PARTIE m, LIV. II, CHAP. XXXII
qu'elles en meurent de dépit, et qu'elles voient quçl est rhomme qu'elles m'ont obligé de maltraiter. Au reste, mademoiselle, dit Sain ville, je vous avertis que c'est Deshay es qui vous a voulu faire prendre; ce malheureux, qui est mort au Fort-rÉvêque , m'a tout conté; précautionnez-vous contre un homme si dangereux : s'il n'était pas ce qu'il vous est, ajouta-t*-il, je vous ferais raison de son ingratitude , et me la ferais de toutes ses impostures; mais je suis obligé de ménager un homme que vous êtes obligée d'avouer , tout indigne qu'il en puisse être. Eh , je le désavoue , dit Sylvie , en se mettant en carrosse : adieu , Sainville , lui dit-elle ; en vous quittant je vais reprendre tous^ mes, déplaisirs; je souhaite que vous soyez plus heureux que moi. Puis-je être heureux sans vous ? répondit-il en soupirant. Les tantes de Sylvie le remercièrent de son honnêteté , et il leur fit seulement une profonde révérence. "
Il est difficile de représenter l'état où se trouvait Sainville; la vue de Sylvie, ses larmes, et tout ce qu'elle lui avait dit , l'avaient si fort attendri, et les réflexions qu'il y faisait lui donnaient tant de trouble , qu'il n'osait aller trouver la marquise. Il ne craignait rien tant que d'être obligé d'achever une histoire qu'il n'avait commencée que par une espèce de dépit, et que l'a-
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mour qui se rëveillait dans son cœur, ne pourait consentir qu'il continuât. Mais la marquise termina toutes ses irrésolutions, en Fenvoyant appeler, et lui disant : Sainyille, nous voici en liberté , ye prétends que voils m'acheviez ce soir lliiatoire de Sylvie. Il faut vous obéir , madame, lui dit-il , quoiqu'en vérité il y ait peut-être un peu de cruauté de votre part de m'engager à une pareille chose , dans l'état où vous me voyez. J'en étais donc demeuré , madame , sur une partie du jeu qui ne...
La demoiselle française ne put poursuivre davantage son récit à cause du grand bruit qui se fit alors par toute Thôtellerie, où l'hôte jurait déjà en homme du métier, de ce qu'il ne pouvait trouver sa femme , pendant qu'il lui survenait un grand équipage à recevoir, et tel qu'appa-" femment il aurait besoin , pour le loger à l'aise, du secours de quelque voisin. Nous verrons ce que c'était dans le chapitre suivant.
FIN DU TOME aNQUIBME.