‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 124 sur 157 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

iait naître l'idée de demander un coadjuteur, pour le soulager dans ses fonctions les plus pénibles. « Mais il préfëroit de quitter sa place^ plutôt que « de se laisser donner un coadjuteur qu'il ne con« < nût pas à fond , et qu'il n'eût pas éprouvé penc dant un temps assez considérable , en le faisant a travailler avec lui. C'est une épreuve difficile, « ajoutoit-il y et qui renvoie un peu loin la conclu- « sion. Pour une démission absolue, les temps ora« Il geux où nous sommes j m'en éloignent , et ceux c dont nous sommes menacés pouiTont ne m'en « rapprocher pas. Il faudroit savoir les noms et « les qualités des sujets sur lesquels on pourroit 4t jeter les yeux pour la coadjutorerie(i).»

Les informations qu'il avoit prises, et qu'il avoit ' fait prendre avec le scrupule le plus religieux, l'avoient à peu près décidé à ûjCer son choix sur le jeune abbé de Tavannes, depuis évéquede Chalonssur->Marne, archevêque de Bouen et cardinal. Le nom que portoit l'abbé de Tavannes, les qualités qu'il annonçoit, et l'esprit de sagesse qu'il montra constamment pendant le cours de sa vie, dans les grandes places auxquelles il fut élevé, convenoient en effet à un siège aussi important que celui de Cambrai , et pouvoient le rendre un digne succes-

(i) Lettre rie Fénelon h l'abbé rie Beaumont^ du a6 novembre 171 4' (Corresp, t. II, p. a7«.)

4l8 HISTOIRE DK FKNELON.

seur de Fcnelon. Fcneloa avoit mis un tel secret

dans ses démarches, que l'abbé de Tàvannes ignora

lui-même le vœu honorable qu'on avoit formé

pour lui , jusqu'au moment où le marquis de Fé-

nelon publia^ en i734> un précis de la vie de son

Page 1