‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 2)Chapitre 81 sur 157 · LIVRE SEPTIÈME. aSg · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. aSg

du duc de Bourgogne qtii l'avoit alors garanti de l'indignation de Louis XIV, du courroux du premier Dauphin, du juste ressentiment de Philippe Y, et des insinuations plus dangereuses encore de madame de Maintenon et de la princesse des Ursins. Le duc d'Orléans, touché des vertus de Fénelon, ' du charme et de l'agrément de son esprit, frappé de la supériorité de son génie, entretenoit même avec lui, comme on le verra bientôt (i), une correspondance intéressante, sur les objets les plus sublimes de la religion et de la philosophie*

Ce n'étoit donc que malgré leur penchant naturel, que Fénelon et ses amis se voyoient, pour ainsi dire, entraînés par la clameur universelle, à le présumer, ou du moins à le soupçonner coupable (a). Le Mémoire de Fénelon peint la pénible anxiété d'un esprit qui n'ose croire ni à l'innocence, ni au crime, et qui s'épouvante lui-même de la nécessité de sonder ces aflreux mystères. Chaque ligne de ce Mémoire excite dans l'esprit du lecteur une espèce d'effroi involontaire, sur cet amas de soupçons atroces et de

Saint-Simon; chap. 240, etc. t. XIII. Remarquez en particulier les pages aii-ai4. (Éz»it.)

(1) Ci-après, liv. VIII, n. 8.

(a) Il paroît que Féneloa étoit bien éloigné de croire ces soupçons fondés. (Voyez son Mémoire sur la paix , n. 12. CEuvres; t. XXII, p. 564.) Le duc de Saint-Simon, dans ses Mémoires (t. XIX , chap. 325, etc.) n'en paroît pas moins éloigné. (Édit.)

i4gO HISTOIRE DE FÉlfELON.

suppositions horribles, c[ue \t cri universel ^ud peuple égaré par la douleur, semble élever contre des personnages si augustes parr leur naissance et leur rang.

V « Ce seroît une grande injustice, dit Fénelon , et a on grand maUieur, que de soupçonner N. sur des a imaginations populaires , sans un solide fonde- (c ncntr • • • •

« S' jit n'est pas coupable, on prépare à pure perte cr use guerre civile, en le tenant pour suspect , et a en l'excluant.

« S'il est coupable, il est capital de metâ'e en sû- « reté la vie du Rot et du jeune prince, qui est à a tMite heure ea péri).

« S'il n'est pas eoupable, et s'il est bien intentionné, (c il seroit coaivenable de le traiter avec confiance, et a de l'engager par honneur.

< Ce qui me frappe, est que sa filie ( la duchesse ce de Berri), qui est dans l'irréligion la phis nmpua dente, dit-on, ne sauroit y être sans hii; et qu'é- (f tant instruit de tout ce qu'on dit dte monstrueux (c de leur commerce, il n'en passe pas moins sa vie^ (c seul avec elle. Cette irréligion^ ce mépris de iouie « diffamation, cet abandon à une si étrange per» « sonne f semblent rendre croyable tout ce qu'on a « le plus de peine à croire. Il est ambitieux, et « curieux de VoAfenir.

« Il y a des crimes qu'on ne peut jamab s'assurer

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