‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 2)Chapitre 3 sur 72 · XIX. Lettre de Fénélon à Tabbé de Salians · texte numérisé non relu

XIX. Lettre de Fénélon à Tabbé de Salians

XX. Lettre de la maréchale de Noailles à Fénélon, 27 mai 171a 4^5

XXI. Réponse de Fénélon à la maréchale de Noailles, 7 juin 17 12 4^9

Pièges justificatives du livre quatrième. • • 4^^ Pièges JUSTIFICATIVES DU LIVRE CINQUIEME. • • 519

msTomE

Fénélo». Tom. m.

DE

r éNÉLON avoit été condamïié; Fënélon s^étoit . ^'

Disposi-

soumis ; TEglise avoit applaudi ; TEurope avoit iîods de la admiré; la vérité avoit triomphé dang le rae^r ^^"' envcn ment du Pape, et la vertu dans Tobéissance de Fénelon.

Dans Fespèee c^eùthousiàsme général qu exdta cet heureux dénouement june controverse trop vive et trop aninkée entre les deuît plus grands évêquesde FEglisô de France , peut-être se livra-t-on trop facilement à Tespérance de voit Fénélon rendu à la Cour, à ses fonctions, à son ancienne faveur. Cette illusion pourvoit être celle d^un grand nombre de pei^onnes portées à juger par sentiment et par cet amour vague de tout ce qui parott juste, noble et généreux ; mais elle ne pouvoit être partagée par ceux qui avoiènt une connoissanee plus approfondie de la Gour, des

passions et des intérêts qui y dominotçnt.

4 BISTOIRE DE FjfinéLOIfy

Nous l'avons déjà dit : Louis XIV avoit plutàt de Moiguemeut que du goût pour Fénélon 3 il pouvoit être satisfait de sa soumission ^ sans comprendre qu'elle pût exiger de grands efforts et de grands sacrifices. Ce prince avoit une conviction si profonde de Tobéissance due aux jugemens de l'Eglise en matière de doctrine, qu'il auroit été aussi étonné que révolté de la résistance de Fénélon ; sa docilité n'étoit à ses yeux qu'un simple devoir et un acte de justice ; elle ne pouvoit même effacer entièrement^ dans l'esprit d'un prince si délicat sur .la religion , le tort ou le malheur d'avoir professé une doctrine flétrie par un jugement solennel.

Madame de Maintenons étoit plus capable d'apprécier le mérite de la conduite et des sacrijfi.ces de Fénélon dans un genr^ si difficile; mais elle lui avoit fait trop de mal , elle avoit trop offensé fainitiépour se pardonner à elle-même les torts où sa foiblesse l'avoit entraînée. Fénélon auroit pu oublier qu'elle avoit manqué à la délicatesse; elle ne pouvoit l'oublier elle-même; et elle ne put consentir à revoir un ancien ami, dont les regards ou le silence auroient accusé .son caractère ou son cœur.

Bossuet ne pouvoit se dissimuler que sa Relation sur le quiétisme auroit pu compromettre la

LIVUE QUATaiàME. 5

réputation de Fénéloa dans les points les pins graves, si la réputation de Fénélon avoit pu jar mais être compromise dans un pareil genre. La religion et le temps pouvoient seuls guérir les plaies d'un cœur si profondément blessé.

Le cardinal de Noailles sa voit que Fénélon étoit en droit de lui. reprocher ses variations , et il lui étoit moins facile de les expliquer que d'éviter une explication. Il échappoitàla difficulté de just^er ses procédés^ en tenant toujours Fénélon éloigné de Versailles et de Paris. D'ailr leurs y sa famîUe redoutoit pour lui, auprès de madame de Maintendn, un homme tel que rai"chevéque de Cambrai : cependant , il auroit été assez porté à se rapprocher de Fénélon y si Fénélon eût paru faire les premiers pas ; il employa même, pour y parvenir, un moyen trop peu digne de son caractère, et plus propre à indiisposer Tarchevéque de Cambrai qu'à le ramener (0. <c II voulut insinuer à Fénélon que la » nécessité seule TavQÎt, malgré .son penchant M naturel , réduit à se déclarer contre lui : il s'é«

