‹ Histoire de Don Quijote de la MancheChapitre 85 sur 278 · PARTIE I. CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE XX

ici : je reviendrai bientôt, mort où vifL.Sancho, voyant!^ dernière résoUition de Sou maître, et le peu ^ pouvoir de ses larmes, df ses -prières'et de ses cons'eils, prit le parti d'userd'adresse, 'et de lui faîje âtfendre le iogr s'il le'pouv^. Poqr cela, tout en«serrant les sangles oe Rossinante, il lui lia doucement^, et^sad^tre aperçU*,^deux jambes avec le licoiî de son âne : de 'sorte que, qgand Don Quîjote voulut -partir, il ne fe put , son cheval ne se pouvant mouvoir que par sauts. Sancho,

•\'oyant rheureu-x sycc^ de §a ruse. : Allons, seigneur, dit-il, le

ciel, touchéjtie mes krmes et de n^es^ prières, «.'ordonné que

' Rossinante ne pouriJiiL^e mouvoir. Si vous vous opinià4.rez à lui

* donner de l'épêrpflîji Te pousser, ce sera irrltei* la fortune,.et, conune bn*dit, Regimber contre l'aiguillon. Dou Quijote se désespérait ,^Ius 11 donnait des éperons à son cheval, moins le pouvait-il faire mouvoir : et sans concevoir le moindre soupçon' au sujet du licou, il résolut d'attendre ou que le jq^ parû^ ou que Rossinante fût en huipeùr de marcher,, bien convaincu que cette résistance venait de toute autrt cause cpie de Tindustriejde Sancho. Puisqu'il platt & Rossinante de rester en place, dit-il, je vais- attendre le premier sourire de l'aube, jquoique je verse des*larqpies de ce retard ^ Il u'y a pas'de quoi pleurer* reprjt Sancho; je vous ferai des contes jusqu'au jour, si vous ne préférez mettre pied à terre , et dormir un peu'çur l'herbe fraîche, ù la manière des chevaliers errants, afin d'èti*ç pliis dispos au moment d'entreprendre cette térriÙ? aventure qui vous attencL Qu'appelles-tu dormir etmettre pied à terre ! dit Don Quyote : suis-je donc de ces chevs^iers qui reposent au 'milieu dés dangers? Dor&, toi^î es né pour dormir, pu faî^ £e cpie.tu voudras ; pour moi, je ferai ce qui me paraîtra convenir à fnes desseins. Ne vous fâchez jpoînt, seigneur, je ne Tai point dit pbur^ vous déplaire, reprit Sancho. Il s'approche en même temps,^ de son maître^ met une m^n par devant sur Farçon die la selle , et

l'autre par derrière, en sorte qu'il lui embrassait la cuisse

> A que ria ei \fllbd, €Utnqae ro ilore io 'que eilu iardare en venir.

le DON QUIJOTE. ■

gancl)e-, sans oser tant -soit peu s'en détacher, tant il était épouvanté de ces coups qui ne cessaient goint^ Pais^moi quelque conte, Lui dit son maître, pbuç nier faire passer le temps ctbime tu meYas promis. Je leWais volontiecs, répoAdit „ Sancho, si le bruit que f enteuds ne me trouhlaitfOint^cepen- ^ dant,je'vais tâcher de .tous difê une histofrc, K' meilleure peut-être que vous ayez Jamais oale , si >'eii cuis trouver la fin , et ne suis point iàterrompu. Or, écoute/, je^m'eu vais commencer : ; - , .' t ■ ^

Il y avait.cd^gu'ïl y ava^t; le bien qui viendrafsoif^ur tout le monde , et le mal pour qui le va ctiërcheg > Jlemarquez , je vous prie, seigneur, qiîe les anciens ne cammeoç^iept pas leurs contes comme (in fait aujourd'hui, mai^ par cette sentence de Gaton , l'epeenseur romain : Je mal est pour qia.va le citer- *cher; ce qnî vient ici ciHnme une bague au doig(, pour que votre seigneurie se tienne tranquille, et ^'aille pas chercher ie mal , et an contrair& pour nous faire^irendre une ^utre route , puisque peraoDoe ne nous rôntraint de suivre celle-ci , oii. tant defrayeursnousassiégent. Poursuis ton histoire, ditDonQuijote,et, quant. gu cbemin que nous devons prendre, laissem'en le soin. Je dis donc, reprit SantJiOj qu>n certain lieu' de L'Estramadure il y avait un berger chevrier, c'est-à-dire qui gardait les chèvres, lequel berger ou chevrier, comme dit le conte I s'appelait Lopès Huys ; et eé Ixipès Ruys était amoureux d'une bergère, nommée ^Eoiràlba; cette b^-gëre, nommée Torralba, était fille d'un riche berger, lequel riche bei^er... Si c'est .ainsi due tii racontes ton histoire, Interrompit Don QuijotB^rëpétanf 4eui fois la même chose , tu n%ras pas fini en ' . deox joiirg. Conté' ton histoire, de «uite ay homme d'entendement , ou ne dis mot. Toutes tes histoires se coAtent dans mon pays (Kimmeje vous dis la mienue, reprit Sancho, je ne les sais

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