LIVRE THOISli:lif£. I9S
avoit donnée & ces Jtemarçues n'admettoit ni ces grands mouvemens oratoires, ni le dbarme de cet intérêt continu qui se répa»d sur toute la suite d'un récit historique ; et tout le monde sait à quel degré de perfection Boasuet portoit ces deuic qualités si brillantes.
. Les /{eimzr^iief'noffr oient guère, en grande partie, qu'un tableau à deux Colonnes, oà il aToit placé la réfutation à côté des allégations. U y avoit mêlé dès âccusatioiis très-véhéinentes,
dont nous rendrons compté eu rapportant la Jtéponse de Fénélon à ces Remarques,
Si on veut prendre une idée de la célérité avec lxtv. laquelle Fénélon répondit aux Rsmarqum de pond aux Re^ Bossuet, il suffira de lire ce fragment de Tune de marques de
Bossue t.
ses lettres à Fabbé de Ghânierao (0 : « Pour ma ^à 3» réponse à Touvrage tofit récent de M. dé Meaux, » elle ne tardera pas h, partir. . Je (exdi deoiain » mon extrait $ il me faudra Û^ù JQurs j^ouc le » faire exactement .et avec ordre; ensuite il ^me » faudra six ou sept four^ pour la composition ; )» il en faut qiuHre du einç à Timprimeur tout au » moins. Comptez donc sur quinze ou seize jours 7> en tout ». , .
Ce fut en effet dans un si court espace de temps qu'il composa sa Réponse aux RetnOrques
(*) 3o octobre 1698. ( Manuscrits* )
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deBossù€t; ouvrage qui acheva de fixer en sa^ faveur^ sur la question des faits, Theureuse ré« volution que sa Réponse à la Relation avoit déjà opérée.
' On éprouve une impression triste et religieuse en lisant le début de cette réponse*
« Monseigneur y jamais rien ne m'a tant coûté >> que ce que je vais faire; vous ne me laissez » plus aucun moyen pour vous excuser en me }» justifiant. La vérité opprimée ne peut plus^ se » délivrer qu'en dévoilant le fond de votre con- » duité \ ce n'est plus ni pour attaquer ma doc- "^ trine, ni pour soutenir la vôtre que vous » écrivez, c'est pour me diffamer (0. M. de » Cambrai^ dites -vous, a déployé touies les » adresses de son esprit (Dieu l'apermis)^ pour » me forcer à mettre en évidence le caractère t» de cet auteur. Yous ajoutez : T€u affaire a n un homme enflé de cette fine éloquence ^ qui » a des couleurs pour tout , à qui même les » mauvaises causes sont^ meilleures que les 3> bonnes^ parce qu'elles donnent lieu à des » tours subtils que le monde admire. Où est-ce » qu'on a vu cette enflure ? Si elle a paru dans » mes écrits^ je veux m'humilier; si j'ai écrit d'un » style hautain et emporté , j'en demande par- Ci) Remanpies de Bossoet.
