‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 123 sur 157 · LIVRE HUITIEME. t^lS · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME. t^lS

ti nue vous écrivit , il y a quelques mois , pour a vous supplier de parler au Roi, q/in que Je pusse a aller à Pans voir ma nièces qui étoii alors très-c malade. Je comprends bien qu'on pourra ne me a croire point sur ma parole, quand je dirai que je « n'ai eu aucune connoissance de cette demande , « et que j'aurois tâché de rempêcher, si j'en avois a été averti. On pourra même penser que je ne la « désavoue maintenant y qu'à cause qu'elle n'a pas « réussi ; mais je me livre à tout ce qu'on voudra « penser de moi. Dieu sait combien je suis éloigné ff de tous ces détours. De plus^ j'ose dire, Mon- « sieur, que ma conduite ne ressemble guère à ces « empressements indiscrets. Je sais , Dieu merci , a demeurer en paix et en silence , sans faire une « tentative si mal mesurée. Personne, sans excepta tîon, n'a jamais poussé plus loin que moi la vive « reconnoissance pour les bienfaits du Roi, le proie fond respect. qui lui est dû, l'attachement invioc lable à sa personne, et le zèle ardent pour son ser^ ce vice. Mais personne n'a jamais été plus éloigné ce que moi, de toute inquiétude et de toute préten- « tion mondaine. Je prie Dieu tous les jours pour « la précieuse vie de Sa Majesté. Je sacrifîerois avec « plaisir la mienne, pour prolonger ses jours» Que et ne ferois-je point pour lui plaire? Mais je n'ai ni a vue ni goût pour me rapprocher du monde ; je ce ne songe qu'à me préparer à la mort, en tâchant

Démarclies

de Féoelon

pour obtenir

un coadjulcur.

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a de servir l'Église^ le reste de ma vie, dans la place a oïl je me trouve. Au reste, je ne prends point, « Monsieur, la liberté de vous rendre compte de a tout ceci, dans Tespérance que vous aurez la a bonté de vous en servir pour faire ma cour. Vous ce pouvez le supprimer, si vous le jugez à propos. « Je ne désire rien dans ce monde plus fortement, a que de remplir tous mes devoirs envers Sa Ma- « jesté, avec un zèle à toute épreuve ; j'ai toujours a été également dans cette disposition ; mais jp n*y a suis excité par aucun intérêt humain. Les bien- « faits passés, dont je suis comblé, me suffisent, « sans chercher, pour l'avenir, aucun agrément dont a je puisse être flatté. C'est avec un vrai dévouea ment que je suis, Monsieur, etc. »

Fénelon étoit devenu si étranger à tout sentiment d'une ambition profane, et à la pensée d'aller se rejeter au milieu des orages et des intrigues des cours, qu'il n'étoit plus alors occupé que de se séparer presque entièrement du monde et des affaires. Sa santé déclinoit sensiblement; et ses forces ne pouvoient plus suffire aux devoirs indispensables de son ministère. Il écrivoit à l'abbé de Beaumont : « J'ai de quoi me tuer, par les confirmations ina nombrables, et par les visites continuelles des pa- « roisses de mon diocèse (i). » C'est ce qui lui avoit

(i) Lettre du a6 novembre 1714. {Corresp, t. II, p.^?^')

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