‹ Histoire de Fénelon: archevêque de CambraiChapitre 33 sur 75 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

tracté, et cette obligation était devenue encore plus indispensable depuis son refus d^approuver le livre de Bossuet.

Tels furent les motifs qui déterminèrent Féne- Ion à publier son livre ayant pour titre: ExpUeation des Maximes des Saints sur la vie intérieure, livre qui devait lui coûter tant de disgrâces et de malheurs.

Fénelon avait pris avec M"» de Maintenon rengagement de ne rendre son ouvrage public qu'après l'avoir soumis à Texamen du cardinal de Noailles et de M. Tronson. C'est ce qu'il fit. Le cardinal garda le manuscrit de Fénelon environ trois semaines, et, après lui avoir fait quelques observations sur certains passages, Fénelon les retoucha en sa présence, et dans le sens que le prélat avait désiré. Alors celui-ci déclara qu'il approuvait Texécution du livre , et qu'il le trouvait correct et utile. Cependant le cai'dinalde Noailles, ayant témoigné le désir qu'U montrât son ouvrage à quelque théologien de l'école qui fût plus rigoureux que lui , Fénelon choisit pour examinateur M. Pirot, docteur de Sorbonne, homme aussi savant que judicieux, et examinateur habituel de ^ tous les livres et de toutes les thèses de théologie , le même qui avait travaillé à la censure des ouvrages de M"' Guyon, et qui était peu prévenu pour elle et pour sa doctrine.

Après un examen long et consciencieux, M. Pi-

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rot déclara que ce livre était tout d'or, et il témoigna à rarchevêque de Paris combien il était charmé de cet examen.

Enfin M. Tronson , à qui Fénelon avait communiqué son ouvrage et qui Tavait examiné avec une attention particulière , pensa comme le cardinal de Noailles , qu'il était correct et utile.

Après tant de précautions, après avoir déféré avec tant de docilité à toutes les observations des hommes les plus vertueux et les plus éclairés du clergé de Paris , Fénelon devait naturellement se croire à Fabri de toute censure. Aussi, pleinement rassuré, il partit pour Cambrai, après avoir prévenu le cardinal de Noailles qu^il allait livrer son ouvrage à Fimpression. Ce prélat, loin de s'y opposer, parut seulement désirer qu'il ne devint public qu'après celui deBossuet, qu'on était alors occupé à imprimer. Fénelon y consentit sans difficulté \ mais par un malentendu ou par un trop grand empressement de M. le duc de Chevreuse, qui s'était chargé de veiller à l'impression, le livre des Ma^ximes des Saints fut publié vers la fin de janvier 1697, et parut avant celui de Bossuet.

Avant même de l'avoir lu, Bossuet était déterminé à attaquer le livre de Fénelon. 11 écrivait à M. de Maulevrier : « Je suis assuré que cet écrit ne « peut que causer un grand scandale... »

Malgré les préventions que l'on peut supposer à Bossuet , il est vrai de dire qu'il ne s'était pas

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