‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 2)Chapitre 9 sur 72 · HI3TOIR.B DE FÈUthQSy · texte numérisé non relu

HI3TOIR.B DE FÈUthQSy

)i&i\ ces disputes dès leur uaisfiaace, ne te^nttez «ni partialiiëy ni pr^^ventioo^ contentes - vous; » d'appuyer là décision quand el)e sera faite.- » Souvenezrvous qu'un roi, doit étrerrsoumîs à.lar yf religion ^ et qu il nç doit jamais entreprendre^ 3i de là régler. La religion vient de& dieux ; elle. ^ est au-dessus des rois; si les roissae^inéleet 4^- » l'a religion, àurlieii de la protéger , ils la inet* » tront en servitude. Les rois sont si.puissans, 3Pi et les autres komoies sont .si foibles; qne tout » sera en péril diêtre alÂéré' ^u gré- des rois ,' si ». on lea fait > eipitrer *danS les . questioiis t qui re- » gaixient les. choses sacrées. Laissez donc en » pleine liberté. là décision autx amis des dieux,, si et bornez - vous à réprimer ceux qui n'obéi-* À roient pas à leur [ogement , quand il aura été >)'pronpncé (0 ».

(') Fénéloa a para tellement redouter toutes. les allusîoiu que la malignité auroit pu lui prêter, qu'ail a cru devoir rayer luimême la phrase suivante, qui se laisse encore lire à travers les radiations de notre manuscrit « Si les rois montrent quelque » prévention dans les questions qui regardent les choses divines, >» les prêtres les plus ardens peuvent les engager à soutenir leur » cause; ils doivent être sq^pects d^intrigues et d^artifices ». Fénélon craignit sans doute que cette réfLexipn^ quelque générale qu elle fût, ne rappelât le souvenir d'aune controverse affligeante,. et ne parût respirer un sentiment d^amertume que son cœur étoit bien éloigné d'éprouver et de conserver.

Les morceaux rqiie' nous trouvons ensuite dans notice ikianUSôrât origioâl y et qui» manquent au mansascçit de* la bibliothèque royale , ainsi qp à toutes Ie$ éditions împrimëes avant 1 7 1 7 , traitent , i."* De Tabus des évocations en matières civiles (0* a.** De la trop grande facilité des princes à faire intervenir leur pouvoir , pour disposer des riches héritières eniaveur des courtisans qu'ils affection* nent (3). 3*0 De Tii^jcistice des prince? qui abusent de IjBurs forces pour s'attribuer des droits réel& ou chimÀiques sur les possessions des rois leùr^ voi* sinsy et s'établissent juges à maiti avmée dans leur propre cause (3),. ,

(') Ce morceau suit immédiatement, dans les éditions imprimées depuis 1717, le morceau que lious rbnons de rapporter sur ^influence des princes em matière de nUgion. Il cômméXlctf par ces mots : «c Ensuite Idoménée jse plaignit de Tembarras où » il ëtoit sur un grand nombre 4^ procès entre divers particu- » liers qu on le pressoit de juger » j et finit par ceux-ci : « Vous V ferez alors les véritables fonctions de roi ».

(>) Ce morceau est placé dans les éditions imprimées depiu's 17179 immédiatement apré^ le précédent. Il commence par ces naots : « On mç/presse encorç, disoit idoménée, de faire de » certains mariages »; et finit par ceux-ci : « Ne payez jamais » vos dettes en sacrifiant les filles riches malgré leur parenté ».

(3j On le trouve dans les. éditions imprimées depuis ij7i7r à la suite des trois fragmens^ quç nous venons de rapporter. U commence par ces mots :^ Idoménée passa bientôt .de cette p question à une autre. Les Sybarites , disoit-il, se pUignent de

S8 HISTOIRE DE FÉNÉLOV,

Les deux morceaux suivans renferment la scène si gracieuse où Idoménée oblige Antiope à chanter devant Téiémaque, et le récit de cette chasse où Télémaque sauve la vie à Antiope (0.