>i don à toute TEglise ; mais si je n'ai répondu :» à des injures que par des raisons, et à des so- -» phismés sur mes paroles- prises à contre-sens, » que par la simple exposition du fait, le lecteur » pourra croire que ma souplesse n'est pas mieux » prouvée que mon enflure de cœur. Continuons : 31 Pbur moij je nen sais pas tant; je ne suis pas
3> politique Simple et innocent^ théologien,
» j'e crus Ailleurs, vous vou$ rendez le plus
» beau de tous les témoignages par une des plus^ » grandes 6gures : Quoif ma cabale! mes émis- » saires ! L'oserois-je dire? je le puis avec con- *-» fiance, et à la face du soleil, le plus simple
?) de tous les hommes Pendant que vous vous
» donnez de si belles couleurs, vous ne cessez » dé m'en donner d'affreuses ', vous vous sentez » obligé d'auertir sérieusement les Chrétiens de 'iy se donner de garde d'un orateur, ijui, sembla- » ile aux rhéteurs de la Grèce, dont Socrate » a si bien montré le caractère, entreprend de » prouuer et de nier tout ce qu'il veut, qui peut » faire des procès sur tout, et vous ôter tout-ày> coup avec une souplesse inconcevcAle la vérité
» qu'il aura mise des^ant vos yeux Il est aisé
» de voir qu'en parlant ain^, vous pensiez à ces » hommes qui, dans une place puMique, se » jouent par leurs tours de souplesse des yeux
iqQ histoire de fémélon^
s> de la populace. Aussi finissiez-vous en disant : » Téçris ceci pour le peuple^ ouj pour parler » nettement, afin que le caractère de M. de » Cambrai étant connu, son éloquence, si Dieu
» le permet, n impose plus à personne C'est
» donc jusqu'au peuple que s*éteiid votre charité^ » pour me montrer au doigt comme un impos* » teur qui lui tend des pièges; pour vous^ vous » vous récries que vous avez besoin de réputa* a> tipn dans votre diocèse ; tout au contraire ^ se^ » Ion vous y le diocèse et la province de Cambrai » ont besoin de se défier de moi comme d'un V impie et d'un hypocrite.... Quelle indécence » que d'entendre dans la maison de Dieu, jus- » que dans son sanctuaire , ses principaux mi- ^ nistres recourir sans cesse à ces déclamations » vagues qui ne prouvent rien. Votre âge et mon » infirmité nous feront bientôt comparoitre tous » deux dj^vant celui que le crédit ne peut appai- » ser y et que l'éloquence ne peut éblouir.
y* Ce qui fait ma consolation , c'est que , pen- » dant tant d années où vous m'avez vu de si pi^ès » tous les jours, vous n'avez jamais eu à mon » égard rien d'approchant de l'idée que vous vou- )i lez aujourd'hui donner de moi aox autres. Je » suis ce cher ami, cet ami de toute la vie, que » vous portiez dans "ùos entrailles. Même aprea
3) Timpression de mon livre j vous honoriez ma » piété; je ne fais que répéter vos paroles dans » ce pressant besoin. Vous aviez cru devoir con-- » server en de si bonnes mains le dépôt important » de ^instruction des princes; vous applaudUes D au choix de ma personne pour larchevéohé de D Cambrai. Vous m'écriviez encore, après ce » temps-là, en ces termes : Je vous suis uni dans B te fond du cœur, auec le respect et Vinclina- >» tion que Dieu sait. Je crois pourtant ressentir ^} encore je ne sais quoi qui nous sépare un peu, » et cela m* est insi^portail^. Honoriez*- vous , » Monseigneur, d*une amitié si intime les gens » que vous connoissez pour faux , hypocrite^ et » imposteurs? Leur .écrivez^vous de ce style ? Si » cela est , on ne saur oit se fier à vos belles pa- » rôles, non plus qu'apx leurs : mais avouez-le; » vous m'avez cru très«^ncàre jusqu'au jour où 9 vous avez mis votre honneur à me déshonorer, » et où, les dqgmes vous manquant, il a fallu )> recourir aux faits pour rendre ma personne » odieuse. '
» Loin de m'étonner de ce procédé , je l'ai » prévu comme une suite inévitable de vos pre- M mières attaques. D'abord, vous vous êtes tout » proinis de vos talens, de votre autorité ; à me- » sure que vous vous promettiez des succès plus
'ilOO RISTOIllE DEFÉNÉCON,
» prompte et plus faciles , vous les promettiez » aux autres , et c^est par tant de promesses que » vous les avez engages dans des extrémités si con-
3» traires à leur modération naturelle Vous
» assuriez que mon livre n^éloit susceptible d*au- 3> cune saine explication ; vous promettiez, de ce » ton affirmatif qui vous est naturel, qu'au pre- » mier coup-d'œil Rome entière seroit unanime » pour frapper d'anathéme toute ma doctrine.