(*) Noos emprtantoiis ces detaib d^ane lettre Tatine mancis» crîfie de 170a , ^ nous parolt être de FabBé dé CHanterac au cardinal GaBrieC. « Sed qu6 plus înnocientî et afflicto antustiti » laos omnîam Bonorum impenditar, e6 plus exUrnnlatur ad* » versariorum îndîgnatib. Nunc Tero conantor ipsom» mod^K B tôt SNTiunAÎs fessam ad se traBere^modà inaiu <jaÂdkm pacûu

6 BISTOIRE DE FÉNÉLON^

j> toit méiûé fiàtté qne l'espoir de recouvrer ses iy hôhneui^s et ison ancienne faveur Tinviteroit à ^ recourir à son appui et à solliciter, pour ainsi » dii'e j son indulgence ; enfin, il voulut le lasser » par ces petites contradictions de détail, souvent 3^ plus pénibles et plus fatigantes qu'une perse- 3* ciition édatantè. Fénélon avbit fait élever à A ses fi^is, pendant tout l'e cours de ses études 9 théologitjuies , un écdésiastiqué de Paris qu'il » se jpropoâoit de plafcer à là tête du sémiÉraire de » Cambrai : le èardinal de Noailles refusia à cet » feccléisîàstique l'autorisation nécessaire - pour » se cbnsacrét* au dibcèse de Cambrai ; il avoit j> crû , )pÀt bette ih'ésurè a'sséz peu usitée entre » des prélats de ce i âng , obliger iFénélon à lui

» et iionoris spb lactare , ta jp^ipec^ iltbrtfm Jkekiî|iiîtàte om*^ ){ Aibiis pterfioasiiia éiie^s non nui ex iirgenti piecesut^t€ aspe^ » riùs egisse. Prœterea vellentiHipse autistes tandem ali^ando^ » qvkasi resipiscens, eorum patroçinium et aulicum favorem 3» capVare Vidèrétiir. Hmc D. card. Noalliùs non îtà pridem de- » tifê^fâVî^ ÎEÎbscedèndi ticentiam cuMam doctori SoirWÀico', «^quem arêfatbpiâèflg^itt nostar ( (îïimeracèiisiB ) suis somptibns ^

» per totum sMidiorum curriculum in Sorbonse exercitiis fove-

3» rat, et in regendo ciericorom seminario adjutorem accire

» voluit. Otiatur autem Parisiis doctor ille, qv^ Camjeraci per- » necessarins esset. Id autem, ex industrià factum putant, 3) scilicet ut archipraesal negatum doctori exitum a domina u cardinali petere cogeretur ». (Manuscrits. )

IiITRE QtTATRIEMS.

» écrire le premier pour lui demander l'agré*- » ment qail avoit ri^fusé; inah Pénélôn àithâ 3» mieux se priver des ulîltes services qu'il àvôîl h^ Qltèiiâus de cet ecclëiiàstiqiie , que dé jfkire 'i> u&é débiarche qui hù pàroissoit eticbré tnbîfi^ « convenable par la fbrme' thème qu'on em- » ployoil j>.

De loué les ^adversaires àe Fënëlon, i'éVéïqùë de Ché^ià'és ëloit peût-étré celui qui a'iiroit vu, avec lé moins de ^einë, son retenir à là Cour : il n'avèit ai l'ëtubitiôn dé là gloire , ni celle dés honliétik*s et des plkces. Siévèrèméïit attacha à tous aieë devers j tranquille sur Ik -maison de Saihl- Gy^ qu'il' àvôi% ^éàèrvéé ^ ik cfôètagibh dés BbnVtdôùtaV sÀtf^&it â'âvbir vu èoà ë^iiiiôti tor le livre des. Maximes confiri^ée par le jugement du ^aint Siège , U avoit qoQS^ryé de l'estime et de l'amitié pour Fenëlcinj â V^nlîroft sincèi^ënient sa jpilfté ; fl jyariil miSfaié 'd'àbbt*d cônsëhtfr à fifii'e les Jjrêiîàîèrs pas pour se réunir entièrement k ïui (ï; ; il lui fît exprimer de vive voix: $Of:^.vœu par jun ami pommun, qui ne négligea

iërâl ^miiîbâs hpttd t^geni '^ôM ^tBi', Vdirtié éf ttbùs âniÎÀtL

^etàt, Eo fih« Qttitis^ttè ^Mtttb Vîvi t^ë'e Hmil mteÀtaèam lHfI!^, pTiirïnià comAi^ïbr (îamiefàbëll&i ib éb iiégotïo pera-

Jb éif ÉLON avoit été condamûé: Fënélon s'étoit . ^•

Disposi-

soamis ; FEglise avoit applaudi ; TEurope avoit tions de la admiré ; la vérité avoit triomphé dang le luee.- ^®"' ^^"^^^^ ment an Pape, et la vertu dans Tobéissance de Fénélon.

