PARTIE m, LIV. I, CHAP. VI
consolerait dans ses afflictions? avec qui s'en-^ tretiendrait-il? et sans femmes combien y a-t-il
que le monde serait fini? Qu'est-ce? alte-là, .
monsieur le barbier, interrompit Sancho, vidons cette fusée, et nous en recommencerons une au^ tre ; soit dit pourtant avec là permission de monsieur don Quichotte , mon seigneur et maître. Om, oui, Sanchoy dit don Quichotte, tu n'as qu'à continuer. Nous voilà bien sanglés, reprit Sancho , d'avoir des femmes pour psendre soin du ménage : si je n'avais point de femme , je n'aurais point d'enfant , et si je n'avais ni femme ni ^ifant, je n'aurais . point de ménage; pardi, je me soucie bien qu'on me fasse mon lit , ne coucherais-je pas bien sur une gerbe de paille ? et quand je laisserais le soir du vin dans ma cruche, au moins je trouverais le reste en m'éveillant , et voilà toute la consolation que je demande ; quand j'étemue, je me dis bien moi-même. Dieu vous soit en aide! et si je n'avais que moi à faire ma soupe, je n'aurais que moi à la manger; quand je suis tout seul, personne ne me contredit; ^u diable soit-il si jamais ma femme m'a dit oui que quand il fallait dire non ; il y a deux ans que je voulais.marier notre fille richement , Thérèse ne le voulut pas; elle serait à cette heure comtesse; et cependant quand j'ai apporté à la sueur de mon corps de bons écus d'or à la maison , ma
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femme s'en est bien et beav acheté de Imsnes bardes ; et hormis àtnx pièces de vin qa'eUe a fait venir, je n'ai pas tâté im estiflet de ce que j'avais eu tant de peine à amasser, et la bonne pièce en a encore phis bu que moi : à pcopos de vin j. continua'4-il ^ dannes*moi à boire ; ces crean tnres Bi*échaoffent si fort la téte^* qu'il ne s'en faut de giière que je n'étouffe ; mais , dit^I après avoir bu un coup, ce n'est pas seulement la mienne qui mesfatt enn^er ^ elles sont toutes de même : qui a fait lundi a fait mardi,, et je pense, comme dit Alexandre-le-^irand, que c^ést le diable qû les a toutes faites : tantôt, comme f accommodais ces perdrix ,^ jamaii la gouvernante n'a voubu souffrir que je les écharadasae pourfaîre une bonne fricassée avec de Fazl ,^ et il a.!£allu , malgré moi , malgré mes dents ,. qu'elle ïe» mk à la broche: c'est un esprit de contrition , que je n'en ai jamais vu un pareiL Qu'appelezrvmis esprit de contritian ^ Sancho î demanda le coré. Ëhl qui le sait mieux que vous^moiisiieijr le cinié ? répondit Sancho ; ces esprits remâches^ qui n^aecordent jamais rien. Abl je vous entends ,. dit le curé , dans ce sens -là ils ne sont pas agréables. Je n^ai jamais lu les bistodores , continuia Sancbo, mai& je m'imagine que les femmes y sont tout de leur long; ellçs ont bien fait des leurs , si je ne me trompe , depuis que k monde es4Lmoskdf.