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M. de Ramsai a publié un grand nombre d'ouvrages politiques, parmi lesquels il en est on bien remarquable, intitulé : Essai sur le Gouvernement cwiL Cet ouvrage n'est que le développement des conversations qu'eut Fénélon avec le prétendant fils de Jacques II, pendant le séjour que ce prince fit à Cambrai dans le coturs de la guerre de la succession. On y reconnoit en effet toutes les maximes de Fénélon sur la politique et
DU LIVRE QITATRIÊME. Sl'J
6Ut la lÎK^rale appliquée à la politique. Quoiqu'on coa* sidère dans cet écrit ^ d'une miuiière plus particulière , le gouvernement anglais , parce qu'il s'adressoit à un prince qui avoit d^s prétentions à la couronne d'Angle* terre y cependant on y discute et on. y développa toutes les questions politiques qui ont mpport aux différentes formes de gouvernement. Il çst difficile de réunir, sur un pareil sujet, des idées plus justes ei plus saines; de les présenter sous uneibrme plus daire et plus à la portée de tous les esprits raisonnables; et de les discuter avec une impartialité plus exempte de prévention ou d'enthousiasme. Les événemens dont nous avons été témoins rendent cet ouvrage encore plus précieux ; il semble qu'il ait été. écrit au commencement du dix-huitième siècle , comme un livre prophé-^ tique des grandes catastrophes, qui en ont marqué la fin, et comme une instruction offerte à notre généra-» tion pour détourner les malheurs dont elle étoit menacée; mais cette leçon a été perdue comme tant d'au* très. En vain on a voulu avertir (0 cette multitude aveugle qui couroit à sa perte , en lui. rappelant les grandes vérités que Bossuet et Fénélon avoient laissées
(0 Un homme aussi recommandable par ses vertus que par ses luniiéres, fit imprimer en 1791, dans un seul yolame, les /'ri/icipes de Bossuet et de Fénélon sur la souveraineté, extraits de leurs écrits. Il est trés-vraisemblable que la plupart de ceux qui donnoient alors des lois à la France, ignoroient et ignorent peut-être encore que Bossuet et Fénélon ont traité toutes ces questions politiques avec la supériorité de génie et de talent qui les caractérise chacun dans leur genre.
5 18 PIÈCES lUSTIFICÂT. DU LIV. QUÂTIllEME.
pour héritage à leur patrie et à leurs neveux. Les leçons les plus sages^ les remèdes les plus salutaires se sont tournés en amertume et en poison pour des hommes présomptueux qui se croyoient bien supérieurs à Bossuet et à Fénëlon. Ces insensés étoient même assez ignorans du passé et de l'avenir, pour ne pas se douter que les folles conceptions , qu'ils croyoient avoir imaginées , n'étoient qu'une servile imitation des maximes incendiaires dont les novateurs du seizième siècle s'étoient servis pour bouleverser l'Europe. Après avoir parcouru le cercle de toutes les calamités, de toutes les injustices et de toutes les extravagances qui peuvent tourmenter et humilier un grand peuple , il a fallu en revenir au point d'où l'on étoit parti; et pour que rien ne manquât à cette mémorable leçon, on a vu les mêmes hommes adorewce qu'ils avoierU brûlé, et hrû" 1er ce quils avaient adorém
Mais, dans quelques-uns de ses écrits politiques, M. de Ramsai paroît s'être abandonné à sa seule imagination , quoique , pour leur donner plus de confiance et d'autorité^ il donne souvent ses idées particulières comme celles de FénéUn. Cette observation étoit nécessaire pour prévenir l'abus qu'on pourroit en faire , en attribuant à Fénélon ce qui n'appartient qu'à M. de Ramsai, ^
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Nous éviterons de nous étendre sur des questions et sur des ëyënemens connus de tous les lecteurs fami* liarises avec l'histoire ecclésiastique du dix-septième siècle y ou qu'il seroit inutile de faire connoitre au plus grand nombre de nos contemporains, qui n'y trouveroient ni un motif d'intérêt ni un objet d'instruction; nous nous renfermerons dans un exposé très -précis des faits principaux qui ont précédé l'époque à laquelle Fénélon fut obligé, par le devoir de son ministère^ d'élever la voix pour l'instruction de son peuple et l'édification de l'Eglise.
Il eût été sans doute à souhaiter que toutes les écoles de théologie se fussent renfermées dans les bornes que le concile de Trente avoit posées entre les erreurs de Luther et de Calvin qu'il venoit de proscrire , et celles de Pelage que l'Eglise avoit condamnées dans le cinquième et le sixième siècles.
En suivant une méthode aussi convenable aux bornes de notre intelligence , le-concile avoit pensé qu'il étoit inutile et téméraire de prononcer sur des questions dont Dieu i]i'avoit pas jugé la connoissance nécessaire au
5aO PIÈCES JUSTIFICATIVES
salut des hommes , puisqu'il ne les avoit pas révëlëes d'une manière plus expresse et plus formelle.
II est âifficile de rien dire de plus exact et de plus judicieux que ce qu'ëcrivoit un des évéques les plus distingués de l'Eglise de France (0 , à l'occasion même des controverses dont nous avons à rendre compte.