Dans Fespèee d'enthousiasme général quexcîta cet heureux dénouement d'une controve'rse trop vive et trop aniniée entre les deux plus grands évêquesde FEglisô de France, peut-être se livra-t-oti trop facilement à Fespérance de voit Fénélon rendu à la Cour, à ses fonctions, à son ancienne faveur. Cette illusion pouvait être celle d'un grand nombre de personnes portées à juger par sentiment et par cet amour vague de tout ce qui parott juste , noble et généreux ; mais elle ne pouvoit être partagée par ceux qui avoient une connofssancie plus approfondie de là Gour, des passions et des intérêts qui y dominotent.

tO HI5T0IRC DE FÉNlÊLONy

» ponse. Fénélon étoit fonde à présumer qu'un » retour audsi affectueux de sa part rempliroit » rintehtidu de IMvêqué de Chartres; mais cfe n prélat tronva appareihinèiit cette repense uli » peu trop ^diiE», et il ne la jùgek pas ehtiët*é- 91» ment ôoafbnne aïit Vues qu'il s'ëtoit proposées. » Il laissa tomber éette nëgodàtioii ; et là lettre m qu'il avoit annoncée avec tant d'empressemfent w «t d'appareil à rarckevéque de Cambrai ne fut » point écrite» Fénéloh conjectura , avec qtielque

9 yraisëmbiance) que le vétitable bût de cette m démarcbe • in'av^it été que dé lui sùrpréiàtlre 9 quelques expiisssions que l'on p&t traduire » cotume un aveu de 6^s t<>Hs, et péut-ètfe n. lui fôire mendier le XïtiéXx d*tiii prélat tout » puissant p^ut obtëùk' ik>h rétablissement à la » Gôut* «^

Gepèhdkht, nous retrouvons avec plaisir dans là iuUfe, èhtrè l'évêqbé de Chârtréâ et Fénélon, qùel^tië^ ti'acés de lëun^ âàbièUnés Relations; et ces t^Aiblgnag^s d'èsUmé lîiitiiûellfe ^ufe leurs dîvîàiôhS înêmès ù'àvoieht jàiri^îô |)U altérer. La minute originale d'une letths de Fénélen & Hq prélat, tefl daté dd à abût i^oij., nôns àppréiiâ que 1 éVêqùè de Cliartres lui avoit demandé son opinion sur un ecclésiastique de s^n diocèse ; elle finit par ces expression^ qui dui^ent.sans doute

LIYRB QUATRIÈME. It

renouveler bien des regrets dans le cœur de ce prélat (0 : « Je ressens, comme je le dois , Mon- 31 sei{;neur^ là bonté 'àTec laquelle il vous a plu » de rappeler le toliVénird*une amitië intime de » plus de trente ànSi Dieu ^aittjue je n'ai jamais ^ ces^é de vdus hotîorer avec les sentim^is qui 3» vous sont dàs. Je le prié de vouis combler de » aea grâces- pour lé salut de TEglise ^ et de vous » consoler de la perte qu'on m'assure que vous » venez de faire de monsieur votre neveu. Vous » ne recevrez en tette occasion aucun conipli- » ment ausM vrai que le mien ; c'est du cœur le » pl«is sincère que je beraiâvec respect ^ le reste » de ma s?ié..v.. i»

On est toujours étonné de voir dès liommés^ tels que Bossûet et le cardinal de Noailles, qui avoiént été si long-temps à p6Héé* dé tonnbître toute TiéKvalîoit â*àine et de cal-actèté de Péné- Ion y et qui vî^oïent tout rëceàiïneht die le voir lutter ûVec line si noble fierté contre là faveur, se flatter de lé voir âéchir devant leur crédit ^ au txïoïûént )aïêù!it b& sa réputation àvôit reçu uh nouveau iMtrê par la 'gloire de ik défense etféclàt de sa so^tfiii^ibn.

