‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 142 sur 157 · LIVRE BtriTltsUE · texte numérisé non relu

LIVRE BtriTltsUE

« ryiS, œtaiïs agert^ G4; posiquam huic métro- ^politcuict etële^iœ^ viginti ferma dnnis^ dignis^ ^ iithe prœfuisset. Requiescat inpdce.

\ « Ici j^eposie Fratriçois de Saligimc de la Mothe- « Fénelon. Distingue par sa naissance ^ il se rendis (c à janiais eëlèbré pat son sarvôir , ses écrits et les tf strbRme^ qualités de son âme. Bienfaisanl envers « tout le monde, it Vivoit lùoins pour kri que poui^ « ses amis et potlf totrs leâ gens de bien, t^\ le ché- <r rissoient tendretnent. On admiroit eti lui un zèle ^mfatigable pour le salut des âmes, unte ardente « charité , et toutes les vertus qui caractérisent le a pasteur le plus vigilant, \é ^re le plus affectueux. La sainte Église romaine trouva en lui un en&nt « plein de soumission , uïi zélé défenseur de sa' foi «et de son autorité. Sa renommée se répan'dît juste que danà les climats les plus lointains. Tfélàs ! il <^ ne nous reste de lui qu'une céndl*e inanimée ! ce Mais cette cendre ne sera point stérile ; elle de- « meure, pour rappeler celui qui fut l'honneur de « l'épiscopat, qui se montra le disciple sans tache « du Sauveur des hommes, et qui fut constamment a le modèle de son troupeau. Ce digne prélat , « objet éternel de nos regrets et de ceux des étran- « gers, fut enlevé à son troupeau désolé, le 7 janvier « 1715, dans la 64® année de son âge, après avoir n gouverné très-dignement, pendant près de vingt

« ans, cette église métropolitaine. »

Alaiisolée

en marbre,

érigé en 1724; imcripUoa

du P. Sanadou.

468 HISTOIRE DE FEITELOIV.

^ ËD 1720, lorsque les caveaux destinés à la sépulture des archevêques, furent construits, on y transféra les restes de Fénelon. Le caveau qui les renfemioit fut scellé d'une pierre , sur laquelle on grava ces mots : « Hïcjacet Franciscus de Salignac m de la Mothe'Fénelon , archiepiscopus Catneraa censisj defunclus die septimd januarii 1 7 1 5, e tu priori tumulo hue translatas die 28* niartii 1 720.»

\ '< Ici repose François de Salignac de la Motlie- « FéneloD , archevêque de Cambrai , mort le 7 jan- « vier 1715, transféré de son premier tombeau ce dans ce caveau, le u8 mars 1720. »

l£n 1724 9 le marquis de Fénelon^ ambassadeur de France en Hollande, fit placer sur le tombeau de son grand oncle un mausolée en marbre. Jean- Baptiste Lemoyne, statuaire du Roi, fut chargé de l'exécuter. L'inscription qu'on y grava, est du P. Sanadon, Jésuite; elle est conçue en ces termes :

Hïcjacet stU) tUtari principe

Franciscus db Salignac db la MoraE-FÉNELON,

Cameracensium archiepiscopus et dux^ acsancti imperU romani

princeps,

S.IXULI UTTEBATI DEÇUS,

Omnes dicendi lepores virluti sacravit ac veritati;

Et duta sapieniiam , Homertu alter, spinU ,

SCf suasque mores inscius retexit»

UNICÈ I>AT!11J& BONO IKTKNTUS,

Hegios principes ad uliUtatem pt^Ucam insHtmt;

Uinc pio gaudet Iberia PhUippo.

Uinc Heligio, Gallia, Europa, extinclo illacrymant Delphino.

VERl DEI'ENSOR,

Ut Hipponensis olim /ortis et suavis^

LIVRK HUlTlàME. 4^9

lÀberiatem ewn graHa eà feUdiiu eonelUavU , ' Quù deàitum Eeelesix deeretU obseqtOumJlnniitt oâtruxit.

ASCETICiE YITiE MAGISTER,

^ De easto a$nare iia diueruU ,

Vt Vaticano obscquens onuru/o, Simul Sponto et Spcnsx placuerit.

In utraqub fortuna sibi oonstaiu, In proxpera, aulâs/avores nedum prensaretf ad/tpUjê eHam

Abdicavit;

In adversa , Deo magU adhxsit.

Antistituh norma,

Gregem tibi creditum assidud fovit prxuntid ,

Verbo nutrMi , erudivit exemple , opUnts tubleravU.

EXTKRIS PBRIMDB CARDS AC ftUMy

Gallos inter et fiostescùm esset médius, Hoi et Ulas incentif amd et comitate morum sibi devinxit.

MATURUS OOBLOy

Vitam laboribus exercitam, claram virttUibus , Meliore vitd commuiavit,

SEPTIHO JAHUARII , ANRO M. DCCXY, J^ATIB LXIY.

