‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux;Chapitre 26 sur 56 · LIVRE TR · texte numérisé non relu

LIVRE TR

iflrpies lettres du

i63 rdînal de Noailles, qu'il

^~'^f nhfigé de faire un mystère à Bossuet de -"1 sîecret qu'il accorda en cette circonstance " '^r' Beauvilliers.

•^"- t?toit la position de M, de Beauvilliers; mr •'ent les motifs puissans qui sembloientin- •— ■ l-'ënélon la liberté de se défendre luîia crainte d'entraîner un ami si clier, âcc. Il considéroit peut-être moins et de M. de Beauvilliers que celui de '-. Il croyoit voir le bonheur de 'Tis dans l'avantage de conseriirgogne un gouverneur tjue , . ■,•!. nul autre n'auroit pu rem-

s firent craindre 5 l'abbé rion ne consentît à sacri- j 1 nom, sa gloire et l'Iionune excessive délicatesse re même excès de délîcaion de madame Gnyon ,

i6^ nisToias Dfi ^énélôh,

» incapable par son cœur de suivre jamais d^au-^ a» très mouvemens que ceux de la conscience la » plus éclairée. Mon père honoroit sincèrement » dans M. de Beauvilliers un esprit de religion , » de modération et de justice qui éclatoit dans ^> toute sa conduite. Il ne regardoit sa prévention » pour les mystiques modernes que comme une » illusion passagère, et comme un éblouissement » de piété, que Texemple et l'autorité de l'arche- » véque de Cambrai auroit causée, mais que la 2> condamnation ou la rétractation de ce prélat ». dissiperoit entièrement. La qualité d'homme » de bien, qu'il respectoit dans la personne de ce » ministre, étoit pour lui un si grand titre, qu'il » ne croyoit'pas qu'on dût le sacrifier sur de sim- » pies soupçons, ni punir sans retour la foiblesse » excusable d'avoir trop déféré aux sentimenss» d'un génie aussi supérieur et aussi séduisant que » celui de l'archevêque de Cambrai. Il se faisoit » même un véritable scrupule de contribuer à » bannir de la Cour l'homme qui y donnoit lé » plus grand exemple de religion, et à ôter d'au-^ » près du Roi le plus vertueux de tous ceux que » ce prince honoroit de sa confiance. L'arche- » véque de Paris, Qxé par un avis d'un si grand » poids, conseilla au Roi de conserver M. de » Beauvilliers dans tous ses emplois ». On. voit

: LIVRE TROISIÈME. l63

par quelques lettres du cardinal de NoailleS; qu'il ^ se crut obligé de faire un mystère à Bossuet de l'appui secret qu'il accorda en cette circonstance à M. de Beauvilliers.

Telle étoit la position de M. de Beauvilliers; tels éioient les motifs puissans qui sembloient>intcrdire à Fénélon la liberté de se défendre luimême, dans la crainte d'entraîner un ami si cher, dans sa disgrâce. Il considéroit peut-être moins . encore l'intérêt de M. de Beauvilliers que celui de la.Erance entière. Il croyoït voir le bonheur de plusieurs générations dans l'avantage, de conserver au duc de Bourgogne un gouverneur que., dans son opinion, nul autre n'auroit pu rem*«placer. . . • - ^ (c

Tous ces ménagemens firent craindre à' l'abbë Fermeté

. . . , et franchise

de Chanterac que Fénélon ne consentit à sacri^^ dePabbéde fier trop facilement son nom, sa gloire et Thon* Ç^a^^terac. neur de son ministère à une excessive délicatesse en amitié; Il voyoit où ce même excès de délica^ tesse , pour la réputation de madame Guyon , avoit conduit Fénâon. Il étoit tous les jours témoin, à Rome, des impressions fâcheuses que laissoîent. dans. les écrits la lettre du cardinal de NoaiUes, la Relation de Bossuet, et les soupçons odieux, que l'abbé. Bossuet, cherchoit. à faire rejaillir contre là vertu même de Fénélon.

l64 HISTOIIIS DB FÉn^LOJf,

Dans une occasion aussi essentielle^ Tabbë de

Chanterac remplit avec courage les devoirs les

plus austères de Famitië. Il écrivit à Fénëlon avec

une franchise et une fermeté qui donnent la plus

iiauté idée de son caractère.

UX. c< Pour faire ici (à Rome) des impressions plus

Chanterac ^ * fortes^sur lès esprits^ Ifes agens de M. de Meaux

décide Féné. » promettent toutes les semaines de nouvelles

dre à la /?e- ^ confessions de madame Guy on y et de nouvelles

lotion sur u ^ découvertes de ses abominations. Ils publient

Qidéusme,

» en même tetups qu'on a ici beaucoup de lettres » originales que vous lui écriviez , qu'on ne veut »' montrer qu'à la dernière extrémité pour sauver » votre réputation. Jugez quelle est ma douleur » de vous voir exposé à une conduite si injuste , n et même quelle est ma peine d-étr'e obligé à vous » apprendre moi-même des choses si affligeanteSb » Je ne vous les dis aussi que pour vous faire » voir la nécessité absolue et indispensable oii » vous vous trouvez de répondre prompLement » et publiquement sur tous les faits ^ et de les M éclaircir si nettement ^ qu'on ne puiiase plas *vou6 » confondre avec madame Gttyon^ etquoirvoie )) même les injustices de vosparties^ d'avoir voulu » rendre votre réputation suspecte ^ pour fortifier » leurs fausses accusations contré votre doctriike* » Tous vos amis, ou plutôt toutes les }>ersonnes

LITRE TROISIÈME. ifiS

» de pieté y sont dans laflUction du retardement » que vous apportez à faire imprimer vos réponses, ji II s^a^ de tout pour vous et pour la bonne D doctrine y de votre foi., de votreréputatiqn^de » rbonneur de votre ministère, lie jugement de >i votue livre dépend absolument de h vérité ou » de la fausseté des faits qu'on vou$ oppose. Si ji vos mœurs sont su^eotes^ on ne doii pliis dour 3> ter que vous n ayez abusé des expressions des » saints et des bons mystiques , et que vous n'ayez 31 cherche à cacher sous leurs paroles un sens tout 31 cpntraire au leuT; pour autoriser les plus dafn«- » nables maximes des quiétistes. Mais d^-lprs » qu'ea vous ju^ifîant pleinement mv rtous ces » faits I vous ôterez tout m)et de douter pu .<le » votre piété sincère, pu de voire bonne Jntenr 9} tionen faisant votive livre ^ on ne pourra plus » Fen tendre que dans le si^ns où le^ ^s^aints put » entendu ce que vous leur faites dii?e^ oja.ce.que » vous dites api^ès c^^x-

» Yotts ne poavez point espéi^r que Ton veni^le « se persuader ici.que votre respect ppur la Cour » de France, ou pour les personnes .qui en pnt » la faveur y vous ^en^che de répondre publi- » quement et d'imprimer; Non; car on dit ^)à » fort hautement que c'est la seule a^-ainte qiH » vous retient '^ que vous voulez ménager madame

l66 HISTOIRE DE FÉNÉCON,

» Guyon de peur qu'elle ne parle de vous, et » qu'elle ne découvre tous vos secrets. Il ne peut » point y avoir/disent-ilsy de considérations hu- 'y> maines qui vous retiennent dans une occasion ^» si essentielle, et où il y va de tout pour vous. :» Voilà l'extrémité où votre silence vous réduit , » et je dois avoir cette fidélité de vous dire , quoi » qu'il m'en coûte , que votre perte est infailli- » ble, et pour le livre, et pour la réputation, » et peut-être même pour la doctrine, si l'on ne ^ vous entend pas parler hautement , et avec la ^) même liberté et la même assurance que vous » avez fait jusqu'ici.

