LIVRE BCITIÊMB^. a
lUfais malgré Fétat d'imperfection oùTéneloa ]*a laissé, « .on y retrouve toajonrs, dit M. de L»- » harpe, le mérite le plusrare el le plus précieux^ )• celui de joindre naturellement, et par une » sorte d'efiusioa spontanée, le sentiment à la » pensée, même en traitant des sujets qui exigent » toute la rigueur du raisonnement; et c'est Fat- » tribut distinctif de la philosophie de Fénelon^ » c'est ce qui répand sur cet ouvrage- une élo^ » quence si affectueuse et si persuasive. La pre*- »• mière pastie est un magnifique développement >i de cette grande et première preuve d'un être M créateur, tirée de l'ordre et de l'harmonie de » l'univers; preuve d'autant plus admirable » qu'elle est à la portée du commun des hommes, » qui la conçoit par le plus simple bon sens, en » même temps qu elle épuise la méditation du »« philosophe ; cette preuve, saisie en elle-même , »> par le sens intime , étonne et confond dans ^es » détails la plu& haute intelligence. Fénelon n'a » fait qu'étendre et analyser ces paroles si souvent »j citées, Cœli enarrant gloriam Dei; Les deux
» prits, et \e voudrois qu'il fit un ouvrage semblable sur r.inqir y mortalité de Pâme. S'il avoit yu ma Théodicée, il auroit peuta être trouvé quelque cbose à ajouter à son bel ouvrage.
(Lettre de Leibnitz à M. Grimaret, 171a. Œuvres di Ldbniu, tom..Ty p. 71).
a&O UISTOIKB DB FÉNELOlff,
» racontent la gloire de V Eternel. Mais c'est en
» développant cette idée que Tenant mieux
^ combien elle est juste et féconde. Les plus sa-
» vans scrutateurs des choses semblent n'avoir
» travaillé que pour remplir Tétendue de cette
» idée ; mais aucun d'eux^ ni aucun de ceux qui
» les ont devancés ou suivis, ni aucun de ceux
» qui les suivront^ ni tous les hommes ensemble,
•» s'ils pouvoient se réunir pour creuser cette idée
» immense, ne parviendroient à en trouver le
» terme. Les ouvrages de Dieu ne sont finis que
» pour lui, et seront*tou jours infinis pour nous.
« Fénelon ne fait que suivre. Gicéron dans la brit
-» lante esquisseoîi il a tracé Téconomié du monde;
» mais il remporte sur lui dans la décomposition
% anatomique des différentes parties du corps
» humain, beaucoup mieux connues des mo-
» demes que des anciens. Il sait revêtir de cou*
» feurs brillantes tous ces détails scientifiques par
9 eux-mêmes, mais dont le résultat offre le plus
p merveilleux spectacle ».
On reproche à Fénelon de n'avoir pas dédai* gné de réfuter des hypothèses aussi ridicules que celles d*Épicure et de Lucrèce sur la formation du monde , et même de s'être un peu trop étendu à en développer les extravagances et les absurdités; mais quelle sagacité il montre en même
temps dans ses raîsonnemens, et quelle richesse il étale dan^ sa diction ! que d'élévation dans ce morceau sur Tunion de l'ame et du corps (0! « Comme rjEcrilure nous réprésente Dieu qui » dit que la lumière soitj et elle fut; de même » la seule parole inténeure de mon àme^ sans » effort et sans préparation^ fait ce qu* elle » dit. Je d^s en moi-même j par cette parole si » intérieure y si simple et si momentanée : Que 3j mon corps se meuve y et il se meut, A cellç » simple et intime volonté toutes les parties de » m,on corps travaillent ; déjà tous les nerfs sojit » tendus y tous les ressorts se hâtent de concourir ' » ensemble;, et toute la m^hine obéit y^ c£>mme » si chacun de ses organes les plus secrets enien* » doit une voix souveraine et toute-puissante. » f^oilk sans doute la puissance la plus simple et » la plus efficace que Von puisse concevoir; il n'y yi en a aucun exemple dans tous les êtres qite »nous connoissons ; c'est précisément celle que » tous les hommes j persuadés de la divinité, lui » attribuent dans tout Vunivers. Vattrihuerois^je » h mon foible esprit ou à la puissance quit a » sur mon corps /qui est si différent de lui? Croir » rai'je que ma volonté a cet empire suprême n par son propre fond, eUe qui est si foible et si [}) Fcneloiiy Démonstration de VExisUnee de Diei^,