Hoc monumentum pii ae mœrentes sororisfilius etfratris nepoies

posuere,

^ a Ici repose , sous le maître-autel , François de "c Salignac de la Mothe-Fénelon , archevêque-duc « de Cambrai , prince du saint-empire romain, a Honneur d'un siècle lettre, il consacra à la vertu « et à la vérité toutes les grâces du discours ; et ff tandis que , comme un autre Homère , il ensei- « gnoit la sagesse y c'étoit sa personne et son noble ff caractère qu'il dévoiloit à son insu. Uniquement « attentif au bien de sa patrie, il éleva pour l'utilité «publique, les enfants des rois: c'est pourquoi « l'Espagne se félicite de posséder le pieux Phi- « lippe ; c'est pourquoi la religion , la France et

/ffjq HISTOIRE DE FISNELON.

c( l'Europe pleui*ent la mort du Dauphin. Défeii- V seur de la ventes fort et doux comme l'ëvêque « d'Hippone , il accorda heureusement la liberté ff avec la grâce ; et par son exemple, il affermit l'oa bëissance dqe au& décisions de TÉglise. Maître de « la vie ascétique, il traita du pur amour , de ma- « nière qu'en se ^ifiiief:tapt à l'or^ple du Vatican , a il plut également à l'Époux et à l'Epouse. Toua jourç semblablfs h lui-ipême, d^ns l'ui)^ et l'autre ce fortune , loin d'ambitionner dans la prospérité « les faveurs de la coiif*, i} rieppnç^ à celles qu'il a avoit obtenues ; dans la disgrâce , il s'attacha plus a étroitement à Die^. Mo4èIç des évéques, il vivier fia par sa résidence assidue le troupeau qui lui ce étoit confié ; il le nourrit par sa parole , l'instruia sit par ses exemples, le soulagea par ses revenus. a f^g^l^pfient phéri des ^frangefs et 4^ sieps , se a trouvant placé entre les François et leqrs ennemis, ce il s'attacha les ifps et )^ aut|%s, par I4 f*epommée a (\e sqp gépie ^\. par la politesse de sps fpœyrs. Mûr f( poqr le cipl , il échange contre unp y\e meiU ^ Ipure une vie passée daps le^ travaux, illustrée (c p^f Ips vertqs, le septième jp\ir d^ janvier de l'an ce 171^9 dans la soix^nte-qu^tn^i^e Kpqée de son (c âg^. Le fils de sa scpur ft les petits-61^ de spi| a frèr^ lui pnt élevé ce iponument 4^ leur piété et (C de leur douleur, a

1 Cette épitaphe,que d'Aleinbert trq^iVQit Iqppue

LIVRK HUlTlilfF.. 4?^

et froide , a du moins l'avantage d^offrir on tableau complet des vertus de Fénelon. Elle est assurément préférable à celle que d'Alembert lui*inéine avoit proposée, et dont la pensée principale consiste dans une hyperbole outrée : « Sous cette pierre repose «Fénelon. Passant, n'efface point par tes pleurs ff cette épitaphe, afin que d'autres la lisent et pieuff rent connue toi. »

^ A l'époque de la Révolution , le tombeau de Fé* Delon ne fut guère plus respecté que celui de tant d'autres personnages vénérables. Son cercueil de plomb fut exhumé, avec tous ceux qu'on put trou« ver dans l'église métropolitaine de Cambrai. Mais tandis qu'une troupe de brigands trainoit ignomi^^ nieusement dans les rues les dépouilles mortelles de plusieurs autres pontifes , celles de Fénelon , tirées de son cercueil , furent soigneusement repla^ cées dans le caveau. Il semble qu'une providence particulière ait voulu conserver à la ville de Cam* brai les cendres de celui de ses archevêques , dont la mémoire y sera le plus longtemps en bénédiction. Les procès -r verbaux relatif à cette conservation paroissent en constater la vérité ( i ).

^ Ces précieux restes ayant été découverts en 1804, 1^ préfet du département du Nord (M. Dieudonnéy ) publia un arrêté portant , « qu'il seroît

Les restes de Fé nelon conservés

pendant la Révolution;

monument

érigé en iSa4

par la ville

de Cambrai.

(i) Pièces ju$tificati»es du livre YIII, n.II.

