‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 44 sur 157 · LIVRE SEPTIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. l

a commencent cet ouvrage, et que vos discours ff fermes, touchants et respectueux, l'achèvent c dès votre première audience, s'il est possible. ce Quand vous arriverez à la cour, plus on vous ff accuse de foiblesse et de timidité , plus vous « devez montrer, par votre procédé, combien vous a êtes éloigné de ce caractère, en parlant avec «r force.

a 5^ Il est aussi, ce me semble, fort à souhaiter « qu'après que vous vous serez bien assuré des té* <c moignages décisifs de tous les principaux officiers, « pour éviter les discours ' politiques et ambigus, a vous les engagiez à parler et à écrire, dans les « occasions naturelles, à leurs amis, la vérité des « faits, pour détromper toute la France. Cest une « chose inouïe, qu'un prince qui doit être si cher ff à tous les bons François, soit attaqué dans les dis- « cours publics, dans les lettres imprimées, et jus* « que dans des gazettes, sans que presque personne ff ose contester les faits qu'on avance faussement « contre lui. Je voudrois que les personnes dignes ff d'être crues, parlassent et écrivissent d'une maff nière propre à redresser le public, et à préparer ff les voies pour rendre votre retour agréable. Ceux ff qui devroient n'oser point parler, parlent hau- « temént ; et ceux qui devroient crier pour la bonne ff cause, sont réduits à se taire. Je ne sais rien de ff secret ni de particulier; mais je sais en gros ce

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ff que personne n'ignore^ savoir, qu'on tous attaque c dans le public sans ménagement.

« On ne peut être plus édîBé et plus charmé que « je le suis. Monseigneur , de la solidité de vos pen- « séesy et de la piété qui règne dans tous vos senti- « ments. Mais plus je suis touché de voir tout ce « que Dieu met dans votre cœur, plus le mien est « déchiré, d'entendre tout ce que j'entends* Je « donnerois ma vie, non«^S0ulement pour l'Etat, a mais encore pour la personne du Roi, pour sa « gloire, pour sa prospérité ; et je prie Dieu tous les « jours sans relâche, afin qu'il le comble de ses « bénédictions.

« Je vous crois ir^fimmeni éloigné des (ifnidilés « scrupuleuses dont on vous accuse , et qu*on « vous iiupute sur la défense de LUlcj qui est une « de ses principales conquêtes. J'espère que si vous ce continuez à commander les armées, sans être gêné « par des gens qui ne vous conviennent pas, et a ayant sous vous des personnes de confiance, vous « montrerez à la France et à ses ennemis, combien (c vous êtes digne de soutenir la gloire de Sa Ma« « jesté et celle de toute la nation. » Conduite Cette Correspondance si intéressante (i) se ter**

que doit tenir

. . , I ^ ^' (i) Les coptes de toutes ces letti^es ont été prises sur les ri van I a la cour. ...

originaux de la mam du duc de Bourgogne et de Fcuelon , psr feu M. de Devise (Augustin-César d'Hervilly), évéque de floulogoe, en I73i, chanoine de Cambrai pendant la vie

LIYAB 8£PTliXS. 14?

mide par ude dernière lettre qui aehètre de {^ndrt

rame de Fënelon et sa tendre affection pour êon

élève. Le duc de Bourgogne venoît de passer plus

de six no» en Flandre; i\ aroit même séjourne

longtemps dans le diocèse de Cambrai ; et pendant

tout cet intervalle, il n'avoit osé se permettre une

seule entrevue avec Tbomme qu'il vénéroit et cfb'il

cfaérissoit le plua* Telle étoit la Contrainte oh ils

passèrent le reste de leur vie. Dans l'impossibilité

où étoit Fénelon d'épancher son cœur dans toute la

liberté d'un entretien particulier, il crut nécessaire

de donner an jeune prince, au moment où il se

disposoit h retourner h la cour^ une deraière in-^

strudion sur la conduite qu'il devoit y tenir. La

manière dont il alloit s'y montrer, y parier, y agir,

pouvoit décider de sa gloire, de sa réputation , de

son honneur, et même de son innocence. Ce ne

sont plus des reproche» sur le passé; ce ne sont

pins des conseils devenus inutiles par l'éténement ;

mais il s'empare du jeune prince, au moment où

il se présentera devant le Roi son grand-père; it

lui indique le maintien qu'il doit prendre en Tabor'*

daiit, le langage qu'il doit tenir, les aveux qu'il

ne doit pas craindra de faire, la noble fermeté avec

de Fénelon y et honoré des bontés particulières de ce prélat. CeH ce que déclare M. de l>evîse loi-même, au bas de ces copies. (Note de l'auteur,)

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laquelle il doit se défendre ; il lui dicte jusqu'aux expressions dont* il doit se servir.

a Monseigneur (i), j'espère que vous ne jugerez (c point de moi par l'empressement où vous m'aie vez vu y sur la fin de cette campagne. Vous pou- « vez vous souvenir que j'ai passé plus de dix ans ce dans une retenue à votre égard, qui m'auroit at- <c tiré votre oubli pour le reste de ma vie, si vous a étiez capable d'oublier les gens qui ont eu l'hon- « neur d'être attachés à votre personne. La vivacité a avec laquelle j'ai rompu enfin un si long silence, c< ne vient que de la douleur que j'ai ressentie sur cr tous les discours publics. Oserois-je, Monseigneur, ce vous proposer la manière dont il me semble que m vous devriez parler au Roi, pour son intérêt, « pour celui de l'État , et pour le votre ?

« Vous pourriez commencer par une confession a humble et ingénue de certaines choses, qui sont «( peut-être un peu sur votre compte. Vous n'avez ce peut-être pas assez examiné le détail par vousd même ; vous n'êtes peut-être pas monté assez soute vent à cheval, pour visiter les postes importants; ce vous n'avez peut-être pas marché assez avant, pour « voir parfaitement les fourrages. C'est ce que j'en- « tends dire à des officiers expérimentés et pleins

( I ) Lettre de Fénelon au duc de Bourgogne , novembre 1708. [Corresp. t. I, p. a7a«)

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