» Souffrez, Monseigneur, que je vous le dise ; » vous le devez encore plus sur les faits que sur » la doctrine. Le juge peut suppléer le droit » d'une partie qui ne sait pas l'expliquer ou le » défendre; mais il ne peut jamais, sous quelque » prétexte que ce puisse être , suppléer les faits ; » et ce n'est point assez que vous les proposiez » en particulier et en secret , il faut les rendre x> publics, afin qu'ils puissent servir de preuve. » Le juge n'y doit point avoir égard que quand ils » sont certains, et ils ne sont certains et avérés que v(> lorsqu'ils ont été communiqués à la partie, et » qu'elle n'a pas pu les convaincre de faux. Tout i> ce que j^ dirois dans des conversations parti-

LITRE TKOI61ÈM2. 167

» culières ^ ou même tous lès écrits que je feroîs >i lire en secret, seroient. inutiles et né prouve- » roient rien. Il faut que ce soit vous-méiiie qui » parliez , et qui parliez à vos parties , en expo^ i> saat la vérité des faits dans des circonstances D si exactes, qu'eux-mêmes soient obligés d'en ^ convenir de bonùe fo^ , ou du moins qu'ils ne » puissent pas les contredire. C'est à vous à les » faire taire et à leur fermer la bouche. Encore » une fois , votre silence dans cette occasion se- » roit regardé ici comme une pleine et entière » conviction de tout ce qu'on vous impute > ou » de tout ce qu'on veut faire entendre contre * » vous. Ne pensez pas, je vous supplie, que quand 3) je parle ainsi , je suive en cela mes seules lu- » mières ; c'est le sentiment universel , noh-sèu- 3» lement de nos amis , mais même des cardinaux. » Ils s'en sont assez expliqués; et ceux mêmes qui » voudroient vous être les plus favorables, ne » pourront plus s'empêcher de regarder votre j» livre comme très-dangereux, lorsqu'ils ne pour- » roient douter que vous l'ayez écrit , comme vos j» parties le disent, pour fj^voriser madame Guyon 3» ou sa doctrine. ^

» Je réserve pour le dernier article celui de ^ votre réponse à M. de Paris. Ce que vous me » dites de la disposition de la Cour à l'égard de

l68 ' HISTOIRE DE FÉHÉLON,

» VOS amisy dont les intérêts vous sont bien plus » diers que les vôtres , me touche et me p^aètre » tout comme vous ; mais je ne sais s'il n'y a pas » encore plus à craindre pour eux, dans un si- » lence qui vous condamne sans ressource à la » face de toute l'Ëgiise ^ que dans une réponse » douce et faonnéte qui justifiera en même temps » vptre doctrine et votre personne. Plus on veut i> les rendre responsables de toutes vos démar- » ches y plus il est certain que vous les entraî- » nerez avec voi^s dans votre chute, lorsque vous » vous laisserez convaincre, par votre silence, » de tous les égaremens dont on veut vous rendre » suspect. La honte et la confusion d'une mau-* 9 vaise conduite, à laquelle on persuadera le pu- » blic quils ont eu part, n'est-ce pas une dis^ » grâce certaine et sans ressource dans l'esprit » du Hoi , et celle qui pourroit davantage les af- » iliger?... Tous nos amis jugent vos réponses à » tous les faits , si nécessaires , que je les vois déjà » bi(en alarmés et tous affligés de ce qu'elles re- » tardent si lông-teînps ; et vous voyez bien que » nos parties ne manqueront pas d'en tirer tous » les plus cruels avantages qu'ils pourront. Tous >i vous êtes soutenu dans la doctrine , mais vous » succomberez dans les faits. Ils ont déjà dit ces » propres termes : Nous le verrons j ee grand ar-

LITRE TftOISlkHE. l6^

» cheu'é^ue, ce prélat si pieux. On vu découvrir V sa conduite ; son bel esprit ne le tirera pas de » cet embarras.

» Voilà Tétat des choses que je vous exposé » simplement; voos en pénétrerez mieux que ji moi toutes lescons^quences, et vos amis mêmes M s!en laisseront persuader. Que j'aurois souhaité » vous pouvmr cacher des détails si afiligeans I » Mais daùs une occasion oii il y va de tout pour » vous^ ne dois^jepas vous être fidèle jusqu'à la » mort (<)• Au milieu de toutes nos craintes ^ 3» de ces profondes ténèbres dans lesquelles nous » marchons depuis quelque temps ^ nous voulons » toujours être fermes et constans à résister à la » tempête. Oh nous avertit de toutes parts que » notre cause est désespérée, et je dis avec cou- » fiance à notre Seigneur : Domine, sah^a nos, » perimus; Seigneur , sauvez -nous, nous péris^ 9 sons. J'espère pourtant : le juste peut être op- » primé, mais la vérité ne sauroit Tétre. La bonne » doctrine sera défendue, et pourvu qu'on la sou* Si tienne on ne sauroit vous faire tomber. Mus ^ je vous vois en danger, plus je me hâte d« vous )» secourir , et je sens réveiller dans mon cœur » tout mon zèle et toute ma tendresse : du moins » je venx prendre part à votre affliction comme

0)19 juillet 1698.

I^O HISTOIRE DE FÉHÉLON^

>} les disciples de. Jésus- Christ : allons et mow^ y> rons avec lui ». y

Des motifs aussi impérieux ne. permirent plus à Fénélon de se renfermer. dans le silence qu'il s'étoit prescrit ; mais il lui étoit plus facile de se justifier que de publier sa justification. Il peint lui-même son embarras à ce sujets dans une lettre à Fabbé de Glianterac (0. « Vous comprenez bien » qu'après le coup qui a chassé quatre de mes » amis y je n'ai plus personne pour faire répandre » mes réponses à Paris y supposé même qu'elles » fussent imprimées : on trouve mauvais que j'im- » prime hors du royaume ; au dedans je suis ex-» » posé à d'étranges inconvéniens ; je n'ose écrire >) à personne à Paris, de peur de commettre ceux » à qui j'écrirois. Peut-être même ne pourrois-je » plus vous écrire dans la pleine liberté d'un se* >i cret entièrement assuré. De votre part, prenez »" toutes sortes de précautions pour ne m'écrire » que ce qui pourroit être surpris. Nous n'avons, » dieu merci , aucun secret qui ne soit très-in- ?} nocent et convenable à des gens qui sont très- 3> bons catholiques et très-bons français. Au reste, » quoi qu'il arrive, plus vous verrez l'orage crotr ?).tre, plus il faut élever votre vqix avec une » fermeté douce et modeste, pour demander

(0 Du 18 juillet 1698. ( Manuscrits. )

» exacte et prompte justice dans une vexation .^1 aussi longue et aussi manifeste ».

