‹ Histoire de Don Quijote de la MancheChapitre 185 sur 278 · PARTIEL CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

PARTIEL CHAPITRE XXXV

L'assurance au^avait Ânsdme de la verta de sa femme le rendait rhommele plus satisfait et le plus heureux. Camille s'étudiait à faire mauvaise .mipie à Lothaire, afin qu'Anselme se méprit à ses sentiments^ e{ lothaire, pour le mieux confirmer dans son opinion, sollicita de lui la permission de ne plus fréquenter

» sa maison, puisque sa présenie étdit si désagréable à Camille.

' Mais Anselme, tocyours abusé, n'jr voulut pas. consentir : ainsi, lui-même était Finstrument de son déshonneur en croyant assurer son'contentement.Sur ces entrefaîtes , Léonelle, aveuglée par la liberté qu'elle goûtait dans ses amours , s'y laissait emporter sans aucune retenue ; elle se fiait sur la protection , de sa msdtresse qui lui fournissait elle-même les moyens de se. satisfaire Sians'J)ruit. Enfin , une nuit, Anselme entendit mar- <^her dans la chambre de Léonelle; et, voulant y entrer pour

•voir qui c'était, il sentit que Ton s'appuyait contre la porte. Cette résistance lui donna plus d'envie de Touvrir, et il fit un tel éfiR)rt.qu'il en vint à bout; entrant aussitôt, il vit un homme sauter, par la fenêtre. Il s'élança promptement pour le saisir, ou du moins {^ur le reconnaître, mais en vain; Léonelle se mit au-devant de lui : Arrêtez , seigneur, lui dit-elle , ne vous irritez point, et ne cherchez pas à suivra xelui qui s'enfuit. Ceci me regarde seule : c'est mon mari. Ans^e n'en voulut rien croire; et , aveuglé par la colère, tira son pwnard, et la menaça de la tuer si elle ne disait la vérité. Li^ptnt lui fit perdre la tète; elle répondit : Ne me tu^ pas, je vous apprendrai des choses plus importantes que vous ne le pensez. Dis-les sur-le-champ , ou tu es morte, reprit Anselme. Dans ce moment, et dans le trouble où je suis, c'est impossible, répliqua Léonelle; attendez à demain matin : je vous découvrirai des choses qui vous étonneront ; ne doutez pas, cependant, que celui qui a sauté par la fenêtre est un jeune homme de cette ville , qui m'a promis le mariage. Ansehne s'apaisa, résolu d'attendre jusqu'au lendemain, et ne prisant guère apprendre quelque chose contre Camille ,' de l'honnêteté de laquelle il se croyait si sûr. Il sortit de la chambre, y laissant Léonelle enfermée, et

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lui dit qu'eUe ne serait point libre qu'elle ne* lui e(tt dévoilé tout ce qu^elle savait. 11 se rendit aussitôt i raptmrtement* de Camille , lui raconta ce qui venait jd^se passer, et la promesse • que lui avait faite Léonelle de lui r^v^Iei; ^es choses* impor-. tantes. Si Camille fut troublée à ce récit , on peut se le figurer : elle crut , et elle avait raison de le croire, .quie Légnell^ ne man- '« querait pas de découvrir tout ce qu'elle savait du peu de foi de *' sa maîtresse* Sa frayeur fut si grande Qu'elle ne voulut pas attendre si ses soupçons se trouveraient faux. Aussi, cette même nuit , dès qu'elle crut Anselme endormi , elle pri^de l'argeift et , ses plus riches bijoux ; puis, sans être aperçue, elle sortit de la maison^ et courut .chez Lothaire, auq,ne\*elle raconta cequf ' venait de se passer, le conjurant de la mettre e^ sûreté, ou d^ * «^ fuir avec eUeles poursuites d'Anselme. Lothaire fut ^ tvoyblé qu'il ne pouvait répondre une parole, et ne savait à. quoi se* résoudre; enfin, il prit le parti de conduire GainiBe dans un monastère dont la prieure était sa sœur :.ce qui fut é^uté promptement ; et lui-même . aussitôt sortit d^ la ville,, sans prendre congé de personne. Le lendemain matin ,*'Ansebne se leva sans s'apercevoir que Camille n'était pas près de lui, et, ne pensant qu'au secret igte devait lui révéler Léonelle, il court à la chambre où il l'avait dtfermée^ l'ouvre, entre et ne trouve personne ; les draps dli. Ij^ étaient attachés à la fenêtre , et l'on pouvait voir qu'elle s'était enfuie par là^. Contrarié vivement, il retourne vers Camille, et ne la trouve ni chez elle ni dans toute la maison: une sombre inquiétude s'empare de lui, il appelle les valets; aucun ne peut lui en donner de nouvelles ; il aperçoit enfin les coffres ouverts, et que les bijoux n'y sont plus; cette découverte achève de lui confirmer sa disgrâce, et lui persuade que Léonelle n'en est pas la seule cause. Triste et pensif, demi- vêtu, il veut aller confier son malheur à Lothaire ; mais quand il apprend qu'il est aussi disparu, et que ses gens lui disent qu'il est parti la nuit, emportant tout son argent, il pensa perdre le jugement; pour l'achever, à son retour chez lui, il ne trouva plus ni valets ni servantes : la maison était

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