PARTIE m, LTV. I, CHAP. VI
mademoiselle sa nièce , et s'ils n'^Kiraient point l'honneur de la roir. Il dît qu'on allât la quérir, et sur cela le cavalier se leva pour y aller , faisant • mille excuses à don Quichotte , et rejetant son incivilité sur son ignorance. Il y eut encore des complimens entre eux; mais tout finit quand on rapporta que la nièce priait la compagnie de Texcuser, sur ce qu'elle était indisposée ; il n'était plus question que de Sancho , qui se faisait tirer l'oreille , parce qu'outre l'accident que nous venons de voir, il s'était querellé avec la gouvernante f et ils s'étaient chanté une kyrielle d'injures. Mais le curé lui ayant mandé qu'on neman-* gérait point%ans lui , il entra les yeux tout congés^ et le cœur si gros , qu'il ne pouvait presque respirer.» Allons,. Sancho, lui dit don Quichotte ,. que honte ne tétasse point dommage ; il y a de* ;plu^ grands malheurs au monde, et celur-là ne mérite pas que tu t^en affli|es. Je serais déjà cori* sole , répondit Sancho , si je n'avais point là main échaudée; mais* je ne m'en** plains pas, puisque c'est en vous rendant service. C'est ^épondçe en galanft honmie, dit le c^é\ ne parlon^ plus du passé, et faisons bonne chère. On la fit en effet fort boifné : le bailfcier, q«& s't^tait piqué de bien faire arfe%icassée de poulets, y avait très -bien réussi; ttîa, avec lea perdrix du neveu, des pi-^ geoils de vtÉière*, tin pâté de lièvre, et la daube,
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qui se. trouva^ fort bonne, composant un repas suâîlbur qu'on a de coutume de les faire en Es- . pagne, on mangea long-temps et avec plaisir. Sancho se mit en bonne humeur, et dit mille proverbes ; comme il ne mettait point d'eau dans son vin , les fumées lui montèrent bientôt à la tête; et se souvenant en cet état- là du dcnaélé qu'il avait eu avec la gouvernante, il dit des chosçs si plaisantes contre les femm^, qiue tant qu'il parla les autres ne cessèrent df rire , jusqu'à don Quichotte même , malgré son flegme naturel.
Monsiieur le curé, disait-il , est-il vrai. que ce fût la femme de notre premier pèr^ qui lui fit manger de la pomme ? Ah , ah , répondit le curé^ vous le prenez de bien haut, notre ami Sancho : oui, cela est vrai , mais poui'qûoi me le demaqxiez-vQus? C'est que je m'imagine,, dît Saucho^^, qu'il fallait qu'Adam eût déjà péché., puisque Dieiî lui donna une femme , car sans cela pourquoi Faurait-il si fort puni? Est-ce une i^i grande punition pour l'honuçne, demanda le' barbier^ que de lui avoir donné une femme ? Est-ce qu'on pouvait lui faiçe pis ? dit Sancho'v et mort nom de diable , à quoi sontrcUes bicinnes,.si cern'est à faire enrager les hommes ? Mais-, Sandiq , dit le barbier , qu'est-ce qui iiuràit soin du ménage pendant qu'un homme ne peut être ch^z lui ? qui le