Un épisode touchant ^ qui manque aussi dans le manuscrit de la bibliothèque du Roi, et qu'on ne trouve dans aucune des éditions antérieures à 17 17, est rhistoire que le vieillard phéacien raconte à Télémaque sur Gléomènes le phrygien , poursuivi par une triste fatalité de royaume en royaume. Ce Gléomènes est Ulysse lui-même, à qui la sage Minerve interdit encore la consolation de se laisser reconnoitre par son fils. Cet épiso4e, où respire une impression si douce-de tristesse et de sensibilité y paroit avoir été imaginé

9 ce que noas avons usurpe des terres qiiî leur appartiennent j» ^ et finit par ceux-ci : k Idomtënée, touché de ce discours, con- ^ sentit que les Sipontins fussent médiateurs entre lui et les Sy- ^ barites ».

(i) Ils commencent ainsi dans les éditions imprimées depuis 1 7 1 7 : « Alors le Roi voy^ant que tous les moyens de retenir les S) deux étrangers lui échappoient, essaya de les arrêter par un » lien plus fort. Il avoit remarqué que Télémaque aimoit An*» a> tiope »j et finissent par ces mots : « Idoménée auroit dés ce » moment promis 5a fille à Télémaque; mais il espéra d''enflam« » mer davantage sa passion, en le laissant dans Fincertitude , 3) et crut même le retenir encore à Salente par le désir d'assurer » son mariage 9. * -

. tlVEB QtTÀTaiÈXK. 5^

aprës coup par Fénélovif pour laisser dans l'ame de& lecteurs cette espèce d'attendrissemeut qui soutient Tintërét du poème jusqu'à sou beureux dénouement (0.

Nous observerons aussi que^ lorsque Fénélon a mis la dernière main à son ouvrage , il a voulu consacrer le caractère religieux qu'il donne à la sagesse de Mentor , en supposant que Minerve ne consentit à se manifester aux yeux d'un mortel, dans tout Tëclat de la divinité ^ qu à la suite d ua sacrifice. Le court récit de ce sacrifice ne se trouve dans aucune des éditions antérieures à 17 17 ; il ne se trouve pas même dans les fragment originaux que nous possédons^ ni dans le manus* crit de la bibliothèque du Roi ; mais il existe dans une copie que nous pouvons appeler origi-nale, et dont nous avons à rendre compte. U n'est peut-être pas sans intérêt d'observer com-. ment Fénâôn s'est occupé à perfectionner le Té* lémaçue^ long-temps après que l'éducation de M. le duc de Bourgogne fut achevée.

(') Cette addition appartient au 24** livre dasis les éditions depuis 1717, et en o.çqupe à peu près le milieu.. Elle commenee à ces mots : a A peine ce discours fut-il achevé , que Télémaque 3» s^avança avec empressement vers les Phéaciens du vaisseau, » qui étoit arrêté sur le rivage » j et finit à ceux-ci: «c "^oilà ce » qu*on raconte de cet étranger dont vons me demandez des » nouvelles »•

60 1IIS.T0IRE. DE FÉNÉLOlir^

Cette capie originale, qui est entre nos mains, porta eoî titre quelle a été reviDô et corrigée par Fénélon» En effet, Jes nombreuses correctiona qui s'y trouvent, ne peuvent être regardées comme de simples corrections die fantes de copiste; eUes ne peuvent appartenir qu'à Fauteur lui-même ; ce sottt des cbangemens d'expressions, des sup* pressions de mots répétés, des alinéa indiqués, qùelqu^ois même des pékûodes plus agréables substituées à d'autres qui Tétoient moins.