(c élevë dans la ville de Cambrai y avec l'approbation « de S. M. (l'empereur Napoléon) ^ un monument « ou mausolée , pour recevoir les cendres de l'im- « mortel Fénelon ; que le maire de la ville de Camce brai présenteroit les plans et dessins de ce monu- «( ment, avec les états et devis estimatifs de la dépense <r à faire. »

lEn vertu de cet arrêté, divers plans furent proposés pour l'érection du monument projeté; et le préfet, de concert avec l'évêque (M. Belmas) , adopta en i8ai le plan dressé par M. Gauthier, architecte des hospices civils de Paris. C'est d'après ce plan, que fut exécuté , en i8a3, aux frais de la ville de Cam* brai , le monument qu'on voit aujourd'hui dans la chapelle située derrière le chœur de l'église cathédrale. Ce monument, qui fut mis en place au printemps de l'année 18^49 occupe le fond de la chapelle. Le soubassement, orné des insignes de l'épiscopat, recouvre les restes du vertueux prélat. Audessus, s'élèvent deux colonnes, entre lesquelles est la statue de l'archevêque, qui , étendu sur le lit de mort, se soulève comme pour s'élancer vers le ciel. Trois bas -reliefs ornent le bas de la statue; dans l'un , Fénelon est représenté instruisant le duc de Bourgogne ; dans l'autre , pansant des soldats blessés ; et dans le troisième, ramenant une vache dans une chaumière. Ces bas-reliefs , aussi bien que la statue de Fénelon , sont l'ouvrage de M. David,

LIVKE HUITIÈME. 47^

connu par le monument du duc d'Enghien , à Yincennes. Il est assez étonnant que la sculpture ait entrepris de perpétuer, dans le monument de Fénelon, l'anecdote, si peu vraisemblable, de la vache rame-, née par le prélat à un pauvre paysan qui l'avoit perdue, et dont elle faisoit toute la richesse. Aucun auteur contemporain ne parle de ce ti*ait singulier ; il repose uniquement sur l'autorité de d'Alembert, qui l'a vraisemblablement rapporté d'après une tradition trop peu autorisée (r). On est également surpris de voir, dans le monument dont nous parlons , le prélat représenté en rocket^ pendant qu'il panse les blessés. Toutefois, ces défauts de détail n'empêchent pas que le monument ne soit d'un bel eflet dans son ensemble.

L'inauguration solennelle s'en fit le 7 janvier 1 8^6,

(i) Le cardinal Maury rapporte également cette anecdote dans une Note sur l'Éloge de Fénelon ; mais il ne cite aucun témoignage à fappui de son récit; et Ton sait d'ailleurs combien l'autorité de ce prélat est suspecte en matière d'anecdotes. (Voyez ci-dessus, t. 1", p. 807 et 5o8. II, 291 et 469. IV, 481 . — Voyez aussi VAmi de la Religion^ t. XII, p. 33o;XLVI, 33i.)

Au reste, la tradition dont il s'agit, peut avoir été occasionnée par celle qui nous apprend que, pendant les calamités qui désolèrent, en 1709, la ville de Cambrai et ses environs, Fénelon recueillit dans son palais un grand nombre de paysans avec leurs bestiaux. [Corresp, de Fénelon y t. XI, p. i8a.) (ÉDiT.)

474 HISTOIRK OK FJ£NELOK.

jour anniversaire de la mort de Fënelon. M.Belmas, alors avéque de Cambrai, après un serrice solennel pour le repos de râma de son illustre prédécesseur, prononça un discours, dans lequel il rappela les vertas du prélat qui a tant illustré le siège de Cambrai, et dont la réputation , toujours croissante avec le temps, a triomphé des plus injustes préventions. Ja ville de Cambrai, pour mettre, en quelque sorte, le complément à l'hommage qu'elle venoit de rendre à Fénelon, fit frapper, cette même année, une médaille en mémoire de l'érection du monu* ment. Cette médaille, du module de aa lignes, fut gravée par M, Cannois, déjà connu par d^autres ouvrages en ce genre. Elle présente, d'un côté, l'effigie de Fénelon ; et de l'autre, le dessin du monument, avec cette inscription : Urôi venerandus et orbi.

\ Ces hommages publics, rendus à la mémoire de Fénelon plus d'un siècle après sa mort, ne furent pas seulement un sujet de joie pour les habitants de Cambrai. Tous les amis de la religion et de la vertu apprirent avec consolation, que la ré* volution, qui a dénaturé tant d'idées morales, et fait méconnoître tant de vertus, n'a point entièrement efïacé les traces profondes que' les vertus de Fénelon avoient laissées dans le cœur des Flamands, Tous accueillirent avec de justes éloges, cette espèce d'expiation des cruels outrages faits à la mémoire

LIVHE HUITIÈME. 4?^

de tant de bienfaiteurs de l'humanité, qui, sans avoir laissé un nom aussi éclatant que Fénelon^ avoient des droits aussi sacrés à la reconnoissance publique (i).

(i) Ces réflexions sur le monument élevé à Fénelon , en 1816, se Irouvoient placées ailleurs dans les précédentes éditions de cette Histoire, (3* édit. t. III, p. 98, etc.) Elles nous ont paru placées plus naturellement dans la conclusion de l'ouvrage. (Éoit.)

FIN DU LIVKB HUmÈmï ET DBBNIBR.

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