« Je crois que la grâce de Jésus-Christ (>) nous est 1» nécessaire pour toutes les actions de piété et des ver- V tujs chrétiennes : je orois qu'il la faut demander à » Dieu.
» Je crois que tous les commandemens de Dieu nous » sont possibles avec la grâce , et que sans elle nous ne 9 pouvons rien de bien, ni persévérer dans le bien 1» sans un secours spécial.
n Je crois que cette grâce prévient et aide notre voi> lonté ; que nous devons notre salut à Dieu ^ que nos TU chutes nous doivent être imputées.
» Je crois que la grâce fortifie notre libre arbitre et )> ne le détruit pas.
» Je crois que notre hbre arbitre , en coopérant à la » grâce, ne doit pas se glorifier, mais se tenir dans » l'humiliation , reconnoissant son impuissance s'il étoit » abandonné â lui-même.
)> Hors ces vérités , j'avoue mon ignorance sur cette m matière 5 et quand on demandera comment la grâce
(>) Gilbert de Choiseul, frère du mwréchal Duplessis^Praslin, nommé à Tévâché de €omminges en i644) transféré à celui do ^ Tournai en 167T, mort à Paris en 1689, âgé de 76 ans.
(*) Lettre de M. Févéque de Comminges. HisL eccL de DupiUj, dix-^septiëme siècle.
« BU LIVAE CISQU.1ÈME. : 5^1.
» est alliée avec notre liberté? conuaent Dieu agit en » nous et avec nous? pourquoi il tire les uns de la 1» massé de perdition et y. laisse les autres? pourquoi » les uns persévèrent^ et les autres non? j'avouerai » franchement que je ne le sais pas; je crois mémo que » personne ne le sait , et que ces mystères sont incon- » nus de tous les hommes; mais notre orgueil est si » grand , que nous ne saurions avouer que nous igno- » rons les choses mêmes dont Dieu s*est voulu réserver » à lui seul la connoissance. Humilions-nous en recon« » noissant Timpénétrabilité de ses secrets et de ses ju-* » gemens »•
Quelques théologiens ne surent pas malheureuse^ ment se prescrire à eux*m4mes ces règles de modestie et de circonspection , qae le véritable esprit de la re* ligion et le simple bon sens auroient dû leur dicter*
Michel Baïus, professeur en l'université de Lou^ vain, hasarda^ sur les matières de la grl^e^ des asser-» tions qui ouvrirent un vaste champ de coat^stations, Soii^ante-dix«neuf propositions , extraites de seit thèses, furent déférées à Rome : elles furent condamnées par Pie y en 1667, et par Grégoire XIII en 1579. Baïus se rétracta; ses disciples; moins dociles que lui 9 ten^p tèrent d'éluder ce jugement par des subtilités sur la position d'une virgule.
Le jésuite Molina imagina, en iSgS, un système' dans lequel il prétendoit concilier Texerdce de la lii berté de l'homme avec l'action de la grâce divine* Les dominicains espagnols s'élevèrent ave%|Chaleur contre sa doctrine; la cause fut évoquée à Rome.
5à2 PIECES XtrSTIFICÀTITES «
Après deux cents conférences (0 , dont quatre-vingtcinq s'étoient tenues en présence de Qément YIII et de Paul y y la question parut plus embrouillée que jamais ; Paul V ne voulut rien décider ni rien con«damner; il se réserva de prononcer un jugement lorsqu'il le jugeroit convenable.
n étoft peu vraisemblable, qu'après dix années entières consacrées à ces discussions, en présence de ce que FEglisa romaine avoit de plus éclairé et de plus recommandable, des théologiens particuliers fussent plus heureux pour rencontrer la lumière et la vérité. Cependant le célèbre Jansénius, évéque d'Ypres^ crut avoir trouvé ce qu'on .chercfaoit inutilement depuis tant de siècles; il consuma vingt-deux ans à composer un énorme ouvrage, dont on a plus parlé qu'il n'a été lu.
Selon toutes les apparences , le livre et la doctrine de Jansénius n'auroient point franchi l'enceinte des écoles de Louvain^ si l'abbé de Saint-Gyran ne lui eût prêté l'appui d'un parti qui commençoit à se montrer sous des caractères assez imposans. Il étoit l'ami et le compagnon d'études de Jansénius ; il avoit disposé, depuis long^temps , les solitaires et les religieuses de Port-R«yal^ dont il étoit le directeur et l'orade, à accueillir cet ouvrage attendu avec tant d'iiupatience, comïne la révélation des mystères les plus obscurs et les plus profonds de la grâce.
