LIVRE SEPTIÈME. lO
SI un enfant ; demandez un général qui décide » tranquillement avec vous, qui écoute les meil* » leurs officiers , et qui n'ait point de peine de » vous les voir écouter ; qui vous mène partout » oîl il f^ut aller y et qui vous fasse remarquer # tout ce qui mérite attention ; demandez un gé« » néral qui vous occupe tellement de toute Té- 9 tendue de là guerre , que vous ne soyez point i> tenté de tomber dans Tinaction et Tamusement. » Jamais personne n'eut besoin de tant de force a et de vigueur que vous en aurez besoin dans j> cette occasion. Une conversation forte , vive, » noble et pressante , quoique soumise et respec* » tueuse y vous fera un honneur infini dans Tes- » prit du Roi et dé toute l'Europe ; au contraire , » si vous parlez d'un ton timide et inefficace » le » monde entier, qui attend ce moment décisif^ » conclura qu il n'y a plus rien à espérer de vous, n et qu'après avoir été foible à l'armée y aux dé* » pens de votre réputation , vous ne songez pa» » même à la relever à la Cour. On vous verra vous » renfoncer dans votre cabinet et dans la société % d'un certain nombre de femmes flatteuses.
» Le public vous aime encore assez pour désirer » un coup qui vous relève; mais si ce coup manj» que, vous tomberez bien bas : la chose est dans a vos mains. Pardon , Monseigneur, j'écris en fou -,
IIO lIISTOtRC DE FÉNÉLON,
» mais ma folie vient d'un excès de zèle dans le
le besoin le plus pressant. Je ne puis que prier,
» et c'est ce que je fais sans cesse ».
xxnc. Qu'on nous permette de suspendre un moment
Réflexion |^ ^^ j^ j^^ ^vénemens , par une réflexion que
•nr la corrc»- ' * *
pondancede fait naître la lecture de ces lettres si remarquadn° dnc de ^^^' ^° * souTCUt cxalté avec uu eutliousiasme Bonr^gne. factice , le courage des anciens philosophes , la sagesse de leurs' leçons , la sublimité de leur morale y et là noble fermeté avec laquelle ils annon* çoient la vérité aux rois et aux grands de la terre. Nous osons demander si dans tous les écrits qui nous restent d'Âristote, de Platon ^ de Senèque et de tous les autres personnages de l'antiquité, qui ont parlé à des rois, on trouve quelque chose de comparable à la sévère franciiise de Fénélon^avec le duc de Bourgogne? Dans des temps plus modernes , on a vu quelques écrivains plus ou moins célèbres y en correspondance avec des monarques ; mais on ne peut s'empêcher d'observer que tandis qu'ils s'étudioient avec un soin |)énible à rechercher et à varier toutes les formules de l'adulation envers les objets de leur culte public , ils se dédommageoient de cette espèce de contrainte dans la liberté d'une correspondance plus intime avec leurs amis.
Ce n*est point au seul mérite d'une morale plus