SONNET
La beauté qui ouvrit le cœur du généreux Pyrame brise le mur. L'amour part de l'ile de Chypre, et vient regarder cette ouverture étroite et prodigieuse.
Là, le silence se fait comprendre, car la voix n'ose pénétrer par cette étroite issue ; les âmes, oui, car l'amour rend aisées les choses les plus difficiles.
Ils ne surent pas se renfermer dans ces bornes, et l'imprudent désir de la jeune fille amena la mort en voulant accroître le bonheur. Quelle histoire !
A tous deux en même temps (fortune étrange), une seule épée, un même tombeau, une même renommée, donnent la mort, un asile et l'immortalité.
Béni soit Dieu! s'écria le chevalier, après avoir entendu ce sonnet : parmi le grand nombre de poètes consommés qui existais lorsqu'aux pieds de mon amie, Je lis dans ses yeux mon destin, Heureux hier, heureux demain, Hélas! i/iic faut-il à ma lie'.''
L'espoir de lui plaire à jamais
Me rend meilleur, plus doux, plus sage,
Et me fait chérir davantage
La vertu, l'amour ri la paia
stent, je puis enfin me flatter d'en avoir rencontré un, ce sonnet m'en a donné la preuve.
Don Quichotte passa quatre jours jouissant dans la maison de don Diego du plus agréable accueil. Au boul de ce temps, il lui demanda la permission de se remettre en route, non sans lui témoigner toute sa reconnaissance du bon traitemenl qu'il avait reçu dans sa maison. Mais il nVsi pas convenable que 1rs chevaliers errants s'abandonnent au repus et à la mollesse, ajouta-t-il; il se croyait obligé de poursuivre sa carrière, et de chercher les aventures qu'il savait être très communes dans le pays, où il espérait Pieu employer son temps, en attendant le jour des joutes de Saragosse, auxquelles il avait intention de se rendre directement; que cependant il voulait auparavant visiter la caverne de Montesinos, dont on racontait dans les environs tant de merveilles, et connaître la véritable source des sepl lacs que Ton appelle de Ruidera. Don Diego et son iils louèrent sa généreuse résolution, et rengagèrent à emporter de chez eux tout ce qui lui plairait, offrant de le servir avec tout le zèle imaginable, comme les y conviait son mérite personnel et son honorable profession. L'instant du départ arriva, et Don Quichotte montra autant de satisfaction que Sancho de tristesse et de souci; il se trouvait à merveille au milieu de l'abondance de la maison de don Diego, et ne retournait qu'à contre-cœur à la faim que l'on éprouve d'ordinaire dans les bois et les lieux inhabités, et aux étroites ressources de ses bees mal pourvues : toutefois, il les remplit, les combla de ce qu'il jugea le plus nécessaire. Don Quichotte dit à Lorcnzo en le quittant : Je ne sais si je vous ai dit, seigneur, et si je l'ai dit, je vous le répète, que, quand vous voudrez entreprendre les travaux qui pourront vous conduire à l'inaccessible faîte du temple de la Renommée, vous n'avez autre chose à faire qu'à laisser de côté la roule un peu étroite de la poésie, et vous avancer dans le sentier encore plus étroit de la chevalerie errante, capable en un tour de main de vous faire empereur. Don Quichotte acheva ainsi de signaler sa folie, el plus encore quand il ajouta: Dieu sait si je serais flatté d'emmener avec moi le seigneur don Lorenzo, pour lui apprendre comment on doit pardonne! aux vaincus et dompter les rebelles et [es or-