Le liyre de Jansénius. fit en effet très -peu de bruit en. FrsLaçf lorsqu'il parut. Le cardinal de Richelieu
(0 Congrégation de Auxiliis»
DU LIVILE CINQUIÈME. 5^3
viyoit encore. Ce formidable ministre àurôit bientôt pris les moyens les plus courts et les plus décisif^ pour imposer silence. On se borna à vanter en secret le mérite dé Fauteur et de l'ouvrage^ mais à peine Icf cardinal de Richelieu fut-il mort , le 4 décembre 164^^ que l'abbé de Saint-Gyran obtint sa liberté; et quoiqu'il ait peu survécu à ce ministre (0 , il eut le temps délaisser, dans le cœur et l'esprit de ses amis, un profond attachement pour la doctrine de l'évéque d' Ypres. n s'étoit préparé, dans la personne du docteur Amauld, un successeur encore plus capable que lui d'être chef de secte. Amauld, quoique bien jeune encore , «annonçoit déjà les plus grands talens , un caractère fort et indomptable , et un désintéressement auquel des mœurs austères ajoutoient un grand édat.
Ce ne fut qu'en i644 que les partisans et les adversaires de Jansénius comm encèrent à mettre en France les esprits en mouvement; c'étoit, pour ainsi dire, le premier essai qu'ils faisoient de leur liberté, après avoir été si long-temps comprimés sous la maiu de fer du cardinal de Richelieu.
Cependant, les actes d'hostilités entre les théolo* giensse bornèrent, jusqu'en 1649, ^ ^^^ guerre d'écrits qu'on admiroit ou qu'on censuroit, selon les opinions et les préventions que l'on avoit adoptées; mais les troubles de la fron de , qui avoient éclaté dès la fin de 1648, répandirent, dans toutes les parties de
(i) L^abbé de Saint-Cyran mourut le 1 1 octobre i643* ^ean d« Verger ou du Yergier de Bauranne, abbé de Saint-Cyran, étoit né à Bayouue en i58i.
5ï4 PIÈCES IDITJFICITIVBS
l'Eut, un esprit d'anardûe qni se propagea jasqns sur les bancs de l'école.
Le syn^c (0 de la facotté de ibéologie de Farts se plaigDÛ à sa compagnie, le lo" juillet 1649, des dispates scandaleuses qu'on v.oyoit i'&enei jonmellement dans son sein, par la téméritë avec laquelle les jeunes candidats s'étoient établis les apôtres d'une doctrine au moins su^ecte, puisque l'Eglise avoit déji condamné le livre qui la reuGermoit (>). Ce syndic s'étoit profondément pénétré de la doctrine du livre de Jan» scnius; ei il étoit parrean, par un effort d'esprit et d'attention très-remarquable, à réduire cet éaoma volame à cinq propositions très-orartes et très-claires, qui exprimoieut en peu de mots tout ce qne JaDséniut avoit répanda dans son volamineox ouvrage, .
Cest le jugement qu'en portoit Bossuel , dont personne sans doute ne contestera l'autorité dans une question de théologie. Bossuet ne se contentmt pas de dire que les cinq propositions étràept contenues dans VAugustinàe Jausénius, et qu'elles ont un rapport essentiel à sa doctrine;. il prétendoit ^le ce livre entier n'insinuqjt et ne ptouvoit antre chose que les cinq propositions. Il alloit même encore plus loin : il pensoit et il avoit dit en pleine chaire , o que les dnq » propositions étoient tout le livre de Jansénius ■».
Bossuet n'a jamais varié dans son opinion sur cette question. Il écrivoit au maréchal de Bellefond, le
(0 NicoUs Comet.
(•: Le paps Urbain Vlll avoit coudunné Le livre de Jansénûu par une bulle du 6 mars 164 >■
Dtr LIVAE CINQUIEME. S^S
3o septembre 1677 : « Je crois que les cinq proposi- » lions sont véritablement dans Jansénius et qu'elles 9 sont Tame de son livre. Tout ce qu'on a dit , au con* 1» traire , me paroit une pure chicane et une chose in-^ ^ ventée pour éluder le jugement de l'Eglise ».
La faculté de théologie de Paris ne put prononcei* aucune décision sur la réquisition du syndic; elle fut^ arrêtée par un appel comme d'abus , interjeté au parlement de Paris par les partisans de Jansénius : on s'étonna avec raison de voir des ecclésiastiques , qui affectoient une grande sévérité de principes, et qui parloient sans cesse de la restauration de l'antique dis-" cipline de l'Eglise , traduire devant un tribunal laïque une question purement doctrinale.
Mais les évéques dé France , alarmés des troubles et des divisions qu'on eherchoit à élever dans leurs diocèses , par des controversés que la sagesse du saint Siège avoit voulu prévenir et étouffer, prirent le parti de s'adresser au Pape. Quatre-vingt-cinq évéques, auxquels trois autres se joignirent dans la suite, écrivirent à Innocent X, en'iôSo; ils avoient joint à leur lettre les cinq propositions dénoncées à la faculté de théologie de Paris, et ils demandoient au Pape de vouloir bien porter son jugement sur chacune d'elles* Onze autres évéques , qui ne partageoient pas l'opinion de leurs confrères, écrivirent également au Pape pour le supplier de ne porter aucun jugement.
Innocent X (0 établit , le 12 avril i65i, une con* (0 Jean-Baptifite Pamphili succéda à Urbain YIII le 4 <sep«>
grëgation extraordinaire; après un examen de plus de deux ans, après une multitude de mémoires et de conférences, dans lesquels les députés des deux partis furent entendus devant le Pape et les . cardinaux ^ après avoir confronté les cinq propositions avec le livre de Jansénius, dont elles exprimoient la doctrine. Innocent X prononça un jugement définitif, par une bulle datée du 3i mai i653, qui dédaroit les cinq propositions hérétiques.