agi HISTOIRE DE FÉHELOfTy
» impuissante? mais d'où vient que parmi tant » de corps- elle n'a ce pouvoir que sur un seul! n Nul autre corps ne se remue selon les désirs de
• » ma volonté' Qui lui a donné sur un seul corps » ce quelle na sur aucun autre ? »
Si Fénelon* a suivi Cicéron dans la première partie de son Traité, dans la seconde il suit Descartes (0. « Il se sert de son doute méthodique » pour parvenir à la connoissance d'une première » vérité, et bientôt il arrive, comme lui, à cette >i proposition fondamentale, base de toute certi- » tude : Je* pense ^ donc je suis. II s'élève ensuite
. » comme lui de conséq.uencç en. conséquence, » jusqu'à ridée deJl*étre nécessairement infini, » que nous appelons Dieu.. Cette idée exalte son » imagination sensible, et il pcouve que rien ne u caractérisé mieux la Divinité que ce mot vrai- » ment sublime : Celui qui est. Il ne veut pas » quon y ajoute rien, pa^ même le mpi d!in(ini ». Fénelon réfute en passant ce q^'on nomme le spinosisme^ mais en peu de mots : ce On voit, » ajoute M. de Laharpe, qu-il dédaigne de s'ocj» cuper long-te»ps d'un système en général si » obscur et si moi^streux dans ce qu^on en peut 3j comprendre. Ost eaeffet une peine bien pei*. » due que de chereher à entendre un homme
(0 Laharpe.
» <|aî probablement ne s'est pas. entendu lui- ■i même. Fénelon fait ce qu'il peut pour Tinter- M prêter, et résume son inintelligible livre en 1» quatre pages qui contiennent tout ce qu'il est » possible d'y apercevoir. Il est vrai que l'obscum rilé même de Spinosa est ce qui a le plus con- » tribué à sa réputation; on l'a cru profond, » parce qu'il falloit le deviner , et quelques gens M se sont piqués d'en vçnir à bout. Mais si l'écri- » vain' qu'il faut deviner exerce quelques curieux, » il rebute la plupart des lecteurs, et si la pbilo- » Sophie, comme ça n'en peut douter, a l'évidence » pour but, quoi de moins philosophique que » l'obscurité » ?
L'estime universelle dont jouissoit Fénelon, vm. un goût'particulier pour son caractère, et la ma- ^^^^^ ^^ j.^ nière dont il avoit traité ces grandes questions nelonavecU de philosophie, firent naître au duc d'Orléans le , , désir d'entretenir avec lui une correspondance directe sur des sujets si dignes de la méditation de tous les esprits éclairés. La, doiileur et Tindi* gnation publique, qui s'étoient élevées avec taot de chaleur contre ce prince à la mort du duc et de la duchesse de Bourgogne, avoient enfin cédé à l'opinion* plus réfléchie des hommes sages et modérés. G'étoient les amis les plus veilueur du duc de Bourgogne, qui avoient le plus con-
!l64 BISTOIRB DB VÈVfihOÉ,
tribuë par lear conduite et leurs discours à dissi pcr de funestes préventions, qu'ils se reprochoieD |)eut-étre d*avoir partagées dans le premier sen timent d'une douleur trop légitime. Eb déploran le permicîeux usage que ce prince faisoit des rare! qualités que là nature lui avoit données, les duc de Beauvilliers et de Clievreuse attendoîent beancoup de ses lumières et de ses talens pour le salul de la France, et aimoient à se confier à sa générosité naturelle pour la conservation de Tenfant destiné à succéder h Louis XiV . '
Le duc d*Orléans avoit senti tout le mérite d'une conduite si estimable, et sa reconnoissance povr les deux amis de Fénelon s'étoit portée sur Fénelon lui-même.
