PARTIE L CHAPITRE XLL S7fr
compagnie duTagarin doot j'ai parlé. Qq appelle ainsi, dans la Barbarie, les Maures d'Aragon; ceux de Grenade portent te nom de Mudexares ^ Ces derniers sont appelés £i^Ae^ dans te royaume de Fez, et c'est parmi eux que le roi de ce pays prend la plupart de ses gens de guerre. Gbacpie fois que te renégat passait avec sa barque , il «ç manquait pas de jeter Tancre dans une petite anse qui n'était pas à deux traits d'arbalète du jardin de Zorayde: là, avec ses rameurs maures, il s'amusait à faire la zala^, et, afin d'essayer ce qu'il méditait sérieusement, il allait même au jardin de Zorayde demander des fruits , et le père de la Maure lui ^ faisait donner quoique* sans le connaître; il aurait désiré parler à Zorayde, comme il me l'a confié depuis, et lui dire qu'il était celui que j'avais choisi pour la conduire en chrétienté , qu'elte n'eût aucune inquiétucle; mais il ne put y réussir, parcequ^aocune femme maure ne se laisse voira ^n Maure. ou un.Turc, sans que son père 011 son mari le lui commandent. Quant aux esclaves chré^^ tiem, elles communiquent vdontiers avec eux, même plus qi^it ne Rudrait. Pour moi, je n'aurais pas été satisfait qu'il lui eAt parlé, car sans douté elte se fût alarmée de voir sra sort entre les mains d'un ren^t. Mats Dieu, qui en ordonnait autrement^ ne permit pas qu'il la rencontrât. Voyant enfin avec qudle facilité il allait et venai) ; qu'il jetait l'ancre quand et comme il voo» lait, et partout où il voulait ; que le Tagarin, son associé, n'avait plus d'autre volonté que te sienne ; que j'étais racheté , qu'il ne nous manquait plus.cpie qudques chrétiens pour manier te rame , il me dit de choisir ceux ^e je vouteis .emmener , outre^ mes compagnons rachetés j et de les* avertir de se tenir prêts pour le premier vendrc;di, jotfr qu'il avait fixé-pour notre d^
' Oq appelait aimi Mudexares ou Mudaxares lès Heures du royaume de Murcie, surtoutîceux de la Tallée de Rioote. Ces peuples ayant de grandes QaliODSaycc les yieux. chrétiens , fturent exceptés des prémices expulsions qpié^l^ fit des Maures en Espagne ; mais enfin ils en sortirent en 1613, au nombre de plu* de vingt mille.
> Zola, acte d'adoration des Maures à Dieu, ^f|proisant les mains sur la poitrine et s^inclinant.
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part. Je m'aboodiai done avec douze Espagncds, yigoareax rameurs , et de ceux <[ui pouvaient le plus aisément sortir de la TiHe. de fut un grand bonheur pour moi d'en trouver un tel nombre en eette conjoncture; car vingt bâtiments étaient sortis en bourse et avaient enlevé tous les hommes propres à ramer. Je n'aurais pas même pu trouver ceux-là si leur mattre n'était resté chez lui pendant cette saison pour faîire achever ime galère qu'il avait sur les chantiers. Je ne dis pas autre chose à ces hommes ^ sinon que, le premier vendredi , sur le soir, ils sortissent de la ville un à un, avec précaution, et qu'ils allas^nt m'attendre auprès du jardin d'Agi Morato. Cet ordre fut donné à chacun séparément , et j'ajoutai qée , s'il trouvait là d'autres chrétiens > il se contentât de dire que je lui avais prescrit d'attendre en ce lieu, n me restait une chose bien plus importante à faire , c'était d'avertir Zorayde de l'état de notre entrq)rise; afin qiie, bien prévenue, elle ne fût pas effrayée de se voir saisie et enlevée avant le temps qu'elle pouvait juger nécessaire^ à l'afrrivée d'une barqœ partie du pays des chrétiens. AihsJi, je me décidai à aller au jardin d'Agi Morato, daùs Fespoir de parler à Zorayde. Je m'y rendis la veille du jour fixé pour le départ, sous prétexte de cueillir des herbes. La preinière per^. sonne que je reqcontrai fut son père , qui m'adressa la parole dans la langue qui se parle dans toute la Barbarie, et même à Gonstantinople, entre les esclaves et fesTMaures; ce n'est ni du castillan, ni du moresque, ni aucune autre, mais un mélange de toutes à l'aide duquel nous nous entendions. 11 me demanda qui^je servais , et ce que je cherchais- dans son jardin : je lui répondis que j'appartenais à l'arnauteMamy, que je savais être un de ses plus grands amis , et que je cherchais des herbes pour faire de la salade. Il voulut savoir si j'étais racheté, et combien Mamy exigeait de moi. Sur ces entrefaites, arriva dans le jardin la belle Zorayde, qui m'avait déjà reconnu; comme les dames maures ne font point difficulté de se montrer aux chrétiens , et ne les évitent point , ainsi que je l'ai dit, die s'approcha sans faconde l'endroit où je parlais à son père, qui l'appela même