Cette bulle fut reçue en France, acceptée par rassemblée du clergé, et revêtue de lettres - patentes. Elle fut également acceptée par la faculté de théologie de Paris , et celle de Loùvain où la controverse avoit commencé.
On pouvoit espérer qu'une décision aussi précise et aussi , régulière ne laisseroit plus aucun prétexte ou aucun objet de division.
Cependant le contraire arriva ; mais on a peine à concevoir comment un homme du mérite d'Arnauld, et profondément versé dans la science ecclésiastique^ put se faire illusion jusqu'au point de cherdier à éluder l'autorité de la bulle d'Innocent X, par une distinction qui s'accordoit peu avec les maximes de ia •sincérité chrétienne. Forcé de reconnoitre que les cinq propositions, frappées de censure par la bulle d'Innocent X, étoient justement condamnées, il prétendit qu'elles n'avoient aucun rapport à la doctrine du livre de Jansénius.
tembre i644> ^ l'^8^ de 7a aoiB, mourut le 6 janvier i655» âgé de -â) âQ9.
DU LIVRE CIlïQUIÈME. 02^]
Cette distinction ou plutôt cette fiction blessoit évi« demment la vérité; et cet exemple, ajouté à tant d'autres^ ne fait que prouver qu'aussitôt qu'on a le xnalheur d'être livré à l'esprit de parti, toutes les vertus, tous les talens, toutes les connoissances ne peuvent jamais préserver les hommes les plus supérieurs du danger d'être en contradiction avec la bonne foi, avec eux-mêmes et avec les autres. . Le cardinal Mazarin , qui n'apportoit à cette affaire aucun intérêt politique ni aucun esprit de secte, mais qui désiroit, en ministre sage et éclairé, d'écarter jusqu'au plus léger prétexte de dispute et de division, assembla les évêques au nombre de trente -huit, en 16549 et les invita à examiner de bonne foi sur quoi pouvoit être fondée la difficulté inattendue qu'on ve-» noit d'élever pour éluder le jugement d'Innocent X^
Le résultat de cette assemblée, adopté unanimenient par tous les évêques et même par ceux d'entr'eux qui s'étoient d'abord montrés favorables aux disciples de Jansénius, fut de déclarer, par voie de jugement, a que la bulle d'Innocent X avoit cons> damné les cinq propositions comme étant de Jansé-* » nius et au sens de Jansénius »•
Innocent X approuva la décision des évêques de France, par un bref du ag septembre i654, dans lequel il déclare textuellement « qu'il a condamné, dans » les cinq propositions , la doctrine de Cornélius Jan- » sénius, contenue dans son livre (0 ».
(0 Nous ferons remarquer à ce sujet une erreur assez singulière de la plupart des gens du inonde, qui yeulent avoir une
Sl8 VlèCES JUSTIFICATIVES
Alexandre VU (0^ successeur d'Innocent X, renouvela et confirma, par sa bulle du i6 octobre i656y le jugement de son prédécesseur : il déclaroit dans cette bulle y « qu'ayant assisté , comme cardinal , à toutes les 9 congrégations qui avoient eu lieu sous Innocent X , p pour l'examen des cinq propositions , il attestoit t6 qu'elles étoient tirées du livre de Jansénius, et » qu'elles avoient été condamnées dans le sens auquel » cet auteur les avoit expliquées ».
Appuyés sur une décision aussi précise , les évoques
opinion sur ces sortes de questions, sans prendre la peine de les examiner. Us sont sérieusement convaincus qv^û s^agissoit uniquement dans cette dispute , de savoir si les cinq propositions étoient ou n^étoient pas mot d mot dans le livre . de Jansënius. Frappés de cette grande découverte ^ ils s^écrient gravcf^ ment^tt'ii suffuoit des yeux pour décider une pareille question» Cette erreur a été surtout accréditée par quelques gens de lettres du dix^huitiérae siéde , qui ont trouvé beaucoup plus court d^é* crire Thistoire en style d*épigrammes, que d^acquérir toutes les connoissances nécessaires pour Técrire avec la gravité et la di* gnité qui conviennent à Thistoire. La vérité est que personne n^a jamais prétendu que les cinq propositions fussent textuelle* ment dans le livre de Jansénius , à Fexception de la première , qui 8*y lit en effet mot à mot. La seule question agitée,, étoit de savoir si ces cinq propositions n*étoient pas le précis exact de toute la doctrine renfermée dans ce livre. On a rapporté la manière énergique dont Bossuet s'est exprimé à ce sujet j et on conviendra qu^une autorité telle que celle de Bossuet, doit au moins être aussi imposante pour les gens du monde y qu^elIe ea% recommandable dans FEglise.
(>) Fabio Chigi, né à Sienne le 16 février iSgQ, élu pape le 7 avril i655, mort le 2a mai 1667, à l'âge de 68 ans.
de
DU LIVRE GIlîQUièKE. 52Q
de l'assemblée de 1667 prescrivirent un formulaire qui obligeoit tous les ecclésiastiques a à condamner » de cœur et de bouche la doctrine des cinq propoi> sitions contenues dans le Uvre de Jansénius ».
