CHAPITRE IV
Suite de la conTersation où Sancho fait le détail des qualités qu'il dit aToir^ pn^res pour parvenir à la digaité de cheTalier errant.
' Pab la mardi, monsieur, en voilà bien, s'écria Sancho , il faudrait faire fondre et refondre cinq cents fois toute ma race, depuis dix mille ans, avant que d'en pouvoir faire un chevalier ; m'en voilà revenu, s'il faut être si savant; il faut que le limaçon rentre dans sa coquille , et se contenter d'être écuyer : j'en aurai moins d'honneur^ mais ce sera toujours quelque horion de sauvé. Il ne faut pas se décourager, dit don Quichotte ; il y a des accommodemens pour toutes choses : tous les chevaliers errans n'ont pas , aa souverain degré, toutes les perfections que je viens de dire ; ils doivent tâcher de les aVoir , et quand ils ont celles qui sont essentielles, comme d'être honnête, civil, vaillant, libéral et infatigable, on ne regarde pas de si près au reste. Mais supposons que je voulusse t'armer chevalier, quelles qualités as-tu de celles que je te viens de dire? Pour premier item^ monsieur, dit Sancho , je suis des vieux chrétiens, et je ne changerais pas ma religion pour celle du grand-