‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 6 sur 107 · LIVRE SEPTIÈME, aS · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME, aS

porter la lettre du jetme prince. Nous trouvons cette circonstance dans une lettre latine (0 de Tabbé de Chanterac au cardinal Gabrieli. Cette enti^evue fut courte et gênée par la présence des militaires et des magistrats que le respect et le devoir avoit attirés à la maison où le duc de Bourgogne étoit descendu. Le jeune prince ne voulut point contrevenir aux ordres qu'il avoit reçus , et n'osa «é permettre d'entretenir Fénélon en particulier. Cette contrainte lui inspira une espèce de réserve qui parut affliger tous les spec^»

(0 DuxBurgimdiœ, indolis egregix, perspicacis ingenii, eï sincerae in deum pietatis princeps, magistrum pluriosi facit, et constantifisimé amat. Cùm autem profecturus esset in Belgium , rçgem avum exora?it, ut sibi licer^ huno in itinere videre et alloqui ; annuit rez , suàpté naturà benignus^et solà adversario» mm instigatione malé afiectus in praesulem. Sed timuît prin-^ ceps ne antistes in perlustrandis sus diœceseos parochiis frecpiens tiini temporis Cameraoo forsan abesset; neque frustra; namque jamjam proficiscebalur. 5ubit6 Cameracum adrenit nuncius, quem princeps ex ilinere jam.incepto Veredanis (Péronne") celerrimé praemiserat, ut epistolam proprià manu scrip> tam ad archiepiscopum ferret. Yetabat regius discipulus ne prs- 8nl verecnndiùs abscederel. Âsseverabat dulcissimus'yocibus se illins videndi desiderio flagrare. Transiit, vidit et allocutus est, sed parce ac palàm, ne recrudescerent adversariorum irae. Hoc nantium, longé latéque sparsum jucundissimé audivit et Belgiom, et Lutetia et Gallia omnis. Singuli quippé cordati bomines id optimé factnm praedicant , et summie ac principis laudi duçont. Soli adyarsarii boc indigno animo tulisse videntur.

26 HISTOIHE DE FÉNÉLON^

tateurs ; ce ne fut qu au moment oii Tarchevéque de Cambrai présenta la serviette à M. le duc de Bourgogne pour se laver les mains , que lé jeune prince y en élevant la voix de manière à être entendu de tout le monde, adressa à Fénélon ces paroles remarquables , qui disoient tant de choses en si peu de mots : « /e sais ce que je vous dois; .y> vous suivez ce que je vous suis ».

La campagne de 1702 ne produisit aucun événement remarquable en Flandre ^ quoique M. le duc de Bourgogne eut à combattre le fameux Marlboroug. Ce général vint prendre le commandement de l'armée des alliés , et faire le premier essai de son talent pour la guerre , qui réleva si rapidement au rang des plus grands capitaines. Cependant, M. le duc de Bourgogne^ selon le témoignage d'un officier distingué (0 employé dans cette armée , « fit voir dans cette pre- » mière campagne toute la valeur, la fermeté et » l'habileté qu'on n'acquiert d'ordinaire que par » l'expérience d'un gi^and nombre d'années ; il » charma les officiers et les soldats par ses atten- » tions pour eux, et par des manières gracieuses » accompagnées dé toutes sortes de marques de » bonté».

Un témoin encore plus imposant que le mar-

0) Mémoires militaires da marquis de Quincej.

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