Où ne pouvoit donc plus contester que les cinq propositions n'eussent été justement condamnées , et qu'elles ti'eussent été condamnées comme le précis de la doctrine de Jansénius. Il semble qu'avec un peu de bonne foi on pouvoit y avec une entière sécurité de conscience 9 se soumettre à des déclarations . si formelles, émanées du saint Siégé et acceptées par le liorps des évéques.
Mais l'esprit de secte est toujours inépuisable dans ses subtilités. L'école de Port-Royal établit tout-à-^oup en maxime, « qu'on ne devoit, à ces décisions de Ts> l'Eglise, qu'une soumission de respect et de silence ^ r» sans être obligé d'y donner aucune croyance inté- » rieure ».
Le formulaire prescrit par les assemblées de i656 et de i65'7 ^^ ^^' P^s généralement adopté dans tous les diocèses de France. On contesta , à de simples assetn» blées du clergé, le droit canonique de prescrire des formulaires de doctrine qui pussent obliger tout le corps des évéques. *
Pour écarter ce prétexte plus ou moins spécieux ^ le Roi et les évéques réunirent leurs instances auprès du Pape, et lui demandèrent de prescrire luirméme, par une bulle solennelle , un formulaire qui pût être admis en France comme une règle uniforme de croyance et de discipline sur les points contestés. Alexandre Y II FÉifÉLON. Tom, III. 34
53o PIÈCES JUSÏlFlCATIVfig
se rendit à leurs voax , rédigea ui| formulaire tcès-^ peu différent de celui des évéques de France, et ordonna, par sa bulle 4m. 1 5 février i66S, qu'il seroit souscrit, aous les p^i^^s canoniques, par tous les archevêques, évéques, ecclésiastiques séculiers et réguliers, et même, p^r les religieuses et les instituteurs de la jeunes9e« Cette l^ljie du Pape fut rev^^ue de lettres -patentes, ^(ur^gi^tiiées au Parlement en présence du Roi, le ^9 avril i!S65, La 4/éclaration du Roi ajoutoit m/âme à la buU^ dil Pape, des dj^psitjon^ qu'il n'appartenoit en ^tlei qu'à \aL puissanice civile de prononcer.
L'événement prouva qu'en se refilant , ^vs ^prétexto dlinoompétemi^e, ai|i i^rmul^ire prescrit par les assemblées, du clecgé y. op n'a^voi^ pa^ été arrêté par un simple défaut de forme. La buJJe d'Alexandre VU émanoit d'ime aujboriié- très- compétente; eUe s^voit été demandée par le Roi et l'Eglise de France; elle étoit revêtue de toutes les formes prescrites, par nos lois et nos usages^ et cependant les disciples de Jansénius continuèrent à se retrandier dans le système de leur silence respeçtiieu^*
Ce fut à l'occasÎQA du, formulaire prescrit par les assemblées de 1667 et 166 1, que les religieuses de Port-> Koyal se signalèrent par upe résistance aussi déplacée dans des personnes de leur sexe et.de leur état, que contraire à leur vo^u- d'obéissanpe. Si un pareil vœu a quelque signification, ce. doit être san)» doute à l'égard des supérieurs ecclésiastiques , dans une question de doctrine décidée par un jiigeme^t solennel du chef
DU LIVRE CINQUIEME. 53l
de l'Eglise, acceptëe par le corps des évéques et munie du sceau de l'autorij^ royale. Ces religieuses ëtoieot certainement respectables par beaiipoup de vertus } Pliais o^ cqnviendra qu'elles mapquoient de. la prepiiière verfu de leur ^tat, de cet esprit de sou* mission et de simplicité qui étoit leiir prepuer enga? gement y et la condition foria^Ue de l'approbation que l'£glise avoit donnée k leur ipstitut. ladépeadamn^ent <^U ridicule qu'offre la seule ^d^e de vpir des religieuses se prétendre plus instruites d'^iii^ question de théor logie, que le Fape, les éyéqvies et \ps facultés de théologie, o^ sent assez qu'une pareille prétention étoit un «cte véritablement spai)4f(lei;x d^W l'ordte de la religion. '
Si l'on demande poHrquoi on exigea de ces ^ligieuses leur souscription à i^n forqiiuls^^re dp doctrine y la réponse sera facile : il étoit 4^ notoriété publique que la maison de Port-Roy^l étoit gouvernée parles partisans les plus d^'cls^i*^ des opinions condamnées; qu'elles étoient justement soupçpnnéeç de partager les sentie mens de leurs directeurs ; et rien ne justifie mieux la demande qu'on leur fit^ que le refu$ pbstiné qu'elles y apposèrent.
