PARTIE I. CHAPITRE L. 45â
existé ; mais je ne saurais croire qu'ils aient fait tout ce que leur attribue Tarchevéque Turpin. La vérité est que ce furent des chevaliers choisis par des rois de France, qui les nommèrent pcUrs parcequ'ils étaient tous égaux en naissance et en valeur , ou que du moins ils devaient Fétre : c'était une espèce d'ordre ou de religion, comme nous voyons celle de Saint- Jacques ou de Galatrava;on suppose ceux qui la professent vaillants et bien nés; etyde même que Tondit aujourd'hui chevalier de Saint-Jean ou 4'Âlcantara , on disait alors chevalier des dolue pairs , parceque leur, ordre était composé de dôme membres égaux. Quant au Gid, à Bernard del Garpie , Yqxï ne saurait douttr qu'ils ai«it existé; mais , qu'ils aiept feit ^anssi tout ce qu'on leur attribue , la chose est fort incotaine. Pour la cheville du cheval de Pierre de Provence, que. vous dites être auprès de. la selle de Babieça, da^ l'arsemd royal , je confesse ma faute; mais telle est mon ignorance ou la faiblesse^ dé ma vue, que j*ai bien aperçu la selle, mais non la dièville, toute grande que vous la dftes. Elle y est, sans aucun doute, dit Don Quyote, à telles enseignes qu'on l'a mise dans un ^i de cuir pour la conserver. Gela peut être , reprit le chanoine ; mais, je vous le jure par les ordres que j'ai reçus, je ne me rappelle pas l'avoir vue ;• mais , quand je vous accorderais qu'elle s'y trouve, je n'en suis pas plus obligé de croire l'histoire de tant d'Amadis et de tant de chevaliers dont on nous parle : il est ioi^poyable qu'un homme honorable et doué d'autant d'esprit que vous , r^parde comme véritable cet immense ramas de folies que Ton trouve dans les extravagants livres de chevalwie.