.Cette copie originale est divisée en vingt-quatre livres; ce qui fei^oit présumer que ce &t sur Tau* torité de cette copie que le marquis de Fénélon publia son édition de 17 17, où le Télématfue pa-^ mt pour la première fois divisé en vingt^quatre livres^ Le marquis <le Fénélon annonce même , dans Tavertissement de cette édition de 1 7 1 7, que yarchevêque de Cambrai avoit partagé le Télé-ihaque en vingt -^j^uaire libres, à rimitation de l'Iliade, Nous avons déjà dit que le manuscrit * original de la bibliothèque du Roi, qui est entièrement de la main de Fénélon, ne porte aucune division en livres , ni en chants , ni en parties. . •♦

Mai3 ce qui reijd notre copie originale extrêmement précieuse, c'est une addition importante qui ne se trouve , ni dans le manuscrit original

LlVllE QtrATRIEMS. 6t

de la bibliothèque du Roi y ni parani les fragmens originaux qui fout entre nos mains : imus n'avAns pas besoin d'observer .qncellé se trou<voit encore moins dans les éditions antérieures à 17 17. Cette addition est très^intéressante tous an rapport honorable à la tmémpirede Fénélon ; elle est placée dans le douzième livre de notre copie originale i plie commeuce. à ce% mots du douzième livre : «t Alors T^émaque ne put s'emy » pêcher de témoigner à. Mentor quelque sur-^ » prise et même quelque n)^priâ pour la conduite » d'Idoménée «^ «t finit à eeux*cL: ce Mentor fit » sentir à Téléœaqqe y par .ce discour&y combien 3) il est dangereux d'être injuste , en se laissant » aller aune critique rigoureuse contrelei autres » hommes, et surtout contre ceux qui sont char^ » gés des embarras et des difficulté» du gouverne-*' » meut ; ensuite y il ^ui dit y il est temps que vous 3» partiez : adieu »•

Tout ce moroeau y qui contient six pages dans notre copie originale y est d'une autre main que le reste de la copie. A la marge de cette addition y on lit cette, note remarquable : kc M. IWcfa&Viêque » de Cambrai avoit afouté y de sa propre main y à » cet exemplaire qu'il avoit revu et corrigé , ce » qui .9e trouve ici écrit sur du papier :difiei?ent » etd'unc autre main queiereste dejûe.voinme ;

64 HISTOIRE DE FÉNÉLOM,

» ne veuleat plus qu'il soit liomme, tant ils ezx* » gent de perfection de lui. Un Roi, quelque bon V et sage qu'il soit, est encore hoinme ; son esprit

9) a des bornes et sa vertu en a aussi Telle est

» la condition des Rois les plus éclairés et les plus » vertueux : Les plus longs et les meilleurs règnes 9 sont trop courts et trop imparfaits pour réparer j>*à la fin ce qu'on a gâté, sans le vouloir, dans 9 les commencemens. La royauté porte avec elle

9 toutes ces misères Il faut plaindre les Rois

9 et les eiLCuser;.... Pour parler franchement, les » hommes sont fort à plaindre d'avoir k être gou^ ' » vemés par un Roi qui n'est qu'un homme ^em^ 9 blable <à eux : car. il faudrait des dieux pour

» redresser les hommes J'avoue t/u'Idamérvéer

9 a fait de grandes fautes ; mais cherchez dans- 9 la' Grèce et dans tous les autres pajysles mieux 9 policés , un Rii qui n'en ait point fait d'inex* 9 cusableSf .... Malgré tout ce que jai repris 9 enlm, Idoménéeest naturellement sincère, 9 droit j équitable ^ libéral, bienfaisant; sa i;a-* » letir est parfaite ; il déteste la fraude quand il 9 la connott et qu'il suit- librement la véritable 9' pente de son ccéur; tous ses talens extérieurs

9 sont grands et proportionnés à sa place »

C'étoit ainsi que Fénélon s'exprimoit snr.Idoménée^ ou plutôt sur LQUis XIV,- dans le silence