Ce prince, dont l'esprit étpit $i étendu, dont le caractère étcât si foible; qui avoit tous le$ sentimens d'une ame généreuse et toutes les passions d'un cœur corrompu ; que son génie appeloit 'à gouverner, et qui fut toujours asservi par le goût effréné du plaisir ; qui commanda les armées avec la valeur la plus brillante , et qui fut subjugué par un ministre indigne de sa confiance ; qui réunissoit les connoissances les plus rares, et n!avoit pas une notion de morale; qui ambiiionnoit tous les' genres de gloire, excepté celle que donne la vertu ; qui se refusoil à x:roii*e à la religion , et
czz^yoit^à Tastrolc^gie } ce prince , mélange étonnant des qualités et des vices les plus contraires, Stoit cependant forcé de rendre hommage à la vertu, en retrouvant dans Fénelon tout ce qui fait aimer et respecter la vertu.
Il avoit d'ailleurs trop d'esprit pour rester dans une indifférence stupide sur ces premières notions qui. s'offrent à rintelligencq, et il était trop curieux de V avenir (0, pour n'être pas au moins occupé de sa propre destinée.
U ne craignit pas de confier à Fénelon ses questions et ses doutes sur le culte de la divinité, sur TimmortaUté de Tame et sur le libre arbitre.
On a la réponse de Fénelon ^ et elle est impri-* mée, ce avec ses admirables lettres sur la religion, » faites, dit M. de Laharpe , pour plaire à ceux » mêmes qui' n'aimât pas Fénelon ».
Ces questions, presqu'aussi anciennes que le monde, ont excité dans tous les temps Finquiète curiosité des humains; elles ont été souvent l'objet de la tranquille méditation des sages ; elles ont quelquefois iutimidé et découragé la vertu souffrante et malheureuse; elles ont exercé la reli* gieuse résignation de ces âmes pures et sublimes dans leur simplicité, qui, dédaignant d'arrêter
CO Expression de Fénelon sjir ce prince.
a86 nisTOiRB de fémblon,
leurs regards sur un monde qui passe et ifaî fuit^ ont transporté leurs pensées et leurs espérances dans cet ordre immuable et éternel, oh tous lei voiles seront déchirés, et où toutes les énigmei seront expliquées.
De nos jours, toutes ces questions se sont renouvelées et ont été agitées avec une espèce de frénésie; ce n*és^plus comme obscures et comme difficiles qu'on les a discutées. Une génération folle et présomptueuse a accusé de foiblesse et de timidité tous les siècles qui Font précédée; elle a prononcé sans examen et sans discussion sur des questions que les plus grands génies n'avoient abordées qu^en tremblant; il n'est pas étonnant qu'elle ne se soit pas rencontrée avec eux dans la recherche de la vérité.
Il ne peut être indifférent à personne de savoir éomment Fénelon a considéra des objets si importans pour tous les hommes. Son nom est cher à tous les amis de la religion , et il commande le respect à ceux mêmes qui ont affecté de secouer le joug de la religion. C'est par cette raison que nous ne craignons pas de développer son opinion avec une certaine étendue. L'importance du sujet doit inspirer un grand intérêt, et la clarté qu'il a répandue sur des matières si difficiles peut soutenir l'attention.
Le duc d'OrliJans , en les proposant h Fënelon; lui' a voit demandé de ne les considérer que sous des rapports philosophiques. Ce nétoit point Tévêque qHi'il consultoit, ce n'étoit point une règle de doctrine, qu'il demandoit; c'étoit à la raison supérieure de Fénelon que sa raison foible et incertainij cônsehtoit à soumetti^e ses doutes et ses anxiétés. Ainsi toute cette discussion devoit rester étrangère à tous les témoignages et à toates les autorités' d'iine révélation positive^ l'existenoe de Dieu étoit la seule vérité qu'il consentît à reconnoître -, tous les raisonnemeps devaient découler de ce seul principe fondamental, et toutes les conséquences dévoient s'y rallier par des rapports nécessaires et incontestables. '
Fénelon considère le culte religieux sous le Du culte rc rapport de Dieu et de l'homme.^ igicux.