M. de Péréfi^ce (0 , archevêque de Paris y épuisa eu
(<) Hardooin de Péréfixc de Beaumont fut d'abord camerier d\L cardinal de I^ichelieu, précepteur de Louis XIV en i644y nommé à Févêché de l^odet en 16481 |i }'arc)iev^bé de Paris le 3o juillet 1662, mort le i.**^ janvier 1671, âgé de 65 ai^s. Il est autem* d'une Histoire de Henri IV, justement estimée, qu'il avoit composée pgur Finstruction de Louis ^lY^ et qu'il lui avoit dédiée.
53a PIECES JUSTIFICATIVES
rain tous les moyens de douceur , de condescendance et de discussion pour obtenir d'elles , par la raison et là persuasion, ce qu'elles refusoient à rautorité; enfin, M. de Pérëfixe porta l'indulgence et la bonté jusqu'à engager Bossuet à conférer avec elles , à écouter leurs objections, à résoudre leurs doutes , à combattre leurs scrupules, à leur expliquer la nature de la soumission qu'on leur demandoit. Bossuet n'étoit pas encore évéque , mais il jouissoit déjà de la plus grande consi* dération; il ne pouvoit être suspect aux religieuses de Port-Royal ; il n'àvoit aucune liaison avec les Jésuites , qu'on leur avoit peints sous les traits les plu« odieux ; il n'avoit pris aucune part aux affaires du jansénisme. Nous avons la lettre qu'il écrivit à ces religieuses; cette lettre ^eule, qui est im chef-d'oeuvre de logique, de précision et de dartë-, réunit , en quelque) pages , tout ce qui a jamais été dit ou écrit de plus décisif en des milliers de volumes, sur la question du silence respec* tueux. £Ue a répondu d'avance à tout ce que l'ignorance ou l'esprit de parti ont reproduit sous la plume de quelques écrivains de nos jours, qui ne paroissent seulement pas avoir su de quoi il étoit question.
Mais ce qu'on a peine à se persuader , c'est que les^ religieuses de Port-Royal se crurent plus habiles théologiennes que Bossuet : cette admirable lettre, qui détruisoit avec tant de force et de clarté tous les sophisme^ dont on avoit nourri ces imaginations malades , ne put les ramener à des idées et à une conduite plus raison«> nable. Tel fut l'ascendant tle leurs directeurs sur leurs opinions et sur leur conscience, qu'elles préférèrent
DIT tIVRE CINQUIEME. 533
de renoncer k l'usage des saci'eiaens , plutôt que de convenir , sur le témoignage de toute fEglise^ .qu'un évéque avoit hasardé y même involontairement , des erreurs dans un livre qu'elles ne connoissoient pas. Un pareil entêtement donnoit bien, à M. dePéréixe, le droit de dire que les religieuses de Port-Roy ai étoient pures comme des anges, et orgueilleuses comme des. démons, «
La déclaration du Roi , du 99 avril i665 y qui près-* cri voit l'exécution de la bulle d'Alexandre YII, du i5 février delà même année y imposoit à tous les évé^ ques l'obligation de souscrire et de faire souscrire le formulaire.
Les seuls évéques d'Âleth (0> de Pamiers (>), de Beauvais C^) et d'Angers (4) entreprirent de renouveler , dans l'acte même de leur souscription , la distinc-» tion du /ait et du droit que le Pape venait de condamner si formellement par une buUè revêtue ^ de la sanction royale. On a mênae peine à concevoir comment ces prélats pouvoient imaginer de faire revivre un^ distinction absolument incompatible avec l'acceptation
(0 17100108 Pavillon, né à Paris le 1 1 novembre 1597, i^ommé à révéohé d'Aleth en 1637, mourot k 8 décembre 1677, âgé de plus de 80 ans.
(>) François-Etienne de jCiauIet, né à Toulouse en 16x0, nompaç k Févéché de Pamiers en i645, mourut le 7 aoû| 1680, dans sa 71." année»
(3) lïicolas Cboart de Buzenyal, né en 161 1, nommé à Févéché de Beanvais en i65o, mourut le ai juillet 1679, âgé de 68 ans.
(4) Henri Amauld , nommé à Févéché d'Angers en 1649» mourut le 8 juin 1693 j il étoit né en 1597.
claire et manifeste du formulaire qii*ils consentoieât à souscrire. Quoi qu'il en soit , ils firent des ihandeinens uniformes y où ils établirent que l'Eglise est à la vérité infaillible , lorsqu'elle prononce que telle ou telle pro-i position est hérétique , tnais qu'elle peut se tromper lorsqu'elle prononce qu'un livre est hérétîqiife; qu'on ne doit alors à ses jugemens qu'i//i silence rièspe'ctueux^ et non une véritable croyance.
Cependant Louis XIV, choqué d'une contravention aussi manifeste et aussi éclatante à la bulle qu'il a voit demandée lui-même au saint Siège , et à la déclaration qu'il avoit fait enregistt'ér daus tous les tribunaux , résolut de faire mettre à exécution les dispositions de la bulle et celles de sa propre déclaration. Il demanda au Pape de ilommer douze évéques comniissaires pour faire le procès des quatre évéques réfractaires. Il s'éleva des difficultés eUtrtô la Cour àe Frai^ce et celle dé Rome, au sujet du iioihbre des c^ôttimissairés ^ et ces difficulté tratUèfent la négociation eu longueur pendant plusieurs années,.