de

LIYHE QUATILIÈHE. 65

de son cabinet et ^am le seçri^lL de soifïs cmm ; U

ne teaplt §a0§ doute. qu-î^ JdsM d« dmner à o^tta apologie dç Louis Xiy;iwe ^ubli^tâ qi^inamt h^utem^nt d^mçnti Viwp^tpi^ lyt b/v^U^n^ jdips a^cu$at^m» 4» Té¥m^^H^} \m îimcwi>i^ar blés ^ditibQji}^ 4e ce 4ivrp,^ qui (qouvjir^iii |0ftte r£urpjp9 du viv^pt même de i'aiNiteury J^nj e^-j^ froient un fuoyen bie^ hç^y v^is nue jtsteidé- Ucatesse^ p^iut^ébreoiiîme ujie,i»oblo fierté,: G|éfiBiih dirent à Fénélon de descendre à se justiliei:; ,U anroit c](*9Îiii;t d^ fpafoilii*^. jQattenr^ ttmdk qu'il n'étoit f^ îustQ; il n^^ yp^lut poiiit élrj^ iSoiaptçonué 4« is^di^ricibçr la f ay^ewr jeu' ne disant oofêaie qpe }^ v;^rU^. S'^^ç^nxnvéodi^jceaipuQr.oeau que

pour o^fii; cpii deToi^uk m^yv^kV^n^oai^ et k Louis ?^Y, et s$^,iul^i»tiç^tis ojtt ^t¥ rHifeplifis* > On d^re ip^ttt^ltr^ 4e ^o]|i)Q|t]?# r^pmû»A d^ Bessuetsjir le .JT^/^iiM^ii^^^ Cl»tjiwna%ej icowme nous raiiron& diH> p^rut pu 1^99 ^ ^ ^bs ym» mt GonstanGe oj^ Bossïiet éti9i|;:.pett d«s^sé à' jji|^ lavoraUofueut tout ^ $ qttî y^urà: de FânéloA^ il piirle en très - peu Ms xxMi> dk» ^TéldmaçMfi dafis une lettre à so^ii neveu, e^^ate du 18 jaxaLijtG^g.

Il :lui ms^^àfi ^0 5>*e Tdlémagm 4^ M* ^ Qamr

brai est, sous le notn du fils éPiflysse, vn rtûfman

i*yy4>jt^h tome XT, page fia;, Oe f é;}jfJ99.,4f9 ifl^TiCe^ 4^ Bosniet«.de domDéforiB. ■ « .. ' v

Féhélou. jToiti. m. 5

66 HtSÏOIRlE DE rÈixitoN,

iminfùtif pour monseigneur le duc de Bourgo^ gne: cet ombrage partage - les esprits ; la cabale l'admire ; le reste du mmide le trouve peu sérieux et peu digne d'un prêtre. Ce jugement paroitra sévère : on auroit tort cependant de Vattribuer uniquettieût à la disposition où ^e trou voit Bbs<* suety depuis quelques années, à Tégardde Fénélon; etià une prévention, qui étpit peut-être à son plus haut degré au moment où. il écrivit cette lettre.

Maiis ou doit d abord obsia^ver que, lorsque Bossuet s^exprimoit ainsi, il ne counoissoit et il ne pouvoit connottre que la partie des aventures de Tàlémaçue pendant son séjour dans Ttle de Càljrpso (0. Nous avoâs déjà dit que la première édition; fut arrêtée à la page ao8 ;' ainsi ^Bossuet ^e connpissoit point enooré toute la partie morale et politique de c^ ouvrage, qui ne cornmence en effet* k se développer que depuis le départ de Télénuufueà^ l'île de Galypso. Toute cette •partie fut imprimée^ pour la première fois, en I{DUande, au mois dé juin 1699*

(0 Noos avons vu, par le témoignage de Bossuet lui-même^ qaeFénâon^eki'avoU cotnmttniqn^daiia le t^mpé de lear ^iâon, que le commei&cement da^TMmqijp^e^ il est vraisemblable que cet ouvrage n''étoit pas encore trés-avancë, ouda -moins entièrement fini, lorsque Fénéloa confia cette pariie de ion travail à Bossuety^ vers 1694- % . \ . . r

