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a Une faut point, disait-il, effaroucher les gens de la » majorité. » La gauche avait consenti à faire ce sacrifice, bien qu'il lui coûtât un peu.
Il est probable que l'on eût continué ainsi à se faire des concessions réciproques et que les occasions de scission définitive eussent été écartées au moins pour un temps, sans une circonstance qui força les membres du groupe de gauche à déclarer de quelle nature était leur opposifion. Il va avait lieu de remplacer à Paris M. J. Favre qui avait opté pour le Rhône, et M. Havin qui avait opté pour le Calvados. Les députés de Paris commirent la faute d'abandonner la ligne do conduite qui leur avait si' bien réussi en 1863. La direction des élections complémentaires tomba aux mains de comités qui étaient en grande partie composés d'anciens abstentionnistes, et qui se placèrent tout de suite sur le terrain de l'opposition systématique. La gauche fut dès lors entraînée à les suivre, et le déchirement devint imminent.
On essaya pour le choix des candidats d'user du même procédé qu'on avait employé aux élections de 1863. Les députés de Paris furent convoqués chez M. Jules Favre, le 27 février; ils s'étaient adjoint les rédacteurs de quatre grands journaux : le Siècle, V Opinion nationale, le Temps et la Presse.
On proposa pour la première circonscription en remplacement de M. Havin, M. Laboulaye qui avait mis aux élections précédentes le plus grand empressement à se retirer en présence de la candidature de M. Thiers. Mais cette candidature n'eut pas le don de plaire à MM. Havin et Guéroult. De plus, M. Jules Simon souleva une question subsidiaire : les députés
de Paris avaient-ils bien le droit de se substituer à l'opposition tout entière et ne convenait-il pas d'appeler les députés des départements à donner leur avis? MM. Jules Favre et Pelletan se prononcèrent pour Taffirmativo. La réunion se trouva donc partagée entre deux opinions contraires. Si la majorité qui comptait sept voix, eut tenu bon contre la minorité qui n'en réunissait que trois, la liste eût été arrêtée séance tenante, et elle eût été bien certainement libérale sans être hostile. Mais la majorité lâcha pied, et elle eut la faiblesse de consentir à ce qu'une autre réunion eût lieu à laquelle s'adjoindraient d'autres députés que ceux de Paris.
Agir ainsi, c'était prendre le contre-pied de ce qu'il eût fallu faire. Au lieu de se placer à la tête du mouvement, on se mettait à la suite; c'était aller en quelque sorte au-devant des dissidences et laisser le champ libre à toutes les prétentions. Il arriva, chose facile à prévoir, que la réunion de la gauche se trouva submergée par le flot des candidatures et qu'elle fut réduite à l'impuissance.
La réunion plénière de la gauche eut lieu chez M. Marie, le o mars. La discussion fut des plus confuses. On passa successivement en revue tous les noms sans parvenir à se mettre d'accord sur les deux candidats qui seraient présentés aux électeurs. Il était visible qu'on n'avait réclamé l'adjonction des députés des départements que pour rendre toute solution impossible. La réunion proclama elle-même son absence de résolution en votant Tordre du jour suivant :
« Les députés de l'opposition se sont réunis chez