‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 10 sur 107 · LIVRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME

» à apprivoiser aussi le public , où ce maréchal » sera cru.

» Enfin, je vpus conjure de n'oublier rien pour » faire en sorte que notre jeune prince ménage » sa santé ; qu'il s'épargne à Tarmée toutes les fa- 9» tigues inutiles ; qu'il dorme , qu'il mange bien , 3> et qu'il marche toujours en présence de Dieu » avec la paix d'une bonne conscience ».

Tels sont les détails touchans dans lesquels Fénélon ne craignoit pas de descendre pour envi* ronner TA. le duc de Bourgogne de cette bienveillance universelle que trop de princes négligent souvent de rechercher, parce qu'ils sont aussi indifierens à la gloire de la mériter qu'à la douceur de l'obtenir.

Le duc de Bourgogne se montra fidèle aux conseils de Fénélon, et l'aSection de son armée en fut la récompense : c'est un témoignage que lui a rendu l'homme le plus sévère dans ses jugemens. « M. le duc de^Bourgogne, écrit M. de » Saint-Simon, s'acquit beaucoup d'honneur pen- » dant sa campagne d'Allemagne , par son appli- » cation , son assiduité aux travaux ; avec une » valeur simple et naturelle, qui n'afièctoit rien, » qui alloit partout où il convenoit , sans s'aper- » cevoir du danger. La lihéi^lité, le soin dés » blessés, l'afiabilité, lui acquirent les cœurs de

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» toute rarmée. Il la quitta à regret, sur les or- » dres du Roi , pour retourner à la Cour, où il 1) arriva le 22 septembre à Fontainebleau (0 ». Cest à la suite de la prise du Vieux - Brisach , que nous placerons une lettre remarquable^ du duc de Bourgogne à Fénélon. Elle fera voir jusqu'à quel point ces mêmes principes de religion , qui lui inspiroient tant d'indulgence et de bonté pour les autres y le rendoient sévère pour luimême. Cest au moment où il arrivoit de cette campagne d'Allemagne , où il avoit mérité et obtenu de justes éloges ; c'est au moment où il étoit reçu par le Roi son grand-père avec la plus tendre affection , et où toute la Cour, à l'exemple du monarque, s'empressoit de l'accabler d'une admiration peut-être exagérée, que le jeune prince se renferme dans le secret de son cabinet pour déposer en liberté , dans le sein de son vertueux précepteur, ses peines, ses inquiétudes et ses scrupules.

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