‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 98 sur 107 · N.* XIV. — PAGE · texte numérisé non relu

N.* XIV. — PAGE

Suite des mémoires particuliers de Fénélon. Du i5 mars 17 is. Manuscriu.

Education du jeune prinàe. '

Art. I".

Si M. le duc de Beauvilliers peut être nommé fOVË» verneur, il doit se sacrifier et s'abandonner les y eus fermés^ sans s'écouter lui-même* Le cas est singulier |

quand il ne fer oit quVxdare un mauvais sujet, il fe* roit un grand bien; il doit ce sacrifice à l'Etat, à TE* glise, au Roi et au prince qu*il a tant aimé.

S'il ëtoit nommé , il pourroit obtenir une espèce de coadjuteur comme M. le duc de Ghaulnes ou M. le duc ' de Gharost. H seroit fort souls^gé par un ami de confiance, et la succession seroit mise en sûreté.

H feint un gouverneur, non-seulement propre à former le jeune prince, mais encore autorisé et ferme à soutenir, en cas de minorité, une si précieuse éducation Contre les cabales»

Il fa\]^t que le précepteur soit ecclésiastique ; il eqseî^ ^era x^ûe^x \st religion^ il posera mieux ses fondemens contre les entreprises des laïques, il sera plus révéré; mais comme je ne connois presque personne dans le clergé , je ne puis proposer aucun sujet ; il faut qu'il soit eiiti«remeii\%^ uoi au g^Mive^neur.

Il me paroit que dans ce caa particulier, il faudroit choisir un évêque. Ce caractère lui donnera plus d'autorité sur les princes et sur le public; il sera moins «exposé aux révoHitioQs de» cabales. On pourroit faire approuver pair le Pïipe qu'un évêque se chargeât de cet emploi dans un cas si extraordinaire pour la reh'gion.

BU LIVAE SEPTIÈME.^ 44?

Les sujets de Tordre épiscopal que je considère de loin y et sans pouvoir m'arréter à aucun, faute de les connoitre à fond, sont MM; de Meaux (O? de Soissons (3) , de Nîmes (^) , d'Autun (4) , de Toul (P).

M. l'abbé de Polignac est un courtisan qtû suivroit la, faveur ; d'ailleurs il a l'esprit et les Qpnnoissaucea acquises. *Je ne le souhaite point*

n faut un sous -gouverneur qui ait du sens, de la probitiéy une sincèrf religion, avec un attachement intimA m gouverneur.,

Il faut un sous-précepteur et un lecteur qui soient intimement unis au précepteur.

n faut un grand choix pour les gentilshommes de la manche et pour le premier valet de chambre ; aucun

(0 Henri de Thyard de Bissy, depuis cardinal.

<*) Fabius de Brùlart de SiUery, moH en 17 14'

Ç) Jean-César Rousseau de la Farisiére, nommé à Nimes en Ï710.

(4) Charles-François d^HalIenconrt de Drosmenil, nommé à Antun en 1710, transféré à Terdan en 173T.

(^François de Bleuet de CamiUy, nommé à Toul en 17047 transféré à rarcbeYdclié de Tours en 1721, mort en 1733.

448 PIÈCES justifigAt. bu lit. septième.

de contrebande ; aucun de douteux sur la doctrine. MM. Duchesne et de Charmon.

n ne s'agit point d'attendre Fige ordinaire ; le cas n'est que trop singulier. Le Roi peut manquer tout-à* coup ; il faut mettre pendant sa vie cette machine en train et l'avoir affermie avant qu'il puisse manquer. On peut laisser un prince dans les mains des femmes, et lui donner des hommes qui iront le voir tous les jours, qui l'accoutumeront à eux et qui commenceront insensiblement son éducation.

Le Roi pourroit mettre dans l'acte de régence la forme de l'éducation. Ainsi l'éducation seroit enregistrée et autorisée par la même solennité qui autoriseroit le conseil de régence pour la minorité future.

Sa Majesté pourroit même faire promettre au prince qui doit naturellement être le chef de la régence, qu'il ne troublera, pour aucune raison , ce projet d'éducation ainsi autorisé.

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