Il ajoutoit dans une autre lettre (0 : ce II ne

» faut pas s'étonner des lettres qui viendront de

» Paris. On ne peut que me condamner quand

» on allègue une suite de faits atroces ^ ren^

x> dus vraisemblables par des lettres de moi , et

» que je ne réponds rien. Vous recevrez cette se-

» maine ma Réponse à la Relation de M. de

» Meaux. Le travail est très-long; je n'ai pu avoir

» les ouvriers ; il m'a fallu ramasser des pièces et

» transcrire exactement mot pour mot de peur

» de chicanes. J'attends encore un éclaircissement

» important de Paris : pourvu qu'on attende ma

» réppnse, on verra si clair sur les faits ^ que j'es-

» pérerai justice. Quoi qu'il arrive, j'adorerai

» Dieu y et je le bénirai mille et mille fois de m'a-

^ voir donné en vous un ami selon son cœur, qui

» console le mien de toutes ses croix. Je vous re-

» verrai avec le même attendrissement que si vous

» reveniez victorieux d .

Fénélon n'aVoit eu connoissance de la fameuse LX. Relation de Bossuet que le 8 juillet ; et sa ré- ^^^^1*0^8 la ponse fut composée, imprimée, et étoit parvenue Relation sur à Rome le 3o août. En l'adressant à l'abbé de *^"? Chanterac, il lui écrivoit W : « J'ai tâché de

(1) Bu a août 1698. (Manuscriu. )

(*) Ma9uscrits.

1^2 HISTOIRE DE FÉNÉLOJfy

2> ùiiiemsiJiéponse avec sincérité ^ etvouspour- » rez remarquer cpie |e tire mes principales preu« » ves de la Relation même de M. de Meaux. Je » remejTcîe Dieu de ce qu il met dans vot^^e cœur 3> et dans votre bouche pour moi : s^il veut que » je succombe , il faut adorer ses desseins : une >» de «Des plus sensibles douleurs , c'est de penser 9 à l'état violent et amer où votre amitié pour^ S) moi V4M1S a mis ».

Ce fut donc dans Fin tervalle de cinq semaines, dans nn moment où ses adversaires venoient de publier quatre écrits très*importans contre lui ('), dans 4in temps où son cœur étoit brisé par le sentiment cruel de la disgrâce de ses amis, et par l'inquiétude encore plus cruelle d'entraîner dans sa chute le seul qui lui restoit à la Cour, que Fénélon conserva assez de facultés et d'énergie pour composer ce chef-d'œuvre de discussion et d'-éloquence. Aussi rien n'égala l'étonnement et l'a^miraicion dont tous les esprits furent frappés à Paris, à' Rome et dans toute l'Europe, en voyant la justification suivre de si près l'accusation. Il y eut telle province en France et telle contrée en Europe, où la Réponse à la Relation sur le Quiétisme parvint en même temps que la Relation

(0 La Lettre de rarchevéqae de Paris, nnc Lettre de Bossuet, la Relation sur le Quiétisme par le même, une Instruction pas^ torale de Tévéque de Chartres.

livuk TftoisiàME. 1^3

elle-même. On ne savoit ce qu*on devoit le plus admirer dans cette Réponse. La davté datas Tex*^ podtion des faits ; Tordre et l'exactitude rétablit dans leur m&irciie naturelle , chaque accuf^ation détruite par des preuves îri*ë»stibles; le'mérife si rare de nsettve dans la jnetification plus de pré« cision que n'en offroient les accusations ; l'accord encore plus rare de la simplicité ^ de Fâégamce et de la noblesse du style ; Fart admirable afvec lequel Fénélon avoit su^,. saiis finblesse et 8«ng mollesse y mettre à l'écart le cardinal de Noailles et l'évéque de Chartres , le Roi et madame de Maintenons pour ne faire tomber ses traits que snr Bossnêt seul qui l'avoit si.cmellement offensé : en un mot , cette profonde indignation d'une aine vertueuse y (çà se fait plutôt sentir qu'»per* cevoir^ parce qu'elle oonserVe encore aessez d'ein*pire sur elle-même poiô* respecter, dans son ad» versaire, la dignité de son propre caractère : telles sont lés foiMes nuances qui peutent offrir une image imparfaite de o^tfte admirable composition»

Fénâon s'étdnn» d'abord , dans sa réjponse^ de ce que Bossuet a transporte' tout^à^oûp^ sur des faits, une discussion qui n'avoit été, jusqu'alors , agitée et trââ4]ée que sur des points dogmatiques.

1^4 HISTOIRE DE P%n6L0N,

« Malgré mon inDocence ('), j'avois toujours » craint des contestations de faits, qui ne peuw vent arriver entre des évéques sans un scandale » irrémédiable. Si mon livre est plein , comme > M. de Meaux l'a dit cent fois, des plus extra- M vagantes contradictions et des erreurs les plus B monstrueuses , pourquoi mettre le comble au 9 plus aiFreux de tous les scandales , et révéler a aux yeux des libertins, ce qu'il appelle un » malheureux mystère, un prodige de séduction? n Pourquoi sortir du livre, si le texte suffisoit » pour le faire censurer? mais M. de Meaux corn- » mençoit à s'emban'asser et à être embarrassé » sur la dispute dogmatique. Dans cet embarras , » l'histoire de madame Guyon paroît à M., de n Meaux un spectacle propre h faire oublier tout- » à-coup tant de mécomptes sur la doctrine. Ce, » prélat veut que je lui réponde sur les moindres » circonstances de l'histoire de madame Gnyon, » comme un criminel sur la sellette répondroit à n son juge ; mais quand je le presse de répondre Il sur des points fondamentaux de la religion , il ■a se plaint de mes questions et ne veut point Il s'expliquer. Ilattaque ma personne , quand il est » dans l'impuissance de répondre sur la doctrine : » alors il publie sur les toits ce qu'il ne disoit

(0 Hëpoiue à la Relation sur le Quiélùme.