Tous li^riiimstres, à ISeicei^tîàh clë M. de BeauvHliers, s'aient è^dàrés contre Tâï'clièVêqUfe dé

(*) Uamiscrits.

lA HIS.T0I11B DE FÉNÉLON,

Cambrai depuis qu'il étoit élc^gné de la Gour^ et ils avoient un grand intérêt à ne point laisser rapprocher de M. le duc de Bourgogne ^ un homme qui pouvoit se ressouvenir de leurs procédés.

Un événement imprévu vint au secours de tant de passions et d'intérêts divers ^ et dispensa pour toujours les ennemis et les rivaux de Fénélpn^ du soin pénible de veiller à sa perte : elle {)Â irré* vocablement prononcée dans le cœur et Fesprit de Louis XIV, par la publication du Télémaque» n. Tout le monde sait que Tinfidélité d'un dômes-

Du Télé"

mague. tique, que l'arche véque de Cambrai, àvoit chargé de tirer une copie de son manuscrit ^ fit cônnoître au public un ouvrage qui a valu , à son auteur, une. gloire qu'il n'avoH pas ambitionnée et des malheurs qu'il ne méritoit pas. Le copiste infidèle eut assez de goÀt pour apprécier les beautés d'un pareil ouvrage , et trop peu de délicatesse pour résister au désir d'en tirer avantage. Dès le mois . d'octobre 1698 {^)/il fit circuler avec beaucoup de mystère dans quelques sociétés , une copie du manuscrit de Fénélon, sans en faire connoitre l'auteur. Le charme du style , l'agrément des descriptions, et rintérêt que paroissoit promettre un ouvrage où la grâce s'unissoit à la sagesse et à la raison , suffisoient pour exciter la curiosité, et

(0 ManuBcrit de Ledieu.

pour en faire rechercher la lecture. Encouragé par ce succès , cet homme vendit son manuscrit à la Veuve de Claude Barbin , imprimeur au palais. On peut croire qu'il se donna bien de garde de lui révéler la manière dont il se Tétoit procuré, et de lui confier que l'archevêque de Cambrai en fât l'auteur* L'imprimeur se persuada sans doute que l'auteur, quel qu'il fût, n'avoit ni l'intention, ni l'ambition de se faire connoitre. Il demanda et obtint facilement , sous son propre nom , un pri-^ vilége , comme on étoit dans l'usage d'en accorder, sans beaucoup d'examen , à des imprimeurs connus, pour des ouvrages de littérature, qui n'offrent rien de contraire à la religion et aux bonnes mœurs. On commença donc à imprimer le Télémaque, sous le titre de : Suite du quatrième livre de l'Odyssée, ou les Aventures de Téléma" çue fils d'Ulysse; à Paris, chez la veuve de Claude Barbin, au palais, 1699 ; avec privilège du Roi, daté du 6 avril 1699. On étoit déjà arrivé à l'impression de la page ao8 du premier volume, lorsque la Cour fut instruite que le TéUmaque étoit de l'archevêque de Cambrai. C'étoit à l'époque oîi son livre des Maximes des Saints venoit d'être condamné parle pape Innocent XII, et oh l'on'apportoit une surveillance extrême à tous ses écrits et à toutes ses démarches. Les exemplaires

l4 HI&TOIEE DE FéNéLt)Ny

des feuilles déjà imprimées furent saisis^ les imprimeurs maltraités , et on usa, au nom de Louis XIV^ des mesures les plus sévères pour anéantir un ouvrage qui devoit ajouter tant de gloire au siècle de Louis XIV ; mais il n'étoit plus temps ; quelques exemplaires avoient échappé à la vigilance de la police. Cette édition, toute imparfaite qu eUe étoit , se répandit avec rapidité; excité par Fintérét , mais intimidé par la crainte du gouvernement, l'imprimeur vendit, sous le plus gi^and secret, quelques certes manuscrites de la partie de Fouvrage qui n avoit pas encore été imprimée; on se les communiquoit avec autant d'avidité que de mystère, et le mystère ajoutoit à la curiosité et à l'intérêt. « Ce fut sur 9 ujpie de ces copies qu'Adrien Moëtjens, libraire » à la Hajre , fit imprimer, pour la première foîs^ 1» «avec tout^ la précipitation imaginable, la tota^ » lité de l'ouvrage, au mois de juin 1699 : il n'a- » voit d'abqrd publié que ce qui avoit paru en » Ffaufse \ insds il fit paroitre ^ peu de temps » apr^ , Foqvrage en quatre volumes ; à peine » les presses , disent les rédacteurs de la BiUio* ^ ihhf 14e britannique {^) ^ pouvoient sufiire à la eu* » rÎQSîté du public ; ei qupique ces éditions fussent 9 pleines de fautes, à travers toutes ces tachas , il

