‹ Histoire de Don Quijote de la MancheChapitre 178 sur 278 · PARTIE 1. CHAPITRE XXXIV. 3U · texte numérisé non relu

PARTIE 1. CHAPITRE XXXIV. 3U

Camille rit beaucoup de Talphabet de Léonelle, et vit bien qu'eUe était plus experte en unour qu'elle ne le voulait dire; Celle-ci ne s'en d^ndit pas> et avoua même qu'elle était en relation avec un jeune homme de bonne maison, de la mèoie ville. Camille» troublée de cet aveu, dont elle redoutait les suites pour sa réputation, voulut savoir si ces relations allaieni; plus loin que des propos d'amour; Léonelle, avec peu de honte et beaucoup d'effrimterie, confessa qu'elle ne s'était point arrêtée là. C'est ainsi que les foutes des maîtresses ôtent tout respect aux servantes; dles ne se soucient guère de broncl^, ni qu'on le sache, lorsqu'elles voient faire un foux pas à celles qui les commandent; Camille ne put foire autre chose que de prier Léonelle de ne rien coqfier à celui qu'elle dij^t être scm amant, et de se conduire avec^ assez de prudence pour cjpi'Anselme et Lothaire ne s'aperçussent de rien. Léonelle le premt; mais elle s'en acquitta si mal, qu'elle justifia la crainte qu'avait Camille de voù* sd réputation perdue. Aussi effirontée que corrompue, enhardie par le dérangemœt de sa maîtresse, elle osa foire venir son amant daSs la maison, sûre que Camille n'oserait rien dire quand même elle verrait cet homme. Telle est, en effet, la punition des femmes qui ont des foutes à se reprocher; elles se voteot réduites à être les esclaves de leurs servantes, à couvrûr elles-mêmes toutes leurs vilenies; c'est ce qui était arrivé k Camille. Elle s'aperçut plus d'une fois que Léondie recevait son amant, dans qudque chambre de sa maison, et non-seulement die n'os$dt la grœider, mais encore die aidait à le cacher, et prenait toutes les précautions pour qu'il ne tùt point aperçu de son mari.

Elle ne put si bien les prendre, qu'un matin, à l'aube du jour, Lothaire ne vtt sortir un homme : il le prit d'abord' pour un fantôme; mais, le voyant marcher et s'envelopper avec pré-

One^Êk Principal, QuanUoso, BUo, Taciio, F^erdadero, Zelador; qaaatkVr, cette iRtre, en espagnol, exprime U ooiijoiictiOD tt. Cette plainirterie, qui ne peut guère passer que dans la bouche de Ltenelle, rappelle le petit jeu de sociétf que nous désignons par ces mots : J'aime nion amant par A. Du reste , ce singulieV passage n*aTait jamais été traduit.

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caution dans son manteau, il changea bientôt dldée, et conçut un soupçon qui.les auraR perdus tons^ si Camille n'eût su y porter remède. Ne pensant pas seulement qu'il y eût au monde qne LéoncUe, il ne cnft pas cet homme entré pour elle dans la mais(Mi d^Ansehne. Il pensa que Camille était aussi facile et légère pour on autre qu'dle Tayait été pour lui : tel est le malheur de la femme qui s'est sdiandonnée une fois, elle perd même la confiance de celui qui Ta séduite par ses prières; il pense toujours qu'un autre en peut faire autant, et ajoute foi à tous ses soupçons. Lothaire perdit en ce moment sa raison ordinaire ; . * n'écoutant aucune réflexion, aucun sentiment raisonnable, il X'. * court aussitôt chez Anselme, qui n'était pas enœre levé, impatient d'assouvir la jalouse rage qui le dévore, et de se venger de Camille, qui ne Ta point offensé. Ami, dit-il, voici plusieurs jours que je me fais violence pour ne te pas découvrir ce que je ne puis ni ne dois te cacher plus longtemps. Apprends donc que la fière Camille est enfin soumise, et prête à faire tout ce qu'il me plaira. Si je ne t'ai pas plus tôt découvert cette triste vérité, c'est que je voulais m'assurer si ce n'était pas une fantaisie du moment, ou bien pour m'éprouver, et connaître si l'amour que je lui témoignais de ton aveu était sincère. Je suis ccmvaincu que d'ailleurs, si Camille était telle qu'elle le doit, et que nous l'avons crue, elle t'aurait instruit d^a de mes poursuites; mais, puisqu'elle s'obstine à garder le silence, je regarde comme réelle la promesse qu'elle m'a faite dem'entretenir dans l'arrière-chambre où Von serre les habits, lorsque tu feras une nouvelle absence (c'était en effet le lieu de leurs rendezvous ordinaires). Cependant, je ne veux point que tu te hâtes de courir à la vengeance, car le crime n'en est encore qu'à lln- * tentiôn, et peut-être, avant de l'exécuter, Camille en viendrat-elle au repentir. Ainsi, puisque jusqu'ici tu as suivi mes conseils, en tout ou en partie, conforme-toi encore à celui que je vais te donner, afin que, sans erreur, et apr^s de mûres réflexions, tu puisses prendre le parti qui te paraîtra convenable. Feins, comme à l'ordinaire, une absence de deux ou trois jours,

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