PARTIE I. CHAPITRE XXI
ne peut recevoir. Le 'chevalier ne doute pas que ce ne soit à cause de son départ, il en est si pénétré que peu s'en faut qu'il ne trahisse le secret de son cœur. Cependant, la demoiselle confidente remarquera bien tout, et Tira conter à sa mattresse, qu'elle trouvera tout en larmes, et qui lui dira que sa plus grande peiné est de ne pas savoir qui est son chevalier, s'il est de lignée royale ou non. La confidente l'assurera que tant de courtoisie , de grâce et de valeur ne peut exister que dans le sang de rois. La princesse affligée tâchera de se consoler avec cette 'assurance, pour ne donner aucua soupçon ati roi et â la reine, et, au bout de deux jours, elle sortira en public. Déjà le chevalier est parti ; il combsft, trioQiphe de Fennemi du roi, prend nombre ie villes et gagne plusieurs tiatàillesilRevenu à la cour, il voit sa maîtresse au 4ieu accoi^umé, et ils conviennent ensemble«qu'il la demander^ en mariage' pour la récompense de ses services. Le roi n'y veut point consentir, fïarcequ'il ignore la naissance du chevalier ; .n^is^avec tout cela, l'infante enlevée ou autrement, devient son- épouse, le/oi luimèmê«Ie tient à gran^ bpnhlfur, parcequ'on vient a découvrir
- Hu'il Qst fils 0'vih gr1£(dYoi'de je ne sais quel royaume ; car U se ^eutqu^u ne*sôit*'pas sut* la carte.' I^ père, meurt : l'infante *
•'hérite, eij dehx mois^i^pilàle clievalier roi. Alors p doit penser à récompensçi' son écuyer et tîm^ceux ^yi auront contribué à sa Yî^e fortune; il idarte son écuyer avec une demoiselle de l'infant^.'^ans doufciia médiatrice de ses amours , et fille d'un duc des plps considérq^le^'duYoyaume ^. C'est ce que je demande, et jera^endSiys^écria Santho^. Le tout arrivera au pied de la lettre avec ce nân de âievalier de là Triste Figure. N'en doute point SaQChq, .répliqua Don Quijote : c'est ainsi et parles mêmes degi*és que je Taî raconté, que les chevaliers errants parviennent à être rois et empereurs. Nous n'avons plus, qu'à chercher quel
I Cette plaisante narcation' d'événements imaginaires , peut être regardée comme la récapitulation et en même temps comme la meillenre critique de tons les romans de chevalerie /quels qu'en soient Jes titres , à quelques enjolivements de plus on de moins.
^ Il y a dans Tcspagnol : r barras dereckas ( et barres droites).
roi chrétkn où païen se trouve en guerre et en possession .d'une belle fille. Mais le temps viendra d'y penser, car, comme je tç }'ai dit, U faut acquérir de la renommée en d'^utres'liéux avait' que de paraître à la cour. Une autre chose cependant me manque : admettons que je trouve ce roi , cette guerre et cette infante, et que j'aie acquis une réputation incroyable dans tout Funivers, je ne vois point comment il se pourra faire que je sois de race royale^ ou pour le moins cousin ^ de quelque empereur ; le roi ne voudra certainement jamais me donner sa fille, cpi'il ne soit assuré de cela\ quel que soit le mérite de mes actions ; je crains bien que cela ne u\fi fasse perdre le prix dé ma vedieur. Pour gentilhqoimç.^, vériti^leme&t je le suis, de possession, de propriété, (htinaiso«:£o^ue^ et de chefs à cmq^ents sôus de solde. U se pourrait 4uejij& sage^iuV écrira mon histoire éclaircît tellement ma généalogie qu il me trouvât cinquième ousltième neveu de roi. Car il^faut que tu saches, Sàûcho, qu'il y a dans le monde deux sikS^ de races : Tuoe tire soni)rigine de rois et de princes auçlé t^ps a-fait décheoir peuà peu^ et cpif se terminent eç. pointe comme les pypômîdes,r l'autre provic^it de . gens défasse extraction, successivement iÔ6vÉs,*ju^qu^4^e-^v • nir de grands seignçursgLd^ manière que ladifféitoce'çonsisté en ce que les uns ont été et ne' sont pljs , les aiftres. sont .H* n'étaient pas. Aipsi^ il.s« poiifraît, toiit bienvébi^^ que Je fusse de ceux dont l'origine a été gr^pfle et fainfùse, cîe;^i|i devrait contenter le roi mop beau-père. Mais,û|}l eç esf SJljre-, ment, l'infante m'aimera de telle sorte',, qnjeu dépit df^son père, elle me recevra comme seigneur et â)du^«^Q2u^*]e serais fils d'un porteur d'eau; sinon, c'est- le cas de F^evçr et de remmener où bon me semblerait *: le tfemps ou la mpçt terçii-
* Pritno segundo.
* Hidalgo de solar coftocido , etc., y de, devengar quinientos sueldos. C'était une prérogative et un privilège spécial des gentilsbommes. Us recevaient d^ rois cette somme en solde ou paye. Suivant d'autres, on emploie cette' expression à l'égard de», gentilshommes victimes d'un tort qui n'était pas punissable d'une p«ine corporelle. On leur attribuait cinq cents sous À prendre sur les biens de l'offenseur comme satisfaction et compensation du tort reçu. iLes roturiers n'avaient droit qu'à trois cents sous.