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ministres ; il subissait leur joug, et il ne pouvait se résoudre à les abandonner, même quand le salut de l'État l'exigeait.
Les gauches n'ont pas fait leur devoir. Les Cinq avaient réussi pendant six années à les maintenir sur le terrain solide de l'opposition légale et constitutionnelle. Mais après les élections de 1863, les gauches n'avaient pas tardé à verser dans l'opposition systématique; aux élections de 1869, elles avaient tendu les mains aux irréconciliables. Au lieu d'encourager l'Empire à se réconcilier avec la liberté, elles caressaient ouvertement l'espérance de le renverser.
Quant au tiers-parti, composé d'hommes imbus de préjugés parlementaires, il poursuivait un seul but; il voulait faire prendre à Napoléon III la suite des affaires de Louis-Philippe.
Il y avait là plus d'éléments qu'il n'en fallait pour faire échouer l'Empire libéral. Ceijx qui ont essayé de faire réussir cette difficile entreprise doivent-ils s'en repentir aujourd'hui? Je ne le crois pas. Les eftorts faits pour établir la liberté sont toujours honorables.
Résolu à me renfermer dans les faits, je n"ai pas voulu mettre de conclusion à ce livre. Mais si l'on en veut une absolument, il est facile de la dégager de tous les événements que je me suis efforcé de décrire.
Cette. conclusion, c'est que, dans la Constitution la plus autocratique, si l'on remet à une assemblée le droit de voter les lois et l'impôt, il est impossible qu'à la longue, cette assemblée, quelle que soit son origine et quel que soit le mode employé pour la recruter, ne devienne pas le pouvoir prépondérant.
Ou il ne faut pas d'assemblée, ce qu'aucune nation, et la nation française moins qu'une autre, n'est disposée à admettre,