Dans cet intervalle, un très-grand nombre d^évéqttes, parmi lesquels on en distinguoît plusieurs aussi recommaudables par leurs vertus que par leurs lumières , virent avec peine s'établir une forme de procédure qui tendoit à aUéantib les ihaxiuies les plus chères à la France, sur la forme canonique du jugement des évéques. Il faut même convenir que le plan adopté par le gouvernement étoit en contradiction avec les principes que nos tribunaux ont toujours proclamés , et avec les délibérations encore récentes du dergé dp France dans
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l'assemblée de i65o. Il eist donc vraisemblable que, dès le moment ou les commissaires nommés par le Pape et agréés par le Roi se Beroient disposés à procéder comme juges , l^éur ministère auroit été traversé par des difficultés et des oppositions insurmontables. Plusieurs évét[ues , nommés par le Pape , s'étoient déjà refusés à accepter cette commission, par le souvenir encore si récent des engageinens qae l'assemblée de i65o avoit pris au nôâi de tout le cx>rps épiscôpttL
Indépendamment d'une coinsidération si puissante^ la haute piété dodt les ^tintre ^éques réfractaires faisoient profession, et l'édifiaiite régularité de lentes mœurs leur concâioient ^ce sentiment d'intérêt et de bienveillance dont on ne peut jamais se défendre pour des homâies vertueux , lors méine qu'on est fondé à leur reprocbèr un excès de prétention ou d'«ntét6meht.
Alexandre VU venoit de mourir : Qément IX (0 lui avoit succédé; et le nonce Bangellini, récemment arrivé en France , effirayé des contradictions qui paroissoient s'élever de toutes parts contre la procédure dont oa menaçoit les quatre évéques, crut qu'il lui seroit aussi. utde que glorieux dé t^miner , par des voies plus douces et plus conciliantes, une affaire si délicate et si jeûneuse : il fit part de «on idée à M. de Lionne (^), Un ministre des affaires étrangères est toujours disposé
(') Jules RospigKosiy hé en iSgg, succéda à Alexandre Tll, 'le AO )uin 1667 , et moiirat le 9 décembre 1669, dans sa 7 1 .* année.
(*) Hugues de Lionne ^ ^marquis de Bemj, ministre des affaires étrangères, mort à Paris le 1.*' septembre 167 t, âgé de 60 ans.
à accueillir des projets de :négociatioiis ; il prit les ordres du Roi en lui communiquant les vues du nonce. Louis XlVy inspiré par ce jugement droit et sain qu'il avoit reçu de la nature à un degré si remarquable , n'apportoit jamais 7 quoiqu'on ait voulu persuader le contraire , d'esprit de parti ni de prévention dans les affaires de religion ; il ne prétendoit s'arroger aucune autorité sur les opinions dans des questions de doctrine^ mais il étoit fet'mement attaché à une maxime aussi juste qu'incontestable , et cette maxime fut constamment la règle de sa conduite ; il sayoit qu'on ne peut-être catholique qu'en se soumettant à l'autorité de l'Eglise y et que <:ette autorité réside dans le saint Siège et dans le corps des évéques. Il répondit à M. de Lionne qu'il n'apportoit aucun obstacle à des projets de conciliation ; qu'il vouloit seulement que le Pape fut obéi sur un point de doctrine , et se déclarât satisfait des preuves de soumission que lui donner oient. les quii^è évéques.
Ce fut donc uniquement vers ce but que toute la négociation fut dirigée : il s'agissoit d'amener les évéques à écrire au Pape une lettre dont toutes les expressions fussent assez précises pour le convaincre qu'ils avoient signé lejbrmulaire purement et simplement.
Les médiateurs qui s'étoient associés au nonce pour le succès de cette négociation, eurent assez de peine à obtenir del'évéque d'Aleth, cet acte de soumission; mais il céda enfin , ainsi que ses trois collègues , aux insinuations des médiateurs qui étoient au nombre de
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leurs amis; ils furent surtout ébranlés par l'autorité d'Antoine Arnauld qui^ au grand étonnement de toute la France, se montra favorable , en cette occasion, à la doctrine des restrictions secrètes.
Bs écrivirent au Pape, le iM septembre 1668, a qu'ils avoient convoqué les synodes de leurs diocèses; » qu'ils y avoient ordonné une nouvelle souscription » du formulaire; qu'ils l'avoient souscrit eux-mêmes; v» qu'ils s'étoient conformés à l'exemple de plusieurs » évéques de France , dans la manière d^agir et dans » les sentimens de défe'rence dus aux constitutions » apostoliques; que ce n'avoit pas été sans peine et » sans difficulté quilsen avoient usé de la sorte ».