LÏVllB. TRblSiÈME. ' 1^5

» qu'à Toreille; alors il a recours à tout ce qui » est le» plus odieux dans la société humaine ; le ' » secret^ des lettres missives qui; dans les choses » d'une confiance si religieuse; et si intime, est » le plus sacré après celui de la confession, n'a » plus rien d'inviolable pour lui. Il produit mes 3) lettres à Rome ; il les fait imprimer pour tour- » ner à ma difiàmation les gajges de la confiance » sans bornes que j'ai eue en lui ; mais on verra » qu'il fait inutilement ce qu il n est jamais per- » mis de faire ». "

Fénélon montré ensuite que s'il a été trompé par madame Guyon, il a pu l'être très-inno^ cemment sur les témoignages honorables que M. d'Arenthbn, évêque de Genève, avôit rendus à sa piété et à ses mœurs ^ depuis même qu'on a voit voulu noircir sa' réputation. Il rapporte, à ce sujet, des expressions très-fortes d'une lettre de ce prélat , du 8 février lôgS.

Il va plus loin : il oppose à Bossuet Bossuet lui-même, qui, après avoir examiné six mois de suite madame Guyon, après l'avoir eue sous ses yeux pendant ce long intervalle , dans un monastère de son diocèse, après avoir pris une connois-: sance approfondie de tous ses manuscrits les plus secrets, l'avoit autorisée à approcher habituellement des sacremens, et avoitfini; en condamnant

1^6 HISTOIKE DE VÉHÉLON,

les erreurs de sa doctrine, par approuver qu'elle exprimât y dans une déclaraticm authentique qu'il avoit' lui-même dictée / ^u^e//e av^oit touJO^rs eu l'intention d'écrire dans^un sens très^athokçue ^ ne comprenant p4s alors ifuon en pût donner un autre,

« Si M. de Méaux (0 , qui avoit une conâois-* 9 sance détaillée des manuscrits les plus secrets ^ de madame Guyon, de ces manuscrits dont il i> a rapporté^ dans sa Ijielation, des fragmens si » remarquables y pour la représenter comme in- » fectée des principes les plus dangereux et les » plus extravagans y a cru cependant quonpouxHiit » excusejr ses intentions, comment moi, à qui D tous ces manuscrits y toutes ces visions, tous » ces prétendus miracles étoient entièrement inn connus , n auroL<i - je pas eu le droit de présu* » mer intérieurement en faveur des intentions de » madame Guyon, comme M. de Meaux en pré- » sumoit dans des actes publics ».

Il rappelle également l'acte de soumission à M^ le cardinal de Noailles , que madame Guyon avoit souscrit le 2$ août 1696, dans lequel ce prélat Tadmettoit à reconnoitre ses erreurs, en excusant ses intention^, et la mainteaoit dans la participation aux sacremens,

(s) Rë|ioiisé à la Relation sur le Qttiétùme.

J» • ai

r ^;I'ai<kiac(pù4trè trpmpé sur lès intentions » de madame G^uyon (0, comme l'ont ëté des » prëhU sîi«st>eGtiibles (ptiétbient devenue ses » sùpâ-ieurs natorek par son s^our dans letit$ »>c[iocèséSy e£ qui devoienL être 'beaucoup plus » instruits sur les détails 1^ plus secrets de sa

» doctrine ej; d4 ses moeiii^s. : - ^'

» Quant apx br\iits qui coiireiit conl>e led » . mœurs de mâdslme Guyon depuis son empri^ou^ » nement^ l'^U lai^e Texamén à ses sùpérieiib? » s'ils Sfs tirouvpient v^i tables^ plus je Tai eslimée>^ » pjus j aurpis^horrieur d'elle; plus j'en ai été édi^ » fie, plus je serois scandalisé de l'excès de soà » hgrpocrisie. L'Sgtise demanderbii un exemple » sur cette personne qui auroit caché une si hor«* » rible dépravation sous tant !de démonstrations » de,piété« . ' . '; ' .^ ; » ; !

^ 3» Je demande actnelUment à Bf; de Meaux,^ n; deii^ant .Dieu , qii'âl mlexpliqiie précisément â» qu'est-ce qu'il est ea droit <ie vôuloii* au^-delàv? I» Qu'y a*t-ii de daiir parini les bomknesy si tout n ce qu'on vient de voir ne l'est pas; LèJbnt/de « M. 4e Meaux h'est pas de ine faire condamnée » les livres de madame 'Guyoù, mais de persuâ* Ji der au public que je ne les ai jamais condamnés > jusqu'ici) il ne souge pas à me .le& fairè aban-

^ ^IRëpoïiee à la Relation sur lè'Qutétiûmei. ' *

Féiiélon. jTom. ii. i%

l^% HI$7.0taS SB FiÊVÉLONy

^i 4^]û(ja^tf jaAats à dire qu&e )e Eai soutdiue Vc^st i»t taw tort qu'H chercha pour sa justificàtioii ». , , On yQi4 qti9: Féitâoii) se croyoit obligé ' de g^s^ p^njra f^slcoi'e §on jugement sor les étranges ao çusatifim qu'on aToit répandue»» d»$ le publie CQEkkbe madaioe Guyon; mais la force hvèo la^ quelle il provoquoit lui-méoM la. punition' de ^ttefffldweâîdile étoit trouvée coupable, annonçait teses son mi^pris^ pour ses vils détracteurs. Le lioble ééàaxu avec lequel il les bravoît* ne leur peindt plug d'^^l^^^^ ^^ silence à la crainte d'èë:è cômprpnns par les aveux de madame

ViimB ne réptflerooSi point tout ce que dil Fé- Bélokiisur ce qui) s'étcàt passé pendant les xiot^é^ ceotes.d*tagr^ suiiiâ. signature d^ trente-quatre articles y sur les circonstances de son sacre., sur ^OAcefus d'a{!q|lrâi]yeff le.livredeM. de Mea«ix, sur la pttUÂcaéion du livre des jjiaxùné^, sur le l*eftsé;des coÉyiérences* Nous aVons déjà raj^ofrté ioni iae§.£ûfts k fedr* époque, sans dissimuler la Avtfrdté de qadbqueS'CiEO»nstance&que lef deux ^dif ersàîares chèrclioient à y mêler pour en tirer •éss^ ooqséqutnne$ favorarbiee. Mats on croit pou^ voiraffiimeriqiie,^dia»sisa M(épù^$eàkt jRêlaiioH ;Mr- fe tf^tism^ Pé»âio% reprélfenta t^m%e& ces circonstances aveic tant.de.oandeiir et de vérité^

tlVRt TKOiaiEHC. 1^9

dju^il laissât une entière convictioii datis tous les esprits : trop heureux $*il eût été aussi fondé il triompher sur la doctrine qu il le fut à démontrer Tinnocence de sa conduite et la pureté de ses intentions !

