‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 78 sur 157 · LIVRE SEPTl^Ml · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTl^Ml

poiiToit causer ud juste sujet d*raquiëtudë h Fénelon, par l'impression qu'il deVoit naturellemerit produire sur l'esprit de Louis XIY. Si ce prince avoit été si profondément blessé des maximes générales du 7Vlémaque fCOTttment hese seroit-il pas cru eiïcorepltis offensé en lisant lé manuscrit des tiirections pour la tonscience iTuti Roi? xll aurôit cfft y trouver à chaque ligne la censure de son amotir dcf faste, de cette passion de la gloire, dé cette àinbitioti des conquêtes, de ces usurpâtidÂs inju^H, de àe goût des plaisirs, de cette complaisance h l'adulation, et de cette ivresse du potivoir absolu, qu'il avoit en efftt trop laissé ilpercevoir dans les premières années de son règne, mais dont ses ennemis mêmes n'auroient du se ressouvenir que pour admirer le courage avec lequel il avoit su triompher de tous sesr penchants. Heureusement ce manuscrit lï'étoit point resté entre les mains do duc de Bourgogne ; le jeune prince n'avoit voulu conserver, des écrits de son précepteur, que ceux qui avoient pour objet de l'avertir de ses torts et de ses défauts , ou de lui rappeler les principes d'honneur, de justice et de vertu qu'il devoit porter sur le ti*ône. Il avoit eu la sage précaution de brûler^ ou de laisser en dépôt au duc de Beauvilliers, tous les autres écrits de Fénelod qui auroient pu déplaire au Roi son grand-père, si quelque malheur imprévu les faisoit tomber entre ses mains. C'est

ainsi que le manuscrit des Directions pour la cori'^

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science et un Roi fut conservé fidèlement par le duc de BeauvillierSy et ensuite remis par sa veuve au marquis de Fënelon(i).

L'événement justifia la prévoyance du duc de Bourgogne. Aussitôt que ce prince eut les yeux fermés, Louis XIV ordonna qu'on lui remit à luimême tous les papiers qui se trouvoient dans sa cassette, et il en fit un examen curieux et inquiet. Le duc de Beauviliiers , instruit de cet ordre , s'adressa à madame de Maintenon pour réclamer ses écrits et ceux de l'archevêque de Cambrai. Madame de Maintenon lui répondit (a) : a Pour vous « mettre l'esprit en repos , j'ai tiré des copies de « tous vos écrits , et je vous renvoie tout, sans ex- « ception. On vous auroit gardé le secret; mais il ce peut arriver des occasions qui découvi*ent tout. tf Nous venons d'en faire une triste expérience. Je « voulois vous renvoyer tout ce qui sy est trompé « de vous et de M. de Cambrai ; mais le Roi a a voulu le brûler lui-^éme. Je vous auouequefjr « ai eu un grand regret ; car jamais on ne peut

(1) Oo a vu ailleurs comment ce manuscrit a été imprimé vers 1734. (Pièces justifie, de ce livre VII*, n. i.)

(a) Lettre au duc de Beaupiiliert, du 1 5 mars 171a. [Corresp. de Fénelon; t. 1", p. 556.) Nous avons cette réponse de la main de madame de Maintenon. Les premières lignes sont efîacées; mais elles se trouvent rétablies dans une copie que nous avons également, de la main du duc de Chevreuse.

[Note de fauteur,)

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