‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 77 sur 157 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

« mais de la sûreté de l'État , du repos et de la « conservation du Roi , de sa gloire et de sa con- « science , puisqu'il doit , autant qu'il le peut, pource voir à l'avenir. Ensuite il pourroit lui dire toutes « ses principales vues, et concerter avec elle ce qu'il « diroit au Roi. Je ne propose point ceci, surtespé- « rance qu'elle soit F instrument de Dieu pour faire « de grands biens. Je ne crains que trop qu'elle « sera occupée des jalousies^ des délicatesses ^ des € ombrages j des aversions ^ des dépits^ et des fi-' « nesses de femme. Je ne crains que trop qu'elle « ri entrera que dans des partis foibles , superfir « ciels i flatteurs^ pour endormir le Roi et pour « éblouir le public^ sans aucune proportion aifec les « pressants besoins de F État. Mais enfin Dieu se c plaît à se servir de tout. Il faut au moins tâcher « d'apaiser madame de Maintenons afin qu'elle n'em- « pèche pas les résolutions les plus nécessaires. Le « bon duc lui doit même ces égards dans cette « conjoncture unique, après toutes les choses qu'elle « a faites autrefois pour son avancement. j>

Fénelon craignant aussi qu'une fausse modestie ne portât le duc de Chevreuse à se refuser d'entrer dans les mesures à prendre pour le salut public , ajoute : (c Si on fait un conseil de régence , vous se- « riez coupable devant Dieu et devant les hommes, « si vous refusiez d'en être. Vous vous trouvez le « plus ancien duc d'âge et de rang, qui puisse

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« secourir l'État ; vous savez tout ce que les autres « ignorent; vous devez infiniment au Roi et à la «r maison royale ; vous devez encore plus .à notre <v cher prince mort et à ses deux enfants , exposés à « tant d*horribles malheurs , que vous ne deviez à « lui vivant et en pleine prospérité. Vos soins et vos « négociations ne seroient rien , en comparaison du « poids de votre suffrage dans un corps ignorant <c et faible. Il faut se sacrifier sans ménagement. . . « Vous manquerez à Dieu , si par votre scrtfputeuse « modestie ou humilité à contre*temps, vous prenez 77 « un autre parti. »

Ses inquiétudes Nous vojons, daus ccttc même lettre , que Féne-

laissé» paTie' duc ^^^ ^^^*^ inquiet Sur sa correspottdance avec le duc de Bourgogne, de BoQi^ogne. On a pu remarquer qu'il s*y étoît

exprimé avec une grande Sftfcérité, sur une multitude d'objets. Cette correspondance seule devoft infiniment déplaire à Louis XIV; elle lui ofFroit la conriction, qu'il avoil inutilement cherchée ncmipre les Meus qui nnissoient si tendrement son petit-*fils et rarchevêque de Cambrai. « N'y avoît-il point, dans « ks papiers de notre très-cher prince^, dit Fénelon «r au duc de Chevreuse (f), quelque écrit de moi? « Wy avoit-il point de mes lettres y que je lui écrier vois pendant le siège de LiHe ? Le Roi a-t-il tous m les parpiers de P. P. ? »

Parmi ce» papiers , i) en ëtcMt na stirtout , qui

(i) Corresp. tom. I^, p. 556.

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