CHAPITRE XXVII
Histoire d'Eugénie et de Valerio.
Je suis née dans le royaume de Valence, et je m'appelle Eugénie. Le marquis de Bedemar, mon père, était un homme assez connu dans les dernières guerres, et par ses actions et par le rang qu'il y tenait, et tous les gentilshommes de la province s'empressaient de servir sous lui, se faisant honneur d'apprendre le métier sous un homme qui avait la réputation d'être un des meilleurs maîtres. Parmi tant de cavaliers qui le suivirent, Valerio Portocarrero fut un de ceux qui se distingua le plus , n'étant encore qu'aide-de-camp ; et dès la seconde campagne il eut un régiment, sous les ordres de mon père, qui fit valoir son mérite à la cour, et demanda de l'avoir auprès de lui, comme son parent et le plus propre à profiter de ses leçons. Pendant que Valerio signalait sa valeur. Octave, son frère, sous prétexte de voisinage et de parenté, rendait de fréquentes visites à ma mère, et il ne fat pas long-temps sans me témoigner que j'étais l'objet de ses visites; et de crainte que j'en doutasse, il me déclara sa passion, et la signala par