‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 42 sur 157 · LIVRE SEPTIÈME. l4l · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. l4l

« ver beaucoup les hommes, et à ne vous confier « qu^à ceux que vous aurez éprouvés à fond, quoic que vous deviez montrer de la bonté et de Tafia- « bilité à tous, à proportion de leur rang.

« a^ Personne n'est plus mal informé que moi, de « ce qui se passe à la cour; mais je ne saurois croire « que le Roi ignore les bruits qui sont répandus dans «c tout Paris contre votre conduite. Ainsi il me pa* cr roît capital que vous preniez des mesures promptes « et justes, pour empêcher que Sa Majesté n'en « reçoive quelque impression , et pour lui montrer « avec évidence combien ces bruits sont mal fondés, a La voie des lettres a un inconvénient , qui est que Cl les lettres ne peuvent pas répondre , comme les « conversations , aux objections qui naissent sur-lea champ , et qu'on n'a pas prévues. Mais aussi les « lettres ont un grand avantage : on y développe par « ordre les faits , sans être interrompu ; on y mesure a tranquillement toutes les paroles ; on s'y donne 9 même une force douce et respectueuse, qu'on ne « se donneroit pas toujours si facilement dans une « conversation. Ce qui est certain , Monseigneur, « c'est que vous avez un pressant besoin de vous « précautionner vers le Boi , et de faire taire le ff public , qui est indignement déchaîné. Vous ne « sauriez jamais-écrire ni agir avec trop de ménage- « ment, de respect, d'attachement, ni de soumission; « mais il importe dédire très-fortement de très-fortes

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« mbons^ el de ne laisser riea dont on puisse encore V douter sur votre conduite.

« 3^ Il me revient , par le bruit public ^ qu'on (c dit que vous vous ressentez de l'éducation qu'on «t vous a donnée; que vous avez une dévotion foible, « timide et scrupuleuse sur des bagatelles ^ pendant « que vous négligez l'essentiel pour soutenir la gran* R deur de votre rang et la gloire des armes du Roi. « On ajoute que vous êtes amusé, inappliqué, irré* «r solu ; que vous n'aimez qu'une vie particulière et. « obscure ; que votre goût vous éloigne des gens « qui ont de l'élévation et de l'audace ; que vous « vous accommodez mieux de donner votre confiance « à des esprits foibles et craintifs, qui ne peuvent (c vous donner que des conseils déshonorants. On « assure que vous ne voulez jamais rien hasarder, ff ni engager aucun combat , sans une pleine sûreté « que votre armée sera victorieuse; et que cette reff cherche d'une sûreté impossible , vous fait tem- « poriser, et perdre les plus importantes occasions. « Je suis très*-convaincu , Monseigneur, que la vé^ « rite des faits est entièrement contraire à ces té- « méraires discours; mais il s'agit de détromper « ceux qui en sont prévenus. On dit même que «f vos maximes scrupuleuses vont jusqu^à mien- « tir votre zèle pour la consen^ation des conquêtes * du Roi; et ton ne manque pas d^ attribuer ce « scrupule aux instructions que je vous ai données

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