$ bonj» trouveront leur compte Hvee moi , mids pour les méchans , qu'ils ne s'y frottent pas^ car je vwx qu'on aille droit en besor gne ; mais enfin il suffît ; je m*imagine pour moi qu'en ^diatière de gouvernement le tout est de Uen enfourflterf et il pourrait arriver qu'au bout d%qn\me jours* j!entendrais mieux le gouvemor ment quéje^ne fais le labourage oùj'ai été nourri.

YoQs dites fort bieq, S^ncho, repartit ladachesse, l^s hommes ne naissent pas teus d'extraction, mais c'est des hct^oom^es q^'on fait des évéqoes et des papes. Mais pour retourner à l'enchantement

ft DON QUICHOTtE.

de madame Dulcinée , je me persuade et tiens pour assuré, que Tintention qu'eut Sancho de tromper son maître en lui faisant croire que Dulcinée était enchantée , ne fut autre chose qu'une malice des ençhante;;ars qui le persécutent ; car je sais de trèsrhonne part , que la paysanne qui sauta sur Fane était la véritable Dulcinée du Toboso , et ainsi le bon Sancho , qui pensait être le trompeur, fut lui-même trompé ; et cela est si vrai qu'il n'est pas plus vrai qu'il est jour : car il faut que vous sachiez , mon ami Sancho , que nous avons aussi des enchanteurs en ce pay»-ci , qui ont soin dç nous avertir de tout ce qui se passe daA»'le monde avec une fidélité exacte ;^t c'est d'eux que nou3 savons que la paysanne est Dulcinée, qu'elle est enchantée, et que loi^que nous y penserons le moins, nous la verrons dans l'état où elle était auparavant, et vous verrez pour lors ^e c'est vous qui vous abusez.

Par ma foi , madame , tout cela peut Inen étre^ dit Sancho , et je commence à croire ce que mon maître raconte de la caveruç de Montesinos , ou il dit qu'il vit madame Dulcinée dans le m^me habit et au même état que je lui dis que je l'avais vue quand il me prit fantaisie de l'enchanter; je vois bien à cette heure que c'était tout le con^ traire I et que je fus le premier trompé , comme dit voire grandeur ; et quand j'y songe , il m'est

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