» Quel mécompte? Plus on l'examine , plus elle » trouve de défenseurs non suspects , qui ne s» m'ont jamais vu, qui ne me verront jamais, et » auprès de qui je n'ai aucune recommandation 3> que celle de mon innocence. Jamais livre n'a ji été si rigoureusemenl; examiné ; jamais on n'a » fait contre aucun livre, surtout en matière de » spiritualité, tant d'objections subtiles et ou-
» trées Il a donc fallu soutenir vos premiers
3> efforts par de nouveaux engagemens. Vous avez » représenté aux autres prélats qu'on ne pouvoit 31 plus reculer, sans vous déclarer auteur du » scandale , et sans faire triompher la cause de 3> madame Guypn , que vous supposez toujours » inséparable de là mienne. Au nom de madame » Guyon , onfrémit , et on vous laisse faire; vous » passez des dogmes aux faits. Ma personne, selon » vous , est encore plus dangereuse par ses arti-
31 ficeSy que mon livre par ses erreurs. Le monde » entier, d'abord frappé de la nouveauté des faits^ » et qu^on avoit prévenu à loisir contre moi, re- M vient à mesure qu'on lit mes réponses. Les faits 3) s'évanouissent ; tout vous échappe : de tant 1» d'esprits prévenus d'abord, il ne vous reste » qu'une troupe toujours prête à vous applaudir, 31 et qu'un certain nombre d'hommes timides que » vous entraînez, malgré eux par les moyens effi- -» caces que tout le monde voit, et qu'il est aisé 3» de prendre dans la situation oti vous êtes.
3> Il étoit naturel de craindre qu'à la fin , ceux » que vous avez engagés trop avant n'ouvrissent » les yeux, faut-il dope s'étonner que vous ayez 3) recours à Yenchantement? \J enchantement ex* 3» plique tout dans votre réponse. Selon votre be-^ 31 soin, vous faites croître ma souplesse à mesure 3> que vos preuves s'évanouissent. Plus j'emploie de 3) bonnes raisons, plus je raconte de faits déci* » sifs, tirés de vos propres paroles dans votre iZe- 3) lotion^ plus le lecteur en est touché /plus vous 3> vous récriez sur le charme. A vous entendre 3> parler, on peut encore moins résister aux puis* ^ 3) sa^s ressorts que je remue dans toutes les na-« 3> tions,. qu'aux prestiges de mon éloquence. Si 3) peu que cette affaire dure, vous me représen- 3> terez bientôt comme le plus redoutable de tous
30Ï HISTOIRE SE TÈSthOS ,
» les hommes.... Où en étes-vous, si vous êtes » réduit à prétendre sérieusement , pour vous y justifier, que j'ai dans le monde plus de crédit n que vous?.... C'est ainsi qu'en me reprochant u d'être subtil, vous poussez la subtilité jusqu'à » l'excès absurde de vouloir prouver au monde » -que c'est moi qui suis le plus accrédité de nous n deux. Que ne prouverez-vouspas, si vous prou- >i vez ce fait contre la notoriété publique u ?
Bossuet avoit accusé l'archevêque de Cambrai d'avoir donné les livres de madame Guyon à tant de gens, depuis qu'ils étaient condamnés, et de les avoir même donnés comme régla de conduite à ceux qui avoient eo/^iançe en lui. Fénélon avoit répondu avec toute la simplicité.et toute la fei^ meté d'un homme que sa conidence empêche de rien craindre : S'Jo les ta donnés à tant de gens, il n'aura pas de peine à les nommer. « Que ré* » pond M. de Meanx? Qu'il ne s'agit pas d'une » distriiution mtmuelle; qu'il veut dire seulement » que je les ai laissé lire ; que j'ai approuvé qu'on » les lût, et que je m'arrête à des minuties. Quoi I » TOUS avancez un fait odieux, par lequel vous n voulez me noircir , et vous ne craignex pas de ■a dire que je m'attache à des minuties, en deman-
u dant la preuve de cette accusation I Nom-
» mez une seule personne î^ qui /'aie donna ces
♦ » liiffes? Un aafre que vous avoueroit son icnn pui3sance^ mais vous avez des ressources iné* » puisables : donner, dans votre langage , ne » veut pas dire donner; il signifie laisser j ^t n'ar^ » rocher pas. Au lieu de preuves^ vous donnei^ >» des jeux d'esprit et une dérision maligne ; vous 3» assurez que c'étoient mes livres favoris, livres » chéris» Vos- amis, dites - vous , n* auraient pas y^ lu ces livres si vous les eussiez obligés à y re* » noncer; vous étiez leur directeur. Je n*étois le j» directeur d*aucun ; aucun d'eux né m'a jamais D demandé conseil sur la lecture de ces livres ; » je ne sais ni qui sont ceux qui les ont lus, ni i> qui sont ceux qui ne les ont pas lus ; jamais je » ne les ai conseillés à aucun d'entr eux. Ainsi un » fait, qui devoit avoir tant de corp$ dès qu on s» le saisit, s'évapeje en raisonnemens ; et le rai- 5) bonnement porte à faui^ swr d autres faits , qui » dtsparoîssent coipime le premier ».