On demande de bonne foi, à tout homme impartial, si, en lisant cette lettre , le Pape ne dut pas être fondé à croire que les quatre évêques s'étoient conformés à Fexemple de tous les évêques de France? Toutes les expressions de cette lettre, et même Y es» pèce de violence (0 que les évêques réfractaires prétendoient avoir été obligés de se faire pour revenir sur leur première conduite, pouvoient-elles permettre au Pape de soupçonner que , dans le moment où on lui écrivoit avec tant de soumission, on consignoit , dans
(i) Une autorité non suspecte, rhistorien même de Févêque d'Aleih , fait assez connoître la répugnance avec laquelle ce prélat signa une lettre qui lui paroissoit blesser la sincérité chrétienne ; ce ne fut qu^aprés des refus réitérés , qu'il céda aux instances de Farchevéque de Sens et d' Arnauld. Dans la i^ite de sa vie, il ëvitoit toujours de parler de celte circonsUoicef et par égard pour lui, on 4vitoit de la lui rappeler.
des procès-verbaux clandestins, les mêmes distînctions et les mêmes restrictions qpie le sunt Siège ayoit condamnées et se dîsposoit à pnnir.
Mais , dans le moment même ou le Pape alloit écrire des breft de félîcitation aux quatre évêqoes y en signe de paix et dé satis&ction , des lettres particcdières ai> fivéesàRome , y répandkènt quelques rumeurs sur ces iprocès - verbaux y dont le secret commençoit à trans^ pirer. La Pape suspendit l'envoi des brefs et écrivit à son nonce de faire tous ses efforts pour avoir une copie de ces procès-verbaux.
Le nonce Bargellini alarmé de voir près d'écbouer, par cet incident imprévu , une négociation qui lui ^voit coûté tant de soins et de peines y et dont il attendoit autant de gloire que d'avantages y prévit que y s'il envoyoit les procès-verbaux à Rome, le Pape seroit indigné , les médiateurs compromis et l'affaire plus embrouillée que jamais. H répondit au Pape qu'il lui avoit été impossible de se procurer les procès-verbaux^ mais qu'il y suppléoit abondamment par uti cerdiScat des prélats médiateurs y qui déclaroient formeUement « que les quatre évêques avoient agi de la tneillenre » fi>i du monde ». Il y joignit un acte encore plus important ; c'étoit un écrit signé des quatre évêques euxmêmes , qui attestoient « qu'ils avoiènt signé et lait » signer sincèrement le formulaire ».
Le Pape, rassuré par des témoignages si positib^ n'hésita plus à leur adresser les brefs dont il avoit suspendu l'expédition. Des évêques aussi pieux durent
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fcahs doute , en lisâhl l^s ^^cpt-ebsiOtts de ces brefii ) réprouver une tesj^cfcè de hMté ^ inêmé qiiiel4tié Vë^ mords sur ikn prtotëdé pëà tom^UMe àvièiè là sîtitérilë chrélienné doùt ib fàîsoient pi-ofessiofa. Lé Paipe leur écrîvoit : « lîous avons reçu là tettrè j^ïir làcpiellë » vous nous faîtes conhbitre, avec de grandes iharqueé
D de soumission. , que vous avez souscrit l^îti'cère-
9 meut et fait souscrire te formulaire du pape Alexan- » dre YÏÎ, et quoiqu^à Toccasion ie certains bruîls qùî 1» ont couru ^ nous ayons cru devoir aller plus lehté- » ment en cette affaire ( car nous n aurions jamais » admis à cet égard ni exception, ni restriction quel- » conque)', mais, ayant depuis peu reçu des assurances » nouvelles et considérables de la vraie et parfaite » obéissance avec laqueue vous avez sincèrement sous- 9 crit le.Jbmudaire , et condamné sans aucune excep- P tion ou restriction les cinq propositions, selon tous » les sens dans lesquels elles ont été condamnées par s> le saint Siège apostolique, nous voulons bien..... »
Le Pape écrivit en même temps aaRoi, « que les » quatre évéques lui ayant fait conno}tre*qu'ils s'étoient V soumis à la souscrîplioii pure et simple du IdrinHi- 9 laire ; cette soumission lui donnoit la satisfaction d'u- 9 ser de clémtsnce plutôt qu^ d'être contraint par leur « dés(d>éiflsance , d'user de rigueur 9.
Louis XIV avoit décidé qu'il seroit satisfait aussjtqf que le Pape se dédAreroit lui -même sati^edt^ il or» donna en conséquence ^e les ptoeéduriss commencées contré lés quatre évéques ne reroîent poictt sui-
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vies y et fit rendre la liberté aax principaux agens du parti; le calme parut rétabli dans TEglise de France, et on appela cette pacification la paix de Clément IX. Il eut été assez curieux de savoir ce que Bascal eût \ pensé de la conduite de ses anciens amis dans cette singulière négociation ; il est vraisemblable que les Jé> suites y dont il avoit traduit en ridicule les restrictions mentales sous des traits si ingénieux et si piquans, l'aur oient invité à s'expliquer sur les restrictions secrètes de Port'Rqyal. Il est au moins bien certain qu'il n'auroit pas plus approuvé les unes que les autres. La rectitude naturelle de son esprit et son caractère inflexible résistoient à tous les tempéramens qui Jui pa« roissoient blesser l'austère vérité; et, si l'on en croît quelques écrivains , ce fut par ce motif qu'il s'étoit brouillé^ quelque temps avant sa mort, avec les cbefi de Port- Royal : il leur re prochoit de déroger à leurs principes, en n'osant en avouer ' hautement totrtes le^ conséquences.