PREMIÈRE PARTIE
Bossuet conserve toujours sa place : il est toujours Toracle de l'Église gallicane.
Si, des considérations personnelles, on s'élève à des vues d'un intérêt plus général et plus important , on reconnaîtra que la controverse du qiUé' tisme, qui a pu inquiéter et affliger pendant un court intervalle les amis de la religion et de l'Église , est devenue , par ses résultats , un sujet de triomphe et de consolation pour l'Église elle-même. C'est surtout dans de pareilles circonstances que Ton doit observer l'admirable constitution de l'Église catholique. Son divin fondateur, en lui donnant un centre invariable d'unité, a voulu qu'elle montrât sans cesse à toute la terre un chef visible , un juge supérieur pour veiller à la stabilité de cet édifice spirituel, en extirpant les erreurs et les nouveautés que l'esprit inquiet et malade des hommes se plaît si souvent à enfanter. C'est dans cette hiérarchie sacrée , formée par la parfaite union des premiers pasteurs avec le chef visible que Jésus-Christ a placé à leur tête, « c'est là, dit a Bossuet, que consiste le salut et le soutien de a l'Église et de la catholicité. »
C'est parce que toutes les sectes séparées de l'Église romaine manquent de ce centre d'unité, de ce principe d'ordre et d'autorité pour régler le symbole de la croyance commune et la forme d'une discipline régulière, qu'elles se divisent entre elles, varient à l'infini , et finissent presque toujours par
HISTOIRE DE FÉREL0N.
tomber dans l'indifférence de toutes les religions, lorsque le temps et les événements ont laissé refroidir la chaleur et Tesprit de contention qui leur avaient donné naissance.