‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 60 sur 157 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

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phÎQ qui étoit encore en puissance de pève, n'avoient pas pu accepter le testament de Charles II , parce que la France se trouvoit déjà liée par un traité de partage avec TAngleterre et la Hollande; qu'il auroit fallu, avant tout, sommer l'Empereur d'accéder au traité de partage; et que ce n'eût été que sur son refus, que lA>uis XIY auroit pu se croire dégagé envers l'Angleterre et la Hollande.

Fénelon rappelle ce qu'il avoit déjà dit dans un Mémoire précédent , que Philippe Y ne tenant la couronne d'Espagne que de la bonté de son père et de son frère aîné, la reconnoissance et son propre intérêt ne lui permettoient pas de laisser la France s'exposer à une ruine inévitable, pour s'efforcer de le maintenir sur le trône d'Espagne.

Il finit par convenir qu'il avoit d'abord cru que Philippe V avoit un véritable droit à la succession d'Espagne; mais qu'en examinant les choses de plus près, il y avoit aperçu bien des difficultés; que, dans tous les cas, il n'étoit pas douteux que ce prince ne fût obligé de renoncer à son droit, bon ou mauvais, sur l'Espagne, pour sauver la France.

Tandis que Louis XIV consentoit à rendre à ses ennemis la plupart des conquêtes qui avoient illustré son règne, et qu'il en étoit réduit à désirer que son petit-fils consenlit à descendre du trône d'Espagne, une suite d'événements que les hommes ne pouvoient ni prévoir ni préparer, qiCil rHexU pas

Les calamités

de la France

et de TEurope

tennioces

par une suite

d'événements

imprévus.

Mort de Tempe-

20a HISTOIRE DE FENEIiON.

reur Joseph r% même été petmis <€ annoncer ^ sans passer pour *" *7"' visionnaire (i), devoit mettre un terme aux calamités de la France et de l'Europe.

«r Dieu connoît les pensées des sages du monde (2), ce et sait combien elles sont vaines. Sa seule puisce sance avoit placé Philippe V sur le trône d'Esa pagne ; elle seule pouvoit Ty maintenir. Les a hommes n'avoient pas conduit ce grand cvéne- «c ment; celui de la paix ne devoit pas être attribué « à leur habileté. Mais avant que d'accorder cette a paix à la France, que Dieu par sa bonté a toujours « protégée, le moment devoit en être précédé par a les humiliations d'un grand Roi. Sa résignation ce satisfit à la justice divine; et le Dieu de miséricr corde regarda favorablement le monarque et ses cr peuples. 3»

Tel est l'humble et religieux aveu du sage ministre (le marquis de Torcy) qui dirigéoit alors les négociations, et qui eut enfin le bonheur de les voir couronnées par un succès inattendu. Il n'a pas la présomption de s'en attribuer la gloire; et, trop convaincu de l'inutilité de ses vœux et de ses efforts pour ce grand ouvrage, il proclame lui-même que Dieu seul a pu disposer des hommes et des événements, en déconcertant toutes les conjectures de la prévoyance humaine.

(1) Mémoires de Torcy, (a) Ibid.

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