, tlVRE QUA!raiÈME. 67

D*a3teurs.Bossuety naturellement austère^ oc* cupé depuis tant d'années des études graves et 3érieusejs de la religion , et ^.qui son âge. et ses infirmités, rendotent toii|ûurs présentes . les pensées de réteraitéy étoit peu porté^) par. habitude et par caractère, h ce genre de distractions que les hommes les, plu^ vertueux peuvent chercher quelquefois dans la bonne littérature. On sait aussi. que Bossuet avoit eu ^ dai^s tous les temps, une répugnance marquée pour les fictions de la mythologie, et qu'il avoit souvetit adressé des' reproches sévères à Santeul , sur Tusage trop fréquent des expressions. et. des noms empruntés de la fable. On lit, dansune de ses lettres à Sati-^; teul, du 19 septembre i6go. « Je n*aime pas les- » fables : nourri depuis bea^ucpup d'années de » . TEcriture sainte , <^ est lettcésor de la vérité, » je» trouve un granfd creiix <lan9 ces fictions de » Vesprit humain et dans ces productions de isa* » vanité ; mais lorsqu'on est convenu de sVn ser-| D vir , comme: d'un jsu}g|iig€i fi^ré , pour expri**. » mer^ d'une màsière en quelque façon plus vive,'

» ce que l'on Veut faire entendre, surtout aux

. " » personnes accoutumées à ce langage, oh se,

» sent forcé de faire grâce au poèt^ chrétien qui

» n'en use ainsi que* par une espèce de néces-

» site ». Bossuet dit dans la même lettre : « qu'il

68 HISTOIRE I>£ WtKÈVOJSj

» avoit quitté depuis long - temps la lecture de n Virgile et d'Horace (0 ». : <

On sera: peut-^tr^ surpris d^entendre Bossuet , dont le langage et lefr pensées semblent toujours empreints de cette magnificence , de cet -éclat et

de cette harmonie que l'on* croit réserva à la

(f) Bûssaet n'avoit pas même pardonné li Sanieul d^avoir introduit ^omone et bcs nympfieb 'dans sa cbarmante descrîp* tiofn des jardins de VéisailleSy dédiée à IL de la* Q^intînie. Vélègvkw H ht gràcex[ui rcsf ir^daps cettepié^e n^nyoîf ni pu désari^er }a sévérité de révéque de Meaux» Il auroit voaI«, que Santeul ne consacrât son admirable talent qu à çbanter dans les temples la tôute-puiss'ànce du Créateur et les merveilles de la religion. Le-^oété vépeiïtant 4t iMunilié adressa .»« prélat un» piép« lie vfw fpi'9 »ppel^ ^o^ mn^n4f honprçHoi il ^toît fati graver k 1& ^te nne vignette en taille-douce, dans laquelle Poesuet étoit représenté revêtu de ses babils pcmtificaux, et Santeul à genoux faisant amende bonorabk et jetant tous ses Vers pro^ &iies dans un gi<and feu. Biais dans cettis pièce, ofà Sameul tcuI' ^bjvrer %w^. i^s dif ii& de la fal^ei on remarqn^ quUlesl involpntair,emçnt; entraîné par Fbabitude de son génie ^ et, dans le moment même où il annonce qu^il ne prononcera plus les noms consacrés par la mytbologie, Pomone, Vénus,' les Zépbjrrs, Jupiter et'Junon» le Tartare et TAcbéron; 1m Kyttplies et 1«

fonitine da ^Castaiici rmsuMifiil mvn» ossse'd^ns «fp yexs. lie gr««

vite 4ie Qawn/Qt àvx sonrirQ d'un (émoigçagç si singulier de le conversion de Santeul; petit-étre trouva-t-il aussi Tclcuse et Papologie du poète dans ces vers de la même' pièce :

ConTeniant aliqiMiiao leye* pod leria ladi;

Hen» «4 «put lopg^ redjt acrior, et «oa mn»û Otia •anti...