Dieu a dit : « Je ne donnerai point ma gloire » h un autre. Tout vient de lui ; il faut que tout » retourne à lui. Il ne peut avoir créé des êtres » intelligensy qu'en voulant que ces êtres em- » ploient leur intelligence k le connoître et à » l'admirer, et leur volonté à l'aimer et à lui » obéir. Nous sommes, non à nous, mais à celui » qui nous a faits. Dieu, en créant l'homme, s'est » proposé, comme fin de son ouvrage, de se faire » connoître comme vérité infinie, et de se faire
288 disxoihe db féi^eloit^
» aimer comme bonté universelle. Dès qa*OQ sup^ » pose que Diea seul doit avoir d'abord tout notre » amour, comme apteur de notre existence , et » par ccuaséquent notre premier bienfaiteur^ il » ne reste plus aucune question sur le culte divin , » parce qu'il n'y a point d'autre culte que l'amoury » dit saint Augustin, riec colitur nisi amando, » c'est l'adoration en esprit et en vérité; c'est l'u- » nique^n pour laquelle Dieu nous a fait&; il ne » nous a donné de l'amour qu'aûn que nous l'ai-
. » mions. Faites que les hommes soient pénétrés » de l'amour qu'ils doivent à Dieu comme créa- » teur et comme conservateur, tous les doutes )> sont dissipés, toutes les révoltes du cœur hu- » main sont apaisées, tous les prétextes d'irré-
' » ligion et d^impiété s'évanouissent. Je ne rai-. » sonne point; je ne demande rien, à Tliomme; » je l'abandonne a son amour, qu'il aime de tout » son cœur celui Si qui il doit tout, et qu'il fasse u ce quilui plaira; ce qui lui plaira'ne sera que » la plus pure religion; voilà le culte parfait; il » ne fera qu'aimer et obéir. La nation des justes, » dit l'Ecriture, ri est qu'obéissance et amour*
» Cet amour, dira-t-on, est un culte exteneur; «'mais le culte extérieur où le trouvera-t-on? » Pourquoi supposer que Dieu le demande? Mais » ne voit-on pas que le culte extérieur suit néces-
» sairement
XIVAB HUITIÈME. ^Sg
3è sairement le culte intérieur de Tamaur ? Qu^on » suppose \ine société d'hommes qui se regardent -» comme n'étant tous ensemble sur la terre qu'une >i seule famille, dont le père ^t au ciel; n'est- il » pas vrai que dans cette divine société , la bouche » parlera sans cesse de l'abondance du cœur ? Ils 3> admireront sans cesse l'auteur de leur existence ; 3» ils aimeront sa bonté qui le porte à veiUer sur » eux comme ses enfans; ils chanteront ses louan- 3» ges; ils le béniront pour tous ses bienfaits; il » s'établira,une généreuse émulation pour celé- 2> brer sa gloire, et une teqdre compassion pour » ceux d'entr'eux qui méconnoîtroient les devoirs » que la reconnoissance leur impose. Qu'appeléz- » vous un culte extérieur si celui-là n*en est pas? » Il faudroit, dira-t-on, prouver qu'outre l'a- » mour et les vertus, .qui en sont inséparables , » l'homme doit à Dieu des cérémoniefr.régléeset » publiques; mais ces cérémonies ne sont poini: » l'essentiel de la religion > qui consiste dans laj> mour et dans les vertus ; ces cérémonies sont » instituées, non comme étant l'effet essentiel de ». la religion, mais seulement pour être les signes » qui servent à la montrer, à la nourrir en soi- » même, à la communiquer aux autres. Ces cén rémoqies sont à l'égard de Dieu ce que les » marques de respect sont pour un père , ce que Fémeloit. Tom. IV. i^