Bo^^uet, qui reproçboit II Fénélou de saUa^ cher il des minuties, avoit fait lui-même une ob* servatiou asse?^ minutieuse. Fénélon > dans sa lettre au Pape, avoit simplement indiqué à la marge les livreii de madame Guy on , au nombre de quelques autres égaleeaent censuréi par le saint Siège. Quand on écrit nux puissances, disoit 3os$uet, on ne doit rien mettre par apostille» Fénélon lui
do4 HISTOIKB DE FÉNÉLOlfy
répondoit d'ua ton de gatté : « Voilà une règje » de cérémonial pour laquelle vous pouviez vous » reposer sur le Pape même. Tant qu'il ne sera a> point mécontent des marques de mon profond » respect , ce n'est pas à vous à en être mécontent » pour lui ».
Fénélon , dans sa Réponse à la Relation sur Je Quiétisme, s*étoit élevé avec la plus grande force contre Fabus que Bossuet avoit fait des lettres qu'il lui avoit écrites dans le sein de la confiance et de Tamitié. Bossuet lui reprocfaoit à son tour d*avoir également fait usage de ses letti;*es. « Mais » pouvez -vous comparer y Monseigneur, repli- » quoit Fénélon, votre procédé au mien? Quand » vous publiez mes lettres , c'est pour me difiamer » comme un quiétiste, sans aucune nécessité.
3> Quand je publie les vôtres , c'est pour montrer » que vous avez désiré d'être mon consécrateur , » et que vous ne trouviez plus entre vous et moi 3» Çiiun je ne sais quoi, auquel vous ne pouviez » même donner un nom. Vous violez le secret » de mes lettres missives, et c*est pour me perdre; » je ne me sers des vôtres qu'après vous, non -» pour vous accuser, mais pour sauver mon in- » nocence opprimée. Les lettres quevousprodui- » sez contre moi, sont ce qu'il doit y avoir de «> plus secret en ma vie , après ma confession , et*
« LIVRfi TltOISIEHE. SoS
i> qui, selon vous, me fait le Montan d'une nou^ » i^elie Priscille. Au contraire , vos lettrés que \^ » produis y ne sont point contre vous; elles sont D seulement pour moi ; elles font voir que je n e« » tois pas un impie et un fanatique. Pourquoi » mettez-vous votre honneur à me difiamer? Qui » ne sera étonné qu'on abuse de Fesprit et de » l'éloquence pour comparer une agression pous-<» » sée jusqu à une révélation si odieuse du secret » d'un ami y avec une défense si légitime, si in- » noceate, si nécessaire »• . On nous reprocheroit peut-être le silence que nous afiècterions de garder sur un fait particulier, dont il résulta une espèce de scandale du genre le plus affligeant. On sait assez que , dans le coairs des débats si animés, qui eurent lieu à cette époque entre Bossuet et Fénélon , Farcbevéque de Cambrai accusa Févêque de Meaux d'avoir réyélé sa confession; mais il étoit bien évident qu'il n'étoit pas question éCune confession sacror mentellcj et que Bossuet ne pou voit pas se mé* prendre sur le véritable sens dé cette expression. Il est certain, et Bossuet n'en disconvenoit pas, que Fénâôn'lui avôit communiqué un mémoire secret et détaillé si;r toutes les dispositions in té-» rieures de sa coïisciénce ; c'étoit sous le' nom de confession que ce mémoire avoit été présenté à
2o6 niSTOIEE DE FÉIRÉLON,
Bossuet ^ 6t communiqué au cardinal de Noailleâ et à M. Tronsan. C'est toujours sous le nom de confession qu'il est rappelé dans des lettres de Fénëlon à M. de Gbevreuse , bien antérieures à Tëpoque où les événemens noua ont conduits.