. X.ITHE QUA.T&liE]IS* / 69

poésie f &*âever avec dédain contre les poètes et leurs ingëiiieuses iidJOLûS ; mais Bossoet devoit tout k son génie ■ seul ^ et si son styïe porte si soi»» Tent le caractère de Tinspiration , c*est qu'il Fa* \oit puisé dans Fétude des livres sacres* •

Il étoit difficile que le Télémaçue, conçu et exécuté sur le même plan que ï Odyssée; que I«^ Téléma^ue^ où Féiiélon a m faAte un emploi si haireux et si bnikm(t de toutes lës riebessesjie la fable , trouvât grâce devant raustérité de Bos>suet i mais , par la même raison , rarchevéquè de Cambrai étoîl bien plus indulgent que Févéque de Meeus pom* les vers*, de Santeid. Il lui écri* voit y au sujet de son amende honorable : « Quoi- » ^ueje sois fort des amis den^otre Pomùne, je » suig ravi qi;^ vous en ayex fait atnende kçno" M rable ; car etf dernier ouvrage est très^beau : H vous 7 parleâE dift Verbe divin avec magnifi* p cence. XiC poète est tliéologien : c*est le véritable » VATES ; G»est un homme qui parle comme » inspiré sur les cbd^es divinesl« Faites donc des » Pomones tant t/u^il vous plaira^ pourvu que » vous en fassiez ensuite autant èi amendes hono- » râbles s ce sera double profit pour aous^ la » faute et la réparation ».

On v^oît , dans une autre lettre de Fénélon , que le grave abbé Fleury ne dédaignoit pas de sourire

ijO HISTOIRE DE VÉNÉLON,

aux jeux folâtres de Timagiiiation de Santeul(i), ce La douleur de votre Danlon est > peinte d'une » manière tendre et gracieuse ; tout y est pur et » Yirgilieki. Gomme Virgile vous enflez vos cha* » lumeaux :

» Agrestem tenui mediUris arundioe musam.

» M. Tabbë Fl^ry, dont voua craignez censo^ » riam grùyikttem y vous passe sans scrupule vos » Naïades et vots Syh^iades (^) » .

Fénélon , en félicitant Santeul suï* une hymne qu'il venoit de composer, a|outoit en plaisantant : « M. de Meaux ne peut plus se plaindre » sur le mélange des fiiusses divinités *, à moins » qu'il ne p'avise encore de vous dire que vou$ » faites parler votre Sainte comme Virgile fait » parler Junon. Pour moi, f ai lu vos Vers avec » avidité ; et la pente étoit si roide , que je n'ai » pu m'arréter depuis le commencement jusqu'à

(0 Lettre de Fénélon a Santeul ^^ mu a^ pièce de Damon et JEgon, ( 'Œuvres de Santeul. )

(*) Le bon abbé Heory écriyoit à Santeul, a <{u'il lui per- » mettoît de déroger à ses sermens, et de nommer encore Blars » et Bellone pour chanter la victoire de Fleurus ». Cependant , par une «spéce de scrupule, il ajoutott : « liais vous tfonveres » assez de matière, en. nommant seulement le Dieu des ar- » mées ». ( Lettre du 3 juillet 1690. )

LIVBB QUATRIÈHE. 7I

» la fin. Quand vous ne faites rien de iHMiveau ^ 1» on est tente ^e dire : •

« Cor pendet tacità fifltnla eam Ijtfty » Spintom Phœbus lîbi, Phabus artem I» Cannii^^nomenque dédit poetas ».

«; (HOKACE.)

Ces lettres y en donnant une idée de Fattrait que Fénélon conserva toujours pour la littéra* tare y et de cette politesse pleine de , grâce que Ton observe dans ses lettres les plus indifférentes^ peuvent expliquer le jugement si sévère que Bossuet a porté du Télémdgue, Le contraste de leurs goûts pouvoit aussi tenir au contraste de leurs caractères* No^s sommes encore plus souvent inspirés dans nos jugemens^ p^ notre ame et nos habitudes, que par notire raison et' notre esprit.

Â^ussitôt que le Télérmtçue parut , on en publia deux critiques , et ces deux critiques, sont aujourd'hui aussi oubliées que leurs auteurs (0. ^

On a reproché à la prose du Télémaque d'être un peu trainante W -, mais , comme Tobserve M. de Laharpe (3) , « ce n'est pas la précision » qui doit caractériser un ouvrage tel que le Té* » léma^ue , qui , sans être un véritable poèine ,

(0 Faydk et Guendeville. — (•) Toltrire.

