‹ Histoire de Don Quijote de la MancheChapitre 151 sur 278 · Partie i. chapitre xxx. aes · texte numérisé non relu

Partie i. chapitre xxx. aes

tue et me rendeensuite ce qui me fut unirpé coatre4oute justice. Tout cela doit s^accomplir à souhait \ puisipie aiosi Ta prjék dit mon bon père, J'inacrio le Savant. De plus, ii a fgouté et écrit en lettres chaldéennes ou grecques >qu»je ne sais pas lire que, si le chevalier en question , après avoir coupé la gorge au. géant, dfsire se marier avec moi, jç dois aussitôt, et sans ré* plique,. m'ofFrir à lui pour sa légitime épouse , et le miettre ea possession de mon royaume*et.de.ma penoi^ïe. Âmi Sancho^ que t'en semble ? dit à ces nûKis .Don Qu^ote. N^entends^tu pas ce que Ton proppse ? et ne te Tai-je pas Uen dit ? Vois si nous n'avons pas déjà un roys^ume à commander, une reine à époa*

ser. Oui, je le jure, dit Sancho^ que fils de p soit celui qui

ne se mariera point après avoir ouvert le gosier au seigneor Pandahilado. Vous semble-t-il que la. reine soit laide? Puissciit les puces de mon lit lui ressembler ! En même temps; il fit deux sauts en Fair, avec démonstraticm d'une grande joie; puis, tout aussitôt il courut saisir les rênes de la mule de Dorothée, la fit arrêter, et se mit à genoux devant elle, la suppliant de permettre qu'il lui baisât les mains, en signe .qu'il la reoonnaissftit pour sa reine et maîtresse. Était-il un des asèistanis qui pût s'empêcher de rû*e en voyant la fidîe du maître' et là sinipUeité du valet? Dorothée lui donna ses inains, lui promettant de le faire grand seigneur dans son royaume, quand la faveur du cid lui permettrait de le recouvrer. Sancho Ten remercia avec de telles paroles qu'il renouvda les ris de tous. Voila, seigneurs , poursuivit Doroth^, toute nxm histoire. 11 me reste seulement ài vous dire que , de la UMBbreuse suite avec laquelle j'étais sor^ tie de mon royaume, il ne m'est demeuré que ce bon écuy^ barbu ; tous les autres se sont qoyés dans une tenq^ête que nous avons essuyée à la vue du port. Lui et nK)i nous noh^ sauvâmes et abordâmes à terre sur deux [rianches, comme par miracle; vous avez pu le remarquer, en effet, tout est merveille et mystère dans ma vie. Si mon récit vous a semblé prolixe ou d^ w^ donné, attribuez-en la cause à ce qu'a dit au commencement le

* A peâJIffiM boca.

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seigneur Kceiicié,les peines excessives et continuelles détk'iiisent la mémoire qui les subit. Je ne la |)erdrai point, moi , haute et valeureuse dame, dH Don Qutjote^par lespeines que j'endurerai à votre service, quelque grandes- et inouïes qu'elles puissent être. Je confirme de nouveau le don que je vous ai octroyé , et je jure d'aller avec vous au bout du monde, jusqu'à ce que je me. voie 'aux piise» avec votre fier ennemi, dont j'espère, par l'aide de Dieu et de mon brag^, abattre fe tète superbe avec maa ^e (que je ne dirai pas bonne, grâces à Ginès de Pasamonte qui m'a enlevé la mienne). H dit ces derniers mots entre ses dents , et ajouta : Après lui avoir coupé la tète, et vous avoir mise en paisiblepossession de vos États, vous serez libre , ma- 4ame, de disposer de votre personne selon votre volonté : car ^ tant que j'aurai la mémoire occupée , la volonté captive et l'entendement perdu pour celle... Je n^en dis pas davantage; il n'est pas possible cpie j'aie même la pensée de me marier, fûtce avec l'oiseau Phénix. Ces* derniers mots, au stget du mariage , parurent si déplacés à Sancho , qu'il s'écria : Mort de ma vie! seigneur Dbn Quijote, je jure que le jugement de votre seigneurie n'est pas sain. Gomment est-il possible que vous hésitiez un seul instant à épouser une aussi grande princesse? Pensez-vous que la fortune ait à tout bout de champ à vous^ offrir une aventure comme celle qui se présente? Madame Dulcinée est-elle plus belle , par hasard ? Non , certes , pas la moitié autant : je dirai même qu'elle ne s'élève pas jusqu'à la chaussure de celle qui est devant vous. Aussi , à la malheure , obtiendrai je le comté que j'espère, si vous allez chercher des friandises dans la mer. Au nom du diable, mariez-vous, mariez-vous promptement, et prenez ce royaume qui vous vient entre les mains devobis vobis; puis, quand vous serez roi, faites-moi iparquis ou sénéchal^, et que le diable emporte le tout. Don QuijOte, entendant proférer de tels blasphèmes contre sa dame •Dulcinée, ne put le souffrir. Haussant sa lance, sans dire une

I Adelantado.

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