‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 3)Chapitre 24 sur 72 · XXIX. Qu*on nous permette de suspendre un moment · texte numérisé non relu

XXIX. Qu*on nous permette de suspendre un moment

^^^**"^ le récit des événemens. par une réflexion que pondance de lAit naître la lecture de ces lettres si remarqua- Fénel^n et jj|gg^ q^ ^ souvent exalté avec un enthousiasme Bourgogne, factice, le courage des anciens philosophes ^ la sagesse de leurs leçons, la sublimité de leur mo^ raie, et la noble fermeté avec laquelle ils annonçoient la vérité aux rois et aux grands de la terre. Nous osons deipander si dans tous les e'crits qui nous restent d'Aristote, de Platon, de Senèque et de tous les autres personnages de Tant^quité, qui ont pi^lé à des rois, on trouve quel- ' que chose dé comparable à la sévère franchise

de Fénelon avec le duc de Bourgogne? Dans des tçmps plus modernes, on a vu quelques écrivains , plus ou moins célèbres, en correspondance avec

des . monarques j mais on ne peut s'empêcher d'observer que tandis qu'ils s'étudioient avec un soin pénible à rechercher et à varier toutes les formules de l'adulation envers les objets de leur' culte public, ils se dédommageoient de cette espèce de eonti^inte daûs la liberté d'une correspondance plus intime avecleurs amis.

^ Ce n'est point ad seul mérite d'une imorale plus

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parfaite, pu d'une vertu plus vraie , qu'il feiut attribuer cette différence de conduite; plie appartient toute entière aux principes religieux de Fe'nelon ' et du duc de Bourgogne- C'est de la religion que Féadou etuprairte toute «on éloquence et toute son autorité 9 pour, adresser des reproches , des coDseiU et des consolations au duc de Bourgogne. C'est dans la religion que le duc de Bourgogne, trouve ces grande moti& de courage, de résignation et d'espérance y qui lui donnent la force de résister an malheur et à l'injustice des hommes. Otez à ces lettres le caractère religieux qui les a inspirées, on les réduit à des réflexions justes et raisonnables ; mais la froide raison a.-t-elle*le pou*» * voir de donner Texcès du courage pour lutter contre l'excès du malheur. A la pensée de ces grandes catastro^ies qui épouvantent l'imagination, on sent assez que , lorsque tout manque sur la terre à ceux qui oceupoient une si grande place sur la terre, c'est du ciel ^eul que peuvent des- ^ cendre les miracles qui élèvent Thomme au-dessus de la nature. Nos lecteurs nous demanderont peut-<être comment le duc de Bourgogne reçut les terribles leçons que Fénelon osoit lui adresser : nous avons sa réponse; elle nous montre tout ce que Fénelon étoit parvenu à faire du duc de Bourgogne , avec le secours de la religion.

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