(') Cknxs de littérature de H de X^diarpe, tofae vu , p. aaa»

7^1 BISTOIRB DE FÉHÉLOIT,

» paîsqall n'est pas ëcrit en vers, se rapprodie » pourtant des principaux caractères de YEpo" » pée par Fétendue ^ par les fictions^ par le co- » loris poétiqae. €e qui doit y dominer, c'est » une abondante facile et pourtant tf^e, un style » nombreux et liant plutôt que serré ou coupé, » et c'est celui dti Télémaque. 11 parolt même fi qiie Fénélon a sii, datis éet ouvrage , se garanti tir de la diSusioù ^li'en péiit lui re^Hro^er ail- » leurs. C'est \k ^u'Iieureux émulateur des an- » ciens dont il étolt si rempli ^ il s'est rapproché tf en même temp^ de la richesse dllc^mète et de % la sagesse de Virgile.

» D'autres critiques anroient voulu qu'il eût ^ plus de profondea^ dans ses idée& morales et 3» politiques. Ih ne Se sont pas -souvenus que Taua> teur du Télémaque ne devoit pas écrire comme ^ celui de l'Esprit des Lois. Chaque gemre doit » avoir un caractère de stylé analogue à son ob* » jet. Ce qui. n'est que solide et fort dans un livre ^ sûr les lois y patoltroit sèc dans un ouvrage :5 mêlé de morale et d'imagination. L'un doit 1^ donner à là raisoti toilte sa force ; il ne veut ^ <)uHnsthiire et faire penser ; l'autre doit soùger % sitrtotit à donner de l'agrément et du charme » à ses instructions : il veut plaire afin de per- 3» suader. De^ principes de droit public , de po-

LITRE QtrAT&IÈME. ^3

» litique et de législation doivent avoir delà pro«^ 3» fondeur dans un traité didacâ<|tie ; maie œs^ 3» premiers principes de justice et de bienveil« >» lance «rniverselle^ qui sont la base* de tout bon » gouvernement y très^heilreusement pour nous , » ne deooii^ndeQt point de profondeur de pensée. » La donicience les reconnott , le sentiment' les 9 saisît^ et ils n^ont de profond que leur racine » que la nature a mise dans tond lés ûûMt& )i.

ce, On éroiroit, dit M. le icsardinal Maury (0, » que Fénélon a produit le DUSma^Ué d'un seul » jet. L'homme de lettres le plu^ «xerd^dan^ Fért » d*écrii% ne pourroit distinguer les mométis oll » Fén^n a quitté et i'epris la j^lume , taÀt ses » transitions sont ftattf relier , soit qu'il entrathe n doueément parlapéflte de ses idéeà^ soit qu'3 if fasse ftàiMîhii* ateé lui respacre que rimagîRb» j» tion agrandit ^u reéserre à son gré; jamais on 3» n'aperçoit aucun effort ; mat tré de sa pensée, il » la totl sans nuages ; il ne t'exprime pas, il là i^ peint; il seût , îl péïïséj et l4 mot suit avec la » grâd^i la noblesse où l'onction qui lui cOn^ » vient. Toujours coûtant y tOujours.Iiéy tobjdnrs » nombreux, toujours périodique, il cénnoîtru- » tîlité de ces*lîaisoDS' grammatic'âleS que nous » laissons perdre, qui enrichissoîent l'idiome des

(*) Eîôge de rénelon , 1 77 1 .