Bossue t a voit prévu que Fénélon ne manque-* roit pas de lui rappeler son empressement à être son consécrateur, et que cet empressement étoit difficile à conci]i)ftr avec l'opinion qu'il déclaroit avoir/ dès ce temps-là , des sentimens erronés du nouvel ardievéqùe.de Cambrai. Il avoiten consé^ quence cherché à prévenir Teflet de cette obser^ vation y en comparant son empressem^it à la sainte obstination des éviêques d*Egypte pour consacrer Synésius^ évêque de Ptoléknaïde ^ malr gré les erreurs que ce célèbre personnage décla^ roit hautement professer, et vouloir professer. Fénélon démontra que l'exemple n'étoit pas fokrt heureusement choisi ; qu'il étoit bien évident que les évéques d'Egypte ne se seroient pas obstinés à élever à l'épiscopat, un homme qui, Jjien loin d'annoncer la docilité que Bossuet suppoioit alors à Fénélon, afiectoit de protester qu'il resteroit attaché, jusqu'à la mort, à des opinions et à des habitudes contraires aux premières vérités du christi^tnisme et aux règles les plus essentielles 'de la discipline ecclésiastique. Fénélon observoit^

d8o HISTOI-RE DE FÉNÉLON,

ainsi qae tous les auteurs qiri uni parlé Je <^e fait singulier y que les évéques ne s'étoient point arrêtés aux frivoles protestations de Sjnésîus,. parce qu elles n-étoient qu*une pieuse ruse, asse^ usitée dans ce temps de désintéressement et de simpli^

eité, pour échapper au fardeau de Fépiscopat (0.

Bosstiet avott écrit , dans sa Relation sur le Quiétisme : « Oserois-je le dire? Je le puis avec confiance et h la face du soleil j moij le plus simple de tous les hommes j je tfeux dire le plus incapable de toute finesse et de toute dissinut* lotion, ai-je y}U remuer seul, par d^impercep" tihles ressorts, d*un coin de mon cabinet, parmi mes papiers et mes livres, toute la Cour, tout Paris, tout le royaume, toute T Europe et Rome même , pour exécuter le hardi dessein de per-^ dre, par mon seul crédit, M. l'archevêque de Cambrai »?

Ce mouvement ot*atoire pouvoit inspirer de Tintéret aux lecteurs. Bossuet étoit assurément bien éloquent ; mais il auroit fallu plus que de Téloquence pour persuader que , dans le moment OÙ il écrÎYoit les paroles que nous venons de rapporter , il n^avoit pas en efSel , à sa disposition tous les moyens de crédit et de puissance qui lui donnoient de si grands avantages contre

^ (0 Voyez les Pièces justifiaoit'es du Uyre troisième, n.»viir-

rardîevêque de Cambrai alors proscrit , exilé , loin de Paris. et de la Cour , persécuté dans ses amisi les plm chiers et n'ayant à opposer à des adyersair^es pttifijsans, que ^ vertu, son génie et le ténioiguagie de sa consdience. |<^énélon nVtoil-il pas en droit de lui , répondre , avec une îiouce ironie (.0 : «Yotis at<sz, reciPûrsaux plus Yiye« » figurea pour d4peiQ[dve nm ^Qction»proni{ite ^ çt: pr.esquuniv,er8i3][le> en? maj faveur». Vous me ^ permettresfr. de ypus. dire; ce .que Vaus!di3iea ;a contre Okoi; Quoij^le pp^irra-t'On croire ?.\Airje ^ néuaid'un c^^demQncfi^inMj àCambraiy/MiK » 4es>p:es$o^ impêrcej}t^leSj;^t^]^i,ii^p^FS9jBaieB y désintéressées et exemptes de préventions ? . Qtie » ,dis-)e,;exei]|p|Q$.d^ pr^^ntix>ns? ajoutons, qui » étoient sii pr^'venues contre moi avant d'^^ygife ;»..la mes.écrits. ^-je pu faire pour :mQn livre, » moi,élcM0iéy moi copti-cidit, moi / accablé der a>^tputi^ parts,: cç que^M^^de Meaux dît qu'il ne> » pouvoit faire lui-même contre ce livre ^ quoin A qu'il Sk% e^ ai^torité , eç <^4^^ien,6thi deî se »^ faire craindra. INI ./ide/Mea^x, a* dit (^) : <c Xe^ >i qabale^.^ lês^Jactions se reJf^^ent;^ J^s passions, ^ les intérêts partagent le monde ». Quel intérêt >» peut engager quelqu'un dans ma cause? J)e

(>) Réponse à la Relation snr levQoiëtisaie. *

(^) Relation snr le QuétismCv.

i8a histoihe bs pénAlan,

>> quai ç6té,8ont les -cabalesy les Jiwliani? Je suis p» çeuL^t ydeslUuiS'de toute reœouroâ humaine r tf quioojiqi&e rpgardè un peu .^n i>ifi?W/B'osepliiâ » ]&e conodttre. M. de Mea^K ^continue ainsi (Oe D />o gramdi corps j de grandes pmssémees s*é^ 9 meui^nt^ Où soat-ils ces grands corps? où sonf a C65 grandes puissanùes d6nt la fayeàr me sou^ »: tient? C'est ainsi que ce prélat s^excuse sur ce a que le monde parolt paréagé'ponx un livré a qu^il avoit d*^bord dépeint comme abominable )» et incapable dé souffrir aueun« saîné éxplicau tipii ; et c'est- dans cette conjoncture qu'il à

9 jngié k propos de passer de . la doctri'Âé àut

» f%îtS ». î '. e

^ Ygilà <lè^ que répôndoît alors iFénélon à ce

$inguUer passage de la H.éléiàcn de BôsèUet.

Que n'auroît-it pas pu aj6utèr/s'il eût eu con^ noissance de toutes les pièces que les detoiei^ éditeurs de Bossuet-ont jugi^ à^ propos 'dé pu* blier(î»). I . r :

Féoélon' termine sa réponse par ce déè teràWquable (5) : ft ffit reste à M. de Mêanx quelqu'#- » crît ou quelqu'aùtre preuve k alléguer contre

(0 llelaiion sur le Quiëtisme.

1^) Voyez les tomes ziii , ziy et zy de Téditioii des Œuvres

de Qossuetï ( De dom. D^fforis, ) (3) Réponse k U Relation sur le'Q^tisme.' ' '

r LITRE Ta0I9X^XS^ '' tSS

»• Ihe;: je te amjwe d[f«Qi>03tef»%olit '& ll<^ ^^JÉfi* >»: qu'il; oie soit ;pi)oKiptiett4t|t iecnblÊllièi^^Si'^ây ;» ks! ordyfes du SiipeJ Je* wi^lM M^ll^Yf]^^!

