‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux;Chapitre 24 sur 56 · LIVRE TEOISIÈMI. l-Sl · texte numérisé non relu

LIVRE TEOISIÈMI. l-Sl

» que nous Tavons laisse feire un tel' archevêque ;> 31 il m*ea fait de grands reproches; il 'faut que D toute la peine de cette adSaire tombe sur moi..,^ » Je ne doute point que M^ le duc de Beauvillieni » ne soit fâché de me perdre; mon amitié pouv » laiétoit.trièS'Sincère; je crois qu'il ei^ avoit pouf T$ moi »• •

La Cour étoit à Marly lorsque Bossuet y vint présenter lui-même au Roi, aux princes, à ma^ dame deiAIaintenon, et à tous les seigneurs qui s'y trouvoient^ sa Relation sur le Quiétisme. Ma-» dame de Maintenon* vient de bous peindre l'en-* ihousiasme général avec lequel elle fut accueillie ; c'étoit le au)et de tous. ks entretiens du salon de Marly, et des allusions perfides ou piquantes^ des courtisans qui cher choient à plaire aux heureux du )Our, ou quiis'abandonhoient au torrent qui les entraiôoit. On doit bien croire que cette disposition fut un peu secçfidée par l'affectation singulière que madame de Maintenon mit à faire elle-même les EonneurS'du livre de l'évéque dé Meaux. Il en étoitsans doute parmi eux qui, en se rappelant Vépoque: encore bien peu éloignée où niadame de Maintenon professoit une amitié si déclarée pour.Eénélon, s'étonnoient de voir une femme de tant d*esprit , el toujours si attentive Béat égards. et aux convenantes^ distribuer ^UerlQ^BMi

l5a HISTOIRE DE FÉITÉLÔN,

avec Vkfk^ sa^tîsfaction insultante un écrit où son imcieni ^tti étoit si cruellement déchiré (i). On ignorait dans lepufafic tous les efforts inutiles que madame de M aintenon avoit tentés pour prévenir kft événémens qui avoient amené la disgrâce de F^nélon; tous les ménagement délicats quelle avoit employés pour le désabuser et Téclairer sur sa situation; toutes les précautions de sagesse et de piété qu*elle avoit prises pour s'écIairér elle-' Inême.; on ignoroit qu'elle avoit rempli pendant long-temps tops les devoirs d'une amie fidèle et dévouée, et qu'elle n'avôit iTait'qu'obéiry dans une question de religion , à Tautorité de ses supérieurs dans l'ordre de la religion y aux avis et aux inspirations des trois évéques de l'Eglise de France*, qui y jouissoient de là pins hante réputation de sdience, de vertu et de piété, et qui avoient été long-temps eux»mémes les amis et les admirateurs^ les plus sincères dé l'archevêque de Cambrai. On ignoroit tous ces détails , encore secrets , de cette longue et mystérieuse discussion. On se ressou-» venait seulement dé la confiance et de ila. faveur qu elle avoit montrées pendant tant d'années k Fénélon. On ne voyoit que les témoignages écla* tUDS de i'appui quelle prétoil alors à ses adveranmss, '6t:nlic6ntraste si extraordinaire et si inex-

^4^£jf:yY^y'^j Ité* Pièces justifieatitfcs âa K?re troisième , n. Vil. '

tiVRB TROISIEME. . l53

plicajyle de^it nabitdOiement exeiter rattention et rétûap0môiit d^ iQm ceux: qui eii «étoient ié^ moinsr * .

Cet ouvragie de Bosquet arrÎTa à Borne d^ns le liv. temps oû.les amis et les défeiifleurs4le Farelievéque ^io^ ^6^^^ de Cambrai étôient encore étourdis tle tous les deFénélon. coups qu'on venoit de Ihi porter ; c'ëtoit aii mo* Uiant pù Fabbé Bossuet auponçoil, avec la plu$ intrépide assurance^ des preuves juridicjues des diesordres de madamq Guyon ^ et qu'il méloit à . des déclarations publiques des demi^confidences plus perfides encore^ dans la vue de faire remon^ ter jusqu'à Fé&élou la trace honteuse de ces horribles imputations. La nouvelle de la disgrâce des parens 0t des ^mis de.Féiiélon avoit été un nouveau triompha po\ii! ses ennemis^ et la MeUaion sur h QuiéiUme adïevà da consterner et d'attérer totis ceuj£ qui sU|i|é}*essoi^Q^t à. lui; on ae savait plus que croire ^ qu^ pçuser^ Q^tte Ji^/^tion paroisi* soit dire tant de cbos^; elle p^roiasdit ^i suppri^ mer tant d'autres par ëggrd et par ménagement ; liOuis Xiy et m^^dame de Maintenon donnpient par leurs dUcpm^s et leur.^qpprobatiou un tdi cat ractère d'authenticité à toutes les accusationis^ ^ossuets y étoit e^iprimé aus^et du père Lacombe et de n^adame G^yon, d'une manière si sombre et si mystérieuse enfant : Ze temps est venu où

lS4 BISTOIAE DE FÉHÉLON,

Dieu veut que cetie union soit entièrement décou-" inerte; et ce peu de mots annonçoit de si ten*ibles révélations , qu'une profonde et religieuse tris* tesse parut s'être emparée de tous les cœurs et de tous les esprits. 11 sembloit qu'on dût cesser de croire à la vertu , si Fénélon n étoit pas vertueux. Au milieu de cette violente tempête y Fénélon^ restoit calme et tranquille. C'est dans 'les lettres qu'il écrivit alors à l'abbé de Chanterac, qu'onf • admire y avec un nouveau mélange de respect et d'attendrissement y cette douce sérénité de la paix et de l'innocence ; c'est même avec un esprit de gaité qu'il relève le courage abattu de l'abbé de Chanterac.

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