74 HISTOIRE BE FÉRÉLOlTy

» Gréés y et sans lesquelles il n*y aura jamais àe 9» style : on ne le voit pas recommencer à penser » de ligne en ligne ; traîner péniblement des 3» phrases y tantôt précises, tantôt diffuses ^ où » Fesprit peint son embarras à chaque instant et » ne se relève que pour retotnber. Son élocution, 3> pleine et harmonieuse , enrichie des métapho« » res les mieux suivies, des allégories les plus » sublimes , des images les plus pittoresques, ne » présente au lecteur que clarté, facilité, ^ élé- » gance et rapidité. Grand, parce quil est sim- » pie, il ne se serb de la parole que pour expri- » mer ses* idées, et n'étale jamais ce luxe d'esprit » qui , dans les lettres comme dans les Etats > » n'annonce jamais que Tindigence. Modèfô ac- » Gompli de ta poésie descriptive, il multiplie ces » 4bmparaisons vastes qui supposeitt un génie » observateur, et il flatte sans cesse Toreille par » les charnles de Fharmonie imit^tive. Eps' un » mot, Fénélon donne à la prose la couleur, la p mélodie, l'accent, Famé de la poésie; et soa » style, vrai, enchanteur, inimitable, tropabon-* » dant peut-éire , ressemble à sa vertu ».

On pourroit ajouter que dans le Télémaçue;, Fénélon a non - seulement communiqué à son style le caractère de sa ^v^ertu, mais qu'il y a même exprimé le caractère particulier de ses

IlIVRE QUATRIEME. >j5

sentimehs' religieux. On y retrouve en quel<|iie8 endroits Tidée habituelle et dominante qu'il s'é^ toit iÈsiite du bonheur que les mortels peuvent goûter dans une union intime avec la Divinité. Sa ravissante description des Champs-Elysées offre la peinture la plus sensible d'un genre de félicité à laquelle l'imagination humaine paroissoit ne pouvoir pas atteindre ^ et qu'aucune langue , avant celle de Fénélon , n'avoit su rendre avec une expression aussi céleste. Il s'élève^ et il élève avec lui le lecteur au-dessus de cette terre où les élémens se combattent sans cesse^ comme les pas* sions des hommes qui l'habitent ; il les transporté par la magnificence de ses idées, et par rédat et la fraîcheur des couleurs dont il embellit ce dâicieux tableau , dans le véritable s^our de la paix y du bonheur et de l'innocence : les expressions mêmes qu'il emploie pour peindre cette félicité surnaturelle semblent s'affi*andiir , . sanfr afièctation et sans efibrt, de toutes les sensations naturelles ^qni ont donné naissance au -langage humrâi y pour ne parler qu'à l'ame et à l'intelUr gence. • •

L'imagination qui a retracé un pareil tableau n'a pq. être in^qpirée que par qne ame aussi pure que l'avoient été sur la terre les aimes célestes dont elle peint le bonheur.

76 HISTOIRE D^ VÈKÈtOTSIf

Maïs malheureusement on affecta d'être plus frappé de la manière dont Fénélon parle y dans le TèlétniUiuàjf des passions et des défauts des hommes^ qu^oo ne parut tondié du bonheur qu'il promet à la y^rtu (0. > VI. Tit>p convaincu des fâcheuses impressions qu'on

danstondL ^"^^^^ doBUrfes à L^vis XlV eoutrek Tétémaçue^ cèse. Fénélon fugea que le cœur et la confiance de ce

prince lui étoient fermés pour toujours. L'inno-» cence peut se dâendce ccmtre la calomnie lors* qu'elle- lui impute des ianAes. et des crimes; mais lorsque la ntéchanceté' se borne à caloBxnier les iiitentionfi^y commient Finnocence pourr^t^elle Se filstifier 7 Fénélon rendoît juiatice aux qualités estimables de/ madame die Mamteno&( mais il connoiSBoit son caractère ^ ^ il savoit qu'elle se^ roit plus fidèle à la pvéventiôR qu'à l'amitié ; elle se trouToit d'aiUeurs entièrement lÎTrée à tous mmx. qui avoient un intérêt puissant à entretenir sei ressentiment.

Dès le moment oh Fénélon avoit été nommé il ï^tiéte^édié de Cambrai^ il s'étoit regardé

(0 Nous avons cm devoir au mérite du TéUmaque, à la celéïirité dont il Jouit depuis un sîëele, et dont il jouira encore fong^émp» , àe placer à la fin du Toluine mte '^ûci hiàtoriqtf « des d^ëreaicB éditioiis da c»C oairra^r Voyez les Pièces juHifi* eatiyes du livre quatrième ^ a.» l'^

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