(0 Année 1743*

LITHE QUi.T]»1£ME« i l5

» tftoit facile d'y reconnoître un grand mattiie; 1» ce fut le jugenient qu'en portèrent Bernard (<X o et Beauval (^) , les deux plus fameux critiques » qui existoient aloi*s dans les paya étrangers (^} »• filais le suqcès prodigieux du Télèmaque, en France et en Europe , fut ce qui contribua le plus à aigrir Louis XIV contre son auteur 2 db s'étoit empressé de lui dénoncer cet ouvrage comme la satire la plus éclatante de se$ principes de gouvernement et des év^nemei^ ^ ^n règi)ç» On s'étoit étudié à cheiiclier, dans 1^ conduite

0) 7acc[ae8 Bernard, ministre prptestant, i;é à Njoi^ ei| Danphiné, en i658 , mort en 1 7 1 9 ; il a -continae les NouveUes de la JUpul^Ii^ue det LeOres, de Bajle , depuis i^io jnsqu'^à

{*) Henri Ba4nage.de Beauval» né en ijSI^, «i9r^ ep 1710, auteur du jouroal intitulé : IfUtoicç des p^yrft^es à^, s^ymn^*

(3) j)ès la m^i^e ann^ée do 1699, on vit p^roh^re ups é^^çn du Tdémaque^ impriméç à Bruxelles chez Fran^oij^ J^op^eus , en deux volumes in-i^, sous le titre dC Aventures de Télémague , fils ^Uiysse. On iij trouve pas le nom de rarchevêque de G^mi|r«j mais i'imprmienr eut soin de Pindiifaev assez okdM-^ mentdans; ^ 4i^ mv %^^«rï. W atmte égftkiAeiiV ^e^p^f d'avidité avec lacR^Uc oi( ç'^çractioii^ le ^éiinuvfW dfU^f \^ pajs étrangers comme en France. G^st dans cette é4ition que ron trouve pour la première fois le Tétémaque divisé en dix kPi^f Avec nn sommaire à la tôle de chaque livre. Ce Ait Finnprimeur qui imagina cette division pour reposer le lecteur, comme il le dit lui-même dans YaveriissemeaL

l6 HISTOIRlS DE nÊKÉLONy

et le caractère des personnages de ce poème, ded allusions piquantes à la Cour et aux ministres de Louis XIV : et si l'on en croit M.- de Saint-^ Simon (0, « le maréchal de NoaiUes» qui ne a» vouloit rien moins que toutes les places du D duc de Beauvilliers , disoit au Roi et à qui von^ » loit l'entendre , qu'il falloit être ennemi de sa » personne pour avoir composé le Télérnaque »«

Fénélon, rassuré par le témoignage de sa cou* science, avoit dédaigné de se justifier contre des imputations auxquelles" il se croyoit supérieur. Il avoit affecté de se renfermer dans le silence le plus absolu, depuis la fatale célébrité d un ouvrage dont ses ennemis avoient su se prévaloir avec autant de perfidie que d'habileté.

On ignoroit encore dans le public que Fénélon avoit composé Télémaque sous les yeux, pour ainsi dire, de Louis XIV, et au sein de cette Cour où tout lui retraçoit les bontés de ce prince, où il ne voyoit encore autour de lut que des amis et des admirateurs, et dans un temps où le pré-^ sent et l'avenir ne lui ofiroient que des images de bonheur et des espérances de gloire.

Le silence si noble et si fier de Fénélon n'étonnoit pas ses amis ; mais des courtisans ne pou-

<*) Toycz ses Mémoires;

voient

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