» miné juridiquement ; je ne puis étre%ri^etH« » qii# 49» bnittsr sagnçshilff/desi JaU^gdCbmp^ui ^.fh^sefi^iem l^as^Apppofondsesi £ïl métsmiiMW y meut impielat hypoonim) (p^iiiie'f9m%'itt^ tt> ver son sdiiHfc et la isAreltf/dft EË^iMi^^i^jl

» 4iffatnadt; 'ilîdcnt «a]{>teyietV ilM{dd[iis>d(iirJ]i^ vèeHes^ màis^idalif ' iincf |lraû^diip<$' jilriK^ÛI^ « Idutes les pr«a¥es 4]uli zàt4: 1^^ ^riàel'^ ^î^^ » puis nTiesBpédier ^ 'prendM» i«i' à UèAhb^ dAfii » dont ks yeux'4dttirëâ^'!«s^plûfi p#<tfêÉi^9^(f^ » nèlMTés et deva«C (fi ilidlf â^ f «ret^^^ biëcftdt^ ir i| sait^ lui qui Ht Jdans (iAcÀ& «ie«r^ 9 tiens à anotine penMÎM il$^nii^i^%^^;>i)dë » je ne&iâs4ttadiëi{tt'à'Mé^>6c^B|;ii^^ )» lejgémis^os ooiiBè'cn to pr<iêik;r^dli¥ lâ^^ ?.wndef^'*q^i} raujàw. k 1W%^^ 4$*^ jOy^c » kacJQWfi Hilescai^ale; iqiï'ilji»«déil^v|NMtéii^ i »ur tFoupeaur ; qa^iHeS iMfttiiffese arfns Sàî^ai-^ » son , et qu'il, donne autant de Wn^^ictiôns â* ?.M\^« Meau;ît qu^'il . m a^Qj^n^ de pTPif .«^i . : a U est diiSSicile de se faîne, une «dééj(biaKl)#^

;[84 &ISITOXKB BB FÉHÉLON^

qu'elle pro- lu^QQ fitùnXe, què kk* J^éponsè de^ Fiëaëloii oprfrâ ^ dans ;tflu$t h^t le^fufi^^. Plos la uj^efatioit de Bossuel

^égue ^{iifmbntti^ipkifi on £iit4tdn]ié:de Ib £)ci- )ît^. av^(3 teqwUeil'aToit diss^ë tôus^ie^ nuagesy édtairci toii$ili^:iilâs et montré sai ^erto dans tout

: . i BassQJsiaTbit fidfc valoir^ ai^ec tdtft <i?art/sa mo^ d^Miôii'Ctaes niénagemëns pour Fawéloin ^ déh$ 1^> preiaîei!s teifaps^> qufÔD sembloit plai]i^ï*6>'ce gliçnd lM)iaQiè.<t&i n'avoir éprouvé ^pie de^l'ingra^ tîtr^^ deifô^ pi^rt d® ^oii< anisieh dticij^fe. hes^ké^ mpiçtiagçfl qi^^'U avoU produits.de la déftfheace filMp ^q^^;r^b<f derFtéik^lon ai^oit >f)roifai|£f dalos l$Mo4/9J§ttre$iy:ài wit'pi'él^tj^ue iotkmûquiiéM et «eft«^apdfr.tateps,^toifint. établi Foradé de VEt< çl^i^çt jde i ^i^wiQ^^ ft^oU&9΀iiit , Goavaincie rai^chet* ^âque d^>Ca^ir^i<d'«iie espèce d'bypoir^sk) par k5j(;on$r0it9ifd9.)^HP0ilc|Mi4:e)aetiiGUe. M. «i ( 'î

; ( Va^Mk'^OQe ayea, ta(|uéUe Bbsstiet r. âvoit ; ptjé-sefttéitouA les jT^itftif^e sa Belaiiom lerinèm 4»

'i^) ^eBti-ekfi'e^oiîf^^'iin^oîe iBossaet , el it{î/e AV^^^ fflÛbaMorder.) ell^ peint k la. fois iecafActèrttiAagtiBto 4e'cèU» figuce si Qoble f t si in^os^te^ et cp géuip , 4)fUiff»^ «ttisqlejqvel ^i sembloit avoir assisté .à rorigine des tampS', pour révéler les •ecrets delà Providence, et apprendre à la longue sitit^e des eénérations lis causée préinîëi'eé'de tant<të f évolutions^ ^'ônt ,. «ItMigé ikioiivien via lice dn moiicle.' T

LITAB THOISFIÈME. 1^5

Roi dL de madame de Mamteaotti^ ^i y Soient invoqués à chaque page y leur aTotent dEontié une sorte id'évideBce qui' n'admettoit' aucune expïieatioB et oe l^ermettoit' aucun doute; On à vuy pear topt 'àei qbe nous-avous ^iyk v^pérté y queî daDS-iG^JBOinent é^uoe crise si teirifale > les amik les pltas zAésée Fénélon fureiit frappés • d'une' espèce destuprar: leur itriste silence ne IsÂsjoit^ eatenda^e q«ie les.ai&tiioinphans de ses eânemi&^ e0 nVtoit plus que dfiris'les prières^.daasleslariiieff^ etdaus cetié. pîfiuaQ.confimice que là reii^u. en-^ IrétieRt tou)oiiiE9:daA8 lés.c^lBUiisveftueiix^ qu'ils çhetrciMÎèBt Je&<;oni»btionsn'ëcè8Jntés.po ûxwi krarropinion! inteertaitte et âouiagie]^ Meurs cœurs! ô|)|ïre8aés;parla dôwlaun

Ce fut au milieu de toutes lés- dameurs de la prél^eutiouy âutfadUeu dè.ce ;grand! âéandàlc^ de bi;i^ligion y ce fut. dans ce! dëuU de Tamitié oqps-' temëe <}ue parut iout^tcoup la H^txonséde^ Féiké^* Ion : elle, rendit y par une espèce d'ienchahtémeBty lei bbubeurf t la sérénité à ceux^qiii n'aYDient pasi ce^é^d^< cf piçe à lia vwtçt ,;et laioonfiauce à ceu» qui ay^ent 01^ 4a Ibiblesge d'€H|k;d(Hi^ei!4:JBr.ue tint àiVidée dapersanue dfi blâmer la iiiol4e indigna^ tîf^i^ avec laquelle Fénélon avoit* élevé sa voiit pour repousser dos açcusatiotn^iqi^i auroient: dé^ ff^é la s^i|itptédi^>fqtf çpiii^i4èr^ , sî elles àvoieût

i8Q HisTOiKs DB rinthovy

pu trouver le plas léger fotidemelit danis rirrë^ gidarité de sa conduite. >

On sentit qu'écrase par la pnissanôé et A^n-* ^ritëy abandonné des hommes dont lV){)inkMi légère étott égarée par ks prestiges de r^dqttèacei flayott le droit de ne se oenfieMfn'âtt Courage de la vérta; fju'ilderoit braver toutes les ibîblei et p^i^illanîsics aonsidéraÉions- ((ui aurôient"po arrêter Tessoi* de sa voix et oompriiner les môu^ vemens d une ame profondément indignée. Ott Tavoit forcé de renoncer à cette nodératiii^n qud sa douceur et sa modestie lut av<oient prescrite jusqu'alors. Réduit à combattre pour. l'iMunenri* l^GOOsé devbit se montrer «ncore plus imposant que Faccusateur^ s'il ne vouloit pas rester accablé soïis le poids de laaousation. ' ^ ' '

