‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 59 sur 157 · LIVRE SEPTIÈME. I · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. I

que l'accessoire; le traité des Pyrénëes étoit le principaL

L'esprit du trait<^ des Pyrénées étoit certaine-» ment d'exclqre la maison de France de la succès^ sion d'Espagne.

On auroit beau dire qu'une renonciation est nullcy lorsque 1a personne qui Ta faite n'obtient pas quelque dédommagement; la couronne de France étoit un assez beau dédommagement pour Marie- Thérèse-

On avoit été jusqu'à alléguer que la dot de Ma-* rie-Thérèse n'avoit pas été payée, ce qui devoit annuler sa renonciation. Cette règle de jurisprudence, qui est très-juste pour des particuliers qui ne peuvent être dédommagés autrement des biens auxquels ils renoncent , est inapplicable à une princesse que sa renonciation seule fait reine de France.

D'ailleurs de pareilles stipulations de dots entre des têtes couronnées, ne sont que de style. La France n'avoit pas plus payé les dots des filles de France, mariées en Espagne , que l'Espagne n'avoit payé celles des infantes mariées en France. Mais, au pis aller, le débiteur n'étoit obligé dé payer qu'après la demande.

Mais que gagneroit-on à soutenir que Philippe lY n'avoit pas pu obliger sa fille Marie-Thérèse h une renonciation ? Il s'ensuivroit seulement que Louis XIV

aOO HISTOIRE DE FiNELON.

n'a pas pu faire renoncer M. le Dauphin ni M, le duc de Bourgogne à la succession d'Espagne, et que, par conséquent, toute ta monarchie d'Espagne appartient à M. le Dauphin , et non pas à Philippe V.

Fénelon semble même élever quelques doutes sur la liberté d'esprit dont pouvoit jouir Charles II, lorsqu'il signa son testament, et sur quelques expressions de ce testament, qui paroissent plus convenir au prince électoral de Bavière qu'à Philippe V.

Si les lois civiles doonoient à Charles II le droit de rappeler ses neveux, malgré la renonciation de leur mère, elles ne lui donnoient pas celui de préférer le cadet à l'aîné; ou si, malgré la loi civile, il a eu ce droit , pourquoi Philippe IV n'auroit-il pas eu celui d'exiger une renonciation de sa fille Marie-Thérèse ?

Il expose ensuite tous les dangers qui menaceroient la tranquillité de l'Europe, si la ligne directe de Philippe Y, ou celle du duc de Bourgogne, venoit à manquer.

Les événements firent craindre en effet, peu de temps après, de voir justifier l'inquiète prévoyance de Fénelon ; et on fut obligé de régler d'avance, dans le traité d'Utrecht, l'ordre de succession aux trônes de France et d'Espagne.

Il fait observer que Louis XIV, et M. le Dau-

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