V. On voit , dans toutes les lettres de Fénélon
M k duc de ^'î'^*^*'^*^ avec lequel, du fond de sa retraile, il Bourgogne. surveiUoit tous les détails de la conduite de M. le duc de Bourgogne. C'étoit sur la tête de ce jeune prince que repo&oient toutes ses espérances pour |e bonheur de la France ; et toutes les instructions qu il lui transmettoit par M« de Beauvilliers^ respirent la tendresse d'un père et la sincérité d'un ami fidèle et vertueux.
VI. ce Taime toujours M. le duc de Bourgogne, , "'^^. » écrivoit Fénélon à M. de Beauvillier», nonobs-
3onov. lOQij. '
(Manuser.) » tant ses défauts les plus choquans. Je vous » conjure de ne vous relâcher jamais de votre » amitié pour lui; supportez -le saAs le flatter; » avertissez-le sans le fatiguer; et bornez -vous » aux occasions et aux ouvertures de Providence, / , » auxquelles il faut être fidèle. Dites -lui les vé-
» rites qu'on voudra que vous lui disiez; mais » dites-les lui courtement^ doucement, avecres- » pect et avec tendresse* C'est une pros^idence » que son cœur ne se tourne point vers ceux gui 31 auroient tâché d'y trouver de quoi vous perdre, » Qu'il ne vous échappe pas, au nom de Dieu ; » s'il faisoit quelque faute., qu'il sente d'abord
LIVnE SEPTIEME. â3
3) en vous un cœur ouvert comme un port dans » le naufrage. Inspirez ^ lui, une piété douce ^ » commode^ simple, exacte, ferme , sans être » ni âpre ni scrupuleuse sur les minuties : il ny » a que l'imperfection qui exige la perfection
5> açec âpreté ».
Louis XIV donna y en 1702 , le commandement de Tannée de Flandre au duc de Bourgogne ; et chargea le maréchal de BoufBers de le diriger par ses leçons et ses exemples. Le îeune pnnce devoit nécessairement passer par Cambrai pour se rendre à sa destination ; il demanda avec em^ pressement au Roi son aïeul^ la permission de voir à son passage son ancien précepteur ; Louis XIV y consentit, mais aune condition q^ui déceloit toute la vivacité de ses premiers ressentimens contre Tarchevéque de Cambrai , ainsi que l'opinion qu'il avoit de son ascendant sur son jeune élève. M. le duc de Bourgogne se hâta d'instruire Fénélon de la permission qu'il avoit obtenue et de la restriction qu'on y avoit mise.
A Féronne, le ^tS^ayril 1709.
« Je ne puis me sentir si près de vous sans vous "VIT.
^ i- Lettre du
» en témoigner ma joie, et en même temps celle aucdeBour- » que me cause la permission que le Roi m'a gog»® * ^^'
nélon , a5
» donnée de vous voir en passant \ilya mis néan- avril 1 702,
(Manuscr.)
aij. UISTOIRE DE FÉNÉLOlTy
^ moins la condition de ne vous point voir en » particulier. Je suivrai cet ordre, et néanmoins n je pourrai vous entretenir tant que je voudrai , :» puisque j'aurai avec moi Saumery, qui sera le » tiers de notre première entres^ue après cinq ans » de séparation. C'est assez vous en dire de vous 3» le nommer, et vous le connoissez mieux que » moi pour un homme très -sûr, et qui plus est » fort votre ami. Trouvez - vous donc , îe vous » prie, à la maison où je changerai de chevaux, /
» sur les huit heures^oa huit heures et demie. Si >> par hasard trop de discrétion vous avoit] fait » aller au Cateau , je vous donne le rendez-vous i> pour le retour, en vous assurant que rien n'a » jamais pu diminuer ni ne diminuera jamais la ^1 sincère amitié que j'ai pour vous ».
Louis.
Ce n'éfoit pas sans raison que le duc de Bour-^ cogne s'étoit méfié de la délicate circonspection de Fénélon , et qu'il avoit prévu qu'elle le porteroit peut-être à s'éloigner de Cambrai au moment où il y arriveroit , pour éviter de le con^promettre et de se compromettre lui - même auprès du Roi. Il avoit fait en effet toutes ses dis* positions pour ne pas se trouver à Cambrai au passage du duc de Bourgogne , et il étoit au mor p[^ent d'en partir lorsqu'un c^urriev vint lui ap-'