' On s*étoit bien attendu que Fénélon, queroMi supposoit embaxTftssé dans^ ses moyens 4e justifia Gèlioil, cheroheroit k emplbjrer toistes les' ves^ sources d'un esprit fécond et brillant poiir pot-' lier ou pour excuser tout œ qui paroîssoit lé diarger avec tant d'évidence ; mai^ personne n'a-^ voit imaginé.; qu'appuyé sur U seul ' témoigiiâge de^sa ooRScièii'ee ^ il sauroit s'élever \ cette hauteur prodigieuse qui lui ^nnit , non-^eoieniêi^ de ilepousser tous les coups que son ait^sâirct hii avoit portés y mais 4e leforeet* luiHliéme^k 'SC

IIVRE TROISIÈME. l8^

défendre po«r se justifier « Cette t^vpltttiiHi iaat^ tendue exdu autsnl de surpiise dans' les ^c^MÎts ^'eUe ti^outtt d'adMf^enrs. ^

. De cette preiiMère impressiott' gtfiiërâle / résultèrent des réflexions plus raisonnées'^ur lei moyens: dont Bossuet avoit %iit ma^edan^ sa

jRjelaiion. . <

Ils étaient fondés sur dés actes (jne là confiance

seule lui avoit transmis /'et dont la délicatesse ^Mnbioit lui interdit'e Tnsagei U'idevoit à la seule coÉfianee de nxadame Gvyon tons ces' manuscrite dont il âvoit eaiployélès !èxtt*aits à la cottviit ^ ridietilêv < . ; > ;

. Les lettres A immbles et si ^ohinrises de l'abbé

-de Fébélon au* pkis grand '^Téque de liSglise de

fVance avoient fcé également écrites dans la s#-

-ourité de la coivfiànee et de Tamitié. Elles attes^

toient la cainh^u' et la bonne foi d*im coénr db»

cïle et Têlfgfetfi' 5 ^Dc^étoSetttd\dlleurs conformes

âuK règles de la dîscîplîtie eddésiâstique. Péné-

lon, ak)rs simple ptiStre /devait cette soumission

au caractère dont Béifeiiet étoit'reVêt^"; sans

doute Fénélon, devenu archevécjue de Cambrai ^

n'avoit pas le droit de changer d*opinion sur des

points de doctrine;, mai^ il ,prétendoit n avoif

diangé.ni d'opinion m <)e condiuliei 11 croyoit

s'être > eonfonné^ danfe fion.Hvre des êfaxirnet^

i88 Ul$TOia£ DEFÉHÉM)!!,

aux trente-quatre articles . d'Issy , et il accusoit Bossuet de s'être lui-même ëoacté de ces articles. Cétoit là le point de k çQntïrovQr&e,.et le jug^«i>

ment du Pape devoit.seul d^ider entre les deux

prélats. : • ; ./ . .

Qua^nt à 1^ letjtre 4e F^pëlpp à madame de Maintenon (0 , que Bossuet avoit présentée dans ^Relation commç unriyrsfhre dinU/vitê, on peut j^e ]:appele^ que.pette lettre avoit été lue en pré- ;sençe de M. de Beauvilliers , de M^ de Gkevréuse^ du cardinal dç^oailles , de Tévéque de CharU*es et de M, Tronson .; que les deux prélats avoîent paru approuver toutes les considérations qu!elle ren^rmoity et qu'Us les ayoienlt même Tait 'approuver- à: madame de S4aintenon.*enlùi remetr tapt cette lettre ^ qui ne pouvoit* déplaire qt^'à Bossuet seul. On avoi|; autant* de peine à com«prendre que Bossuet pût établir^ sur unepaiieflle Içttre y une conspiration ef&ayante pour ,1a retir gion et la morale, qu'à excuser madame de ]|^aiQr ,tenon d'avoir trahi la confiance de Fénélon^.eii livrant cette lettre à son adversaire C^^), , ,

(0 Celle du a août 1696.

(*) On ignoroit alors que des considération^ puissantes et respectables a voient commandé ce sacrifi.ce à madame de Maintenon. Des autorités auxquelles elle devoit naturellement déférer, Tarolent conyaincne que Tintât de I^EgUseet à» latérite

. Des cfoQSidératiops d'un autre genre ser voient «eacore à condlier à Fénâon l'intérêt général î on s^afflxgeoit que Bossuet eût choisi le moment oh il venoit d'obtenir de Louis XIV k disgrâce des parens et des amis de Fénélori , pour essayer de flétrir sa personne même , en le représentant comme le Montan d'une nowette Prisdlle; on s'affligeoit surtout qu'il eût fait concourir cette étrange accusation avec la procédure infamante qu'on étoit alors occupé à diriger contre madame Guyon et le père Lacombe.

- Il n'est donc pas étonnant que^ plus on avoit été entraîné par la Relation de Bdssuet y plus on fut ramené par uu sentiment de bienveillance vers Fénélon. Ce flux et ce reflux dé l'opinion, ce retour de l'intérêt public contre là première sur<^ prise d'un jugement précijpité, se font remarquer dans toutes les circonstances oii de grandes pas* sions et de grands hommes sont en présence et en opposition.

. Mais ce qui- parut surtout aux courtisans faabi^ les, le plus grand effort de l'art et du génie^ c'étoit l'adresse avec laquelle Fénélon avait su repousser tous les traits de Bossnet, sans compromettre un

eiigeoit une entière manifestation de toutes les circonstance9 d^une affaire à laquelle elle avoit eu tant de pan , et sur laquelle les opBiionis paroissoieilC se partager»

.199 HiaXOIRB DB TÈmÈLOVj

seul de ses arais, sans envelotppèr MM^de Beauvillierâ et de GhevnEuse dum les âifficmltés d*iifi6 cause qui ieoiUoîtieut être commatie y sans pro^ ooncer ua seul mot q« pût blesser le cardinal de Noailles et Tévéque de Chartres^ où aigrir madame de Maidtettoa dont il avoti tant à se plaindre) sans ^f&ir à Bossuet le plus léfj^ préttete de TaûCUBer auprès du Rot ^ déjà si exaspéré cotitre loi. II famt ea effet eônveiiir que cette partie de sa défense n'étoit ni Id moii» déBcftte ^ m la moins diffiàle; L'honneur ne permettoit pas à Fénélon de flatter dés ennemis puissails^ et la prudence loi défendoit de les irriter sans nécessité.