Ainsi, Bossuet étoit aoooutumé depuis long-^temps à voir Fénélon appliqiter le nom de confession à cet aote remarquable de la confiance si touchante et de Fabandon si entier qu*il lui avoit montré quelques années auparavant. Il est vraisemblable que si Fénélon eût continué à^se servir dif mot de CùT\fession dans iin écrit ou dans un mémoire particulier adressé à Bosâuet, Bossuet n'auroit point réclamé contre une expression ^ dont la véritable signification étoit dé)à déterminée dans leurs relations antérieures y mais c*étoit dans un écrit public adressé à TEglise et à toute FEm^ope* Le public n étoit point initié au secret de leur correspondance particulière. Le mot-de confession ^ prononcé d'une mBnikre absolue et skoA aucune restriction , ne pouvoit ^ selon l'acception eom* mune, offrir au public que l'idée djineconfissùm sacrantenêelle. Boseuet étoit donc fondé à s'âe- Ver avec indignation contre l'emploi singulier et inusité, que Fénélon *se permittoit d'une expression, qui j^ouvoil faire naître des soupçons du genre le plus odieuiê. U fallut done que téùûoix
x.iyiiE thoisième. âo^
fit connottre au public , que par ceituot de confes^ sion, U n avoit prétendu rappelei^ qu'un mémoire particulier^ oit ilavoit «xposé à Bossuet, dans un secret 'de coiifession toutes les dispositions inté*rieûres de sa conscience. Cette explication calma^ dès le premier moment ^ Tespèce d'agitation qui s'ëtoit élevée à ce sujet. Mais il auroit beaucoup mieux valu que Fénélon n'eût pas rendu cette explication nécessaire ^ et qu'en parlant au public il ne se f&t pas exposé à induire le public en erreur dans une matière aussi grave.
Nous finirons l'analyse de cette apologie de Fénélon par l'apostrophé qui ki termine y et qui dut faire une' grande impression sur Bossuet. * « (0 Je laisse beaucoup de choses sans réponse » particulière ^ parce que les faits éclaircis décii> dent de tous les autres , et que ceux dont }'é- A pargne là discussion aux lecteurs , ne devroient » être appelés dans votre langage que des tttinu" » ties. Mais si vous )tig(Vi à propos de vous eh » plaindre, je répondrai exactement à tout. Il ne » me reste qu'à conjurer le lecteur de rélire pa* » tiemment votire Relation avec ma Réponse^ et » vos Remarques avec cette Lettre; j'espère qu'il
» lie reconnoltra point en moi le Montan d*une
» noui^elle Priscille , dont vous avez voulu ef-
(>) Héponse àut Hcmarcpies.
9lo8 HISTOIKE DE FÉirÉLON|
» frayer l'Eglisç. Cette comparaison vous paroit >» juste et modërëe; vous la justifiez en disant » qu'il ne s'agissoit entre Montait et Priscille yi que d'un commerce d'illusion; mais vos corn-* » paraisonSy tirëes de l'histoire ^ réussissent maL » Comme la docilité de Synésius ne ressembloit » point à la mienne ^ ma prétendue illusion ne i*es- » semble point aussi k celle de Montan. Ce fana* » tique avoit détaché de leurs maiîs deux femmes a» qui le suivoient : il les livra à une fausse ins- 3i piration , qui étpit une véritable possession de ^ l'esprit malin , et qu'il appeloit l'esprit de pro« » phétie. U étoit ppssédé lui-même^ aussi bien qua » ces femmes y et ce fut dans un transport de la » fureur diabolique , qui Tavoit saisi avec Maxi-- » miUe, qu'ils s'étranglèrent tous deux. Tel est » cet homme y l'horreur de tous les siècles , au- )> quel vous comparez votre confrère y ce cher » ami de toute la vie j que vous portez dans vos » entrailles; et vous trquvez mauvais qu'il se plai- » gne d^une telle comparaison ! Non , Monsei- » gneur^ je ne m'en plaindrai plus ] je n'en serai a> affligé que pour vous. Et qui est-ce qui est à » plaindre y sinon celui qui se fait tant de mal à » soi-même , en accusant son confrère sans preuve ? » Ditbs que vous n'êtes point mon accusateur, en n me comparant à Montan! Qui vous croira? et
» qu'ai-je