PARTIE III, LIV. II, CHAP. XXVIU
sir de s'informer de cef qu'il leur devait , et de leur en témoigner son ressentiment. L'équipage de Valerio arriTa , et le chirurgien ne trouvant point de danger à le laisser aller en litière, on prépara toutes choses pour le départ. La femme du chevrier demanda la permission d'entrer , et fit à Valerio et à Eugénie un compliment qtii ne parut pas trop rustique , priant toute là compagnie à déjeûner. Valerio la remercia en lui promettant son amitié et sa protection ; et Eugépie lui donna dix pistoles pour le bon accueil qu>elle leur avait fait , et cinq pistoles au vieillard qui avait le jJremier visité les plaies de Valerio. Le vieiHard se fit long-temps prier pour lés prendre, et avec des manières qui donnèrent si bonne opinion de lui, qu'Eugénie fut obligée de lui dire, qu'elle ne prétendait pas être quitte du bon service qu'il avait rendu à son m#ri , mais que ne s'étant pas fourme de beaucoup dlairgent, n'ayant que trois Keues à faire , elle ne pouvait récompenser tant d'honnêtes gens4%nejmanière digne d'eux. Et lui, ayant pris lescitH] pistoles pour ne pas désobliger une personne de Timportaiice d'Eugénie, elle le pria de venir avec elle} èt'fe cMrm^en lui dit. aussi qu'il serait bien^aise de travailler en sa pi*ésence. Tout le monde dit du bien du vieillard, et lui , dfi; au chirurgien qu'il ne croyaît pas que le seigneur Valerio pût souf-
frir le balancemçot de la litière , à cause de la quantité de ses plaies, et qu'il valait mieux le porter dans un brancard, ce qui fut approuvé. On en fit un , qu'on fit porter par les deux mulets de la litière , où on mit deux chevaux de carrosse. Ceux qui avaient apporté Valerio de la forêt , furent largement récompensés de leur peine ; et Eugénie demanda au chevrier et à sa femme, s'ils voulaient lui donner leur fille, dont elle promettait qu'elle aurait le même soin qu'ils avaient pris .d'elle et de son mari. Us y consentirent conifiie une chose qui leur fais^t beaucoup d'honneur , et après avoir biçn «déjeûné , on mit Yalerio dans son brancard, Eugénie fit mettre le curé auprès d'elle avec le vieillard et le chirurgien , une de ses femmes qu'on lui avait amenée , et la fille du chevrier. Don Quichotte s'excusant d'aller en carrosse, lui et Sancho l'accompagnèrent ^ chevaliers errais. Le lieutenant monta.à cheval , et voulut être à la portière du carrosse , pendant qij^e 1^ archers menaient par vLïi auti% cHemin , mais toujours à sa vue , Pedrarlaiié et|;arott;é sur un cheval qu'on avait plis dans le village. •
ris arrivèrent totts à Ribeyra , qui était la principale terre de Valent)', dont il' portait le nom avec le titre de cpmte , qui y était attaché. Don Quichotte A'eut pas besoin des visions de la che-