' La Réponse de rarchevéque de Cambrai opéira. kl même rév<4ution à Roriie qu'à Paris. On a vw par les lettres de Tabbé de Cïhanterac que sa cauise j étoit presque désespérée ; mais à peine sa ré-, ponse y fut* elle parvenue, que tous les esprits^ xievinrent k Fénâon. Utt cardinal disoit à Fabbé lettre dn de Cliànterac : « Je Fai lue avec le mâme épanche- (Mamiscr.] * iMbtds jôie et ds bdnhèur qtie j'attrois éprouvé , ^ si, après avoir ^^a AL l'archevêque de Cambrai A long^-temps plongé et abtiné dans une noter pre^ 31 fonde, je le revoyoia toiit»à-^oup revenir heu- » reusement à bord, et remonter en sûreté sur 3> le rivage »•

Mais le plus heureus de tous étoit le vertueux

mbb^ lié Chqiitepâlc ; plus son exceUdûteo^r a^oît

sou£feity plus- il rendissent au calttieetau bonheur^

« Ne craignez p(»nt que je sois^ ni kssé de nd^ Lettre de

» embâurras » ni affligé de toutes nos peines. Lors^ rabbé de

9 que feT^yois votre jnnocf née sur le point d'étrë iS sepiemb*

» accaUée par votre rëpngnânee hr répondre ai /^' .

» tant.d'aocusaftions injUBte^y et que Vôtre silence

9 mettoii encore la bonne àoetrine en danger

p d'être confondue avec les plus grossières en^eurs^

D.je .vous avoue que fe me la^ouvois quelquefois

» dana de: terribles ennuis; et Ik, sous V ombré

p dui^mSbvre (0, je n'étois pas toujours bien lé

D maître de mes inquiétudes^ \ mais à présent que

é ià vérité est œnnue, et que vous a^z fait ce .

» qui. dépend de vous poup T^laireir et pour la

»..défeiidBe^ tout ce qui pourroit arriver me pa^

I» : rol^rà un ordre si particulier de la Providence

9! sur IMI8 y que je n'oierois ni m'en plaindre à

1^ Dîett^ ni même en être afflige, le me soumet-^

n ti^i; tf£^quilleâi^!it à son bon pkrîsir ».

. . Lon^'il ajjla présenterraiu Pa{»e la Réponse de

*' (*> Chm,,.:, sederet, suhter unam juniperum > peîivit animœ iiut ut wêérôMUity Hak^^SétffkitnM, Domine ^ toile aniaiom «oiMfin ; tSÊfuètf^m mdhrst0k fttàm pattes nui. et £iie, dantf fi sa dooleor^ s^assit soms un gemèvre ^ et «ovbaitaiil la nc^t, » il dit à Dieu : Seigneur, c'est assez : retirez mon ame de dkhi 9 corps, car je ne suis pas meilleur que mes pères ». ' » * ' '- .Row,liy. iii/ch. i9,T. 4-

IQ% UISVOI]l£ DE .F|t»^IiQ9ry

Féoelofi hjf^ Relation de Bossue t^ ce podttfe^ qui ) Tavoit déjà liie^ laqcaetiUU avec une. à%ctioD et

une bonté encore plus, sensibles que dans sesâu» diencejs précédentes. U. eut Fôccasion de faire la même observation auprès de tous les. cardinaux et des prélats les plus distingués de la cour de Rome. On voyoit facilement qu ils étpient soulagés d'un poids qui oppressoit leur ame; tant la réputation de Fénélon étbit chère à tdusles amis de la religion et de TEglise? tant il avoit été nécessaire qu'il manifestât dans sa réponse le cou« rage y Tiodignation , la force et Févidence qui appartiennent à Tinnocence outragée?

liXn. Ce retour subit de l'opinion en faiveur ' de Féaé-

deVoailles ^^^ ' parut frapper le cardinal de Noailles.et et ré?êqae Févéque de Chartres, et les disposer un moment désirent de ^ ^ rapprocher de lui ; cette malheureuse guerre se rappro- avoit pris une direction entièrement xK>ntraire k

cher de Fé-

nélon. leurs vues et à leur attente. La véhémence de

Bossuet les avoit écartés malgré eux de ces me* sûres de bienséance et de ce système de oiodération auxquels ils am:oient voulu rester fidèles. Us ne pouvoient d'ailleurs ignorei: les fâdieux effets qui résultoient d'une controverse si animée entre les membres les plus respectables de l'Eglise de France. Leur piété s'affligeoit de voir leui*s noms rappelés sans cesse dans des écrits qui étoient ; devenus

devenus un sujet de scandale , bien plus que

d'édification. Nous avons en ^ effet. une lettre de

Fénëlon (0^ qui nous apprend que Févêque de

Chartres lui fit parvenir indirectement quelques

idées de conciliation. Cet intermédiaire faisoit

connottre à Fénélon « que Tévéque de Chartres

» et madame de Maintenon vouloient la paix^

» mais qu'on faisoit les derniers efforts pour la

» traverser. Ce ne peut être que. M. de Meaux^

h ajoutoit Fénélon ; cat je sais que M. de Paris

n est las de cette affairé; qu'il ne cherchoit qu'à

» sortir' d'intrigue ; qu'il vouloit entrer dans des

» tempéramens , s'unir avec mes amis , et blâmer

» le procédé violent de M. de Meaux. Mettez-*

» vous à ma place ; peut-ron refuser de chercher

» des\oies de paix? Je l'ai fait pour n'avoir rien

» à me reprocher;* mais je n'espère point que

» M. de Paris résiste à M. de Meaux pour toutes

» les démarches où il entreprendra de* l'entrât--

» ner». .,,. .

Ce que Fénélon avoit prévu arriva ; Bossuet L:xm. fut instruit de ces premières ouvertures , et prit j^ii^^g^Rgl des mesures pour, en prévenir le succès. Il ne marques sur pouvoit se dissimuler que le dernier écrit de Fé- ]f ^J^jpii. nélon paroissoit lui avoir ramené tous les esprits; • - ■ » • • '

, (0 Du 6 septembre 1698. (MoSQSCrîtf.)

Féivélon. Tom. 11. i3

194 HISÏOIRB DE FÉKÉLON,

il croyoit son honnear intéressé à cbanger cette disposition , et il se flatta d y parvenir en pu* bliant des Remarques sur la réponse de M: de Cambrai. Il avoit employé près de deux mois à les composer ; elles étoient beaucoup plus éten* tlues que sa Relation , et ne pouvoient pas offrir le même intérêt. La Relation réunissoit , comme iioi)s lavons déjà dit, tout ce qui peut exciter H curiosité y ou même flatter la malignité. La singularité du caractère et des aventures de ma* dame Guyon, et Ténthousiasme qu'on supposoit •a ses disciples y offroient, si on peut le dire, le ^charme €m roman par les couleurs agréables ^ue Bossuet avoit su damner à ce tableau. La révélation de plusieurs anecdotes piquantes et se* crêtes, que Ton y apprenoit pour la première fois au public , le caractère et le rang des prin* cipaux personnages qui y figuroient, appeloient Tattention des courtisans sur toutels les circons* tances d*une affaire où le Roi et madame de Main* tenon jouoiebt un r61e p'rincipaL

Le mérite de toutes ces circonstances, si propres à jfoire diqparoitre la séefaeresse d'une controverse tbéologique , ne pouvoit pas ^ retrouver dans les Remarques que publia Bossueli On y reconnott toujours son talent si distingué pour la dialectique et la discussion 3 mais la forme qu'il

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