IV les iioniieurs «t leâ bomm&ges extérieurs sont » pour un rm. N*e8t-il pas évident que les hommes » attachés aux sras, et dont la raison est foible, n ont encore plus de besoin d'un spectacle pour » imprimer en eux le respect d*une ipajesté invi-* » ^ble et contraire à toutes leurs passions ? Ce n scntimient est si naturel à Thomme, que tous n les peuples qui qnt adoré quelque divinité, ont » fixé leur culte k quelques démonstrations exté- » rieures qu'on nomme des cérémonies. D^ que » rintérîeur y est, il feut que Textérieur l^ez- » prime et 1^ communique à toute la société. 1.6 M genre humain , jusqu'à Moïse , faisoit des of- 9 frandies et des sacrifices; Moïse en a institué ^ da;ps f Eglise judaïque^ TEglise chrétienne en a 9 reçu de Jésus-Gfarist. Quand Dieu n'a point )» r^lé ces cérémonies par des lois écrites, I^ » Sommes- ont suiv\ la tradition dès l'origine du » genre humain; quand Dieu a réglé ces céré- 9 monies par des lois écrites , les hommes ont d& » les observer invfolablement ; les protestans 9 mêmes y qui ont tant critiqué nos cérémonies, m a-pat pu s'empâober d^en retenir beaucoup ; » tant il est vrai que les hommes en ont besoin. » ôa n'a qu'à coïkparer maintenant ces deux » divers plans : dans l'un, chacun reconnoissant » \% vrai Dieu, l'honoreroit intérieurement à sa
riTmX BOITliKB* agi
ï^ «ans en donner aucun signe au reste des » hommes* Dans l'autre , on a un culte commun » par lequel chacun se recueille, nourrit son » amour ^ édifie ses frères, annonce Dieu aux » hommes qui l'ignorent ou Foublient, s'enti^- » lient dans le goût de toutes les vertus que là » diarité religieuse, bien plus active que la » simple bienfaisance, inspire pour le bonheur et » l'ordre de la société, et pour le soulagement » de toutes les misères humaines. N'est-il pas clair M que le second rplan est mille fois plus digne de » plaire à l'auteur de la nature et plus accom- » mode au besoin des hommes que le premier?
» On objecte que Dieu est infiniment au-dessus » de l'homme; qu'il n'y a aucune pro{)ortion VI entre eul ; que Dieu n'a pas besoin de notre vi éùlte, qu'enfin ce culte d'une volonté bornée » est indigne de l'Être infini en perfection ; il est » vrai que Dieu n'a aucun besoin de notre culte } ^ mais il peut vouloir ce culte qui n'est pas indigne ^ de lui quoiqu'imparfait, et ce ne peut être que »^ pour ce' culte qu'il nous a créés.
», Quand il s'agit de savoir ce qui convient ou ^ ce qui ne convient pas à l'Etre infini, il né faut j^ ^asf vouloir le pénétrer par notre foible et w eeràrte raison. Kous sentons nous-mêmes que tf Dieu ne peut point avoir eu, en nous créaût.
%g% ÏIISTOlRiE DE PÉKKLeir,
» une fia plus noble et plus haute que celle de se » faire connoitre et aimerpar nous. Cette action » d^ connoitre et aimer Dieu est la plus parfaite » opération qu^il puisse tirer de sa créature , et » quil puisse se proposer comme la £n-de son ' » ouvrage. Si Dieu, ne pouvoit tirer du néant » aucune créature qu'à condition d'en tirer quel- » qu'opération aussi parfaite que la Divinité, il ».ne pourroit jamais tirer du néant aucune créa- » ture, car il y en a aucune qui puisse produire » aucune opération aussi parfaite que Dieu. L'ope- » ration ia plus parfaite et la plus noble que la. » nature bornée et imparfaite du genre humain » puisse produire ; est la connoissance et l'amour » de Dieu. Ce que Dien tire de l'homme ne peut. » être qu'imparfait comme l'homme même ; mais 3> Dieu en tire ce que l'homme ,pe.ut produire » de plus parfait^ et il suffit, pour Taccomplis-. » sèment de l'ordre, que Dieu tire He sa créa- 4> ture ce qu'il en peut tirer de meilleur dans les » bornes où il la fixe; alors il est content de son » ouvrage; sa puissance a fait ce que sa sagesse vdeipande. ""
,,.».Nous ne saurions douter que les hommes ne i) connoissent 'Dieu , et que plusieurs d'entr'eux » ne l'aiment ou du moins ne désirent de l'aimer. » Jl est donc vrai que Dieu a voulu se faire con-