‹ Histoire de Fénelon: archevêque de CambraiChapitre 32 sur 75 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

l'événement d'un combat qui devait ajouter un nouveau triomphe à sa gloire.

Fénelon , à son retour à Paris, fut assez positivenlent instruit de Tesprit dans lequel Bossuet avait composé son ouvrage, pour se décider à ne point y attacher son nom. Il ne put d'ailleurs ignorer que cette approbation ne lui était demandée que pour arracher de lui une véritable rétractation soug un titre ipécieva; et Bossuet luimême ne le dissimula pas dans la suite. Fénelon prévit, et il dut prévoir que son refus allait l'engager dans une controverse très-délicate et très-animée avec un homme aussi imposant par son génie et ses talents que par la considération dont il était environné. Il sentit qu'il avait deux objets indispensables à remplir, l'un pour l'intérêt de sa propre réputation, et l'autre pour celui de sa tranquillité.

Il s'attacha d'abord à ne pas laisser subsister le plus faible nuage sur l'exactitude de sa doctrine et la sincérité de ses sentiments. Ce fut dans cette vue qu'il rédigea une explication très-détaillée des trente-quatre articles d'Issy, où il expose avec candeur ses maximes sur la charité et sur Vorai-son passive. 11 soumit cette explication au cardinal de Noailles et à M. Tronson, qui l'approuvèrent et n'y remarquèrent aucune erreur.

Mais il restait à Fénelon un second objet à remplir, non moins important sous un autre rapport: c'était de prémunir l'esprit de M"* de Maintenou

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contre les impressions que Bossuet chercherait à lui donner, en lui dénonçant le refus d'approuver son livre comme un indice certain de sa complicité avec M"*' Guyon.

Fénelon, au moment de partir pour Cambrai, se hâta d'annoncer à Bossuet sa détermination , dans une lettre pleine d'égards et de ménagements, qu'il remit à M. le duc de Chevreuse, avec le manuscrit de Bossuet; M. de Chevreuse devait expliquer de vive voix et en détail les raisons qui avaient arrêté Fénelon.

Bossuet, comme on s'y était attendu, fut trèsmécontent du refus de Fénelon. Il ne voyait dans cette résolution de sa part que le parti pris, pour soutenir M"' Guyon , de se désuiîir d'avec ses confrères, ses eoméerateun , ses plus intimes amis.

Fénelon répondit qu'il n'était point le protecteur des erreurs de M"* Guyon, mais son ami, l'interprète de ses véritables sentiments qu'il connaissait, mais non l'apologiste de ses expressions qu'il condamnait 5 qu'en révisant d'approuver l'ouvrage de Bossuet , il ne se séparait point de Tarchevéque de Paris et de l'évêque de Chartres, qui n'exigeaient pas son concours et ne blâmaient point son refus ; que sa foi et sa réputation n'étaient point attachées à l'ouvrage d'un de ses collègues ; qu^il en devait compte à l'Église seule, et qu'il serait fidèle à remplir ce devoir sacré.

C'